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      > Anna Gavalda



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Pourquoi

Simplement car nous avons vraiment aimé sa dernière oeuvre qui, pour nous, marque un virage dans sa création, un tournant majeur vers une écriture qui est de plus en plus en cohérence avec son univers romanesque, c' est un  équilibre qui se précise entre un imaginaire et une écriture, et cela donne un roman à la fois  psychologiquement et socialement  pertinent et un roman qui offre au lecteur un pur et vrai plaisir de lecture. Gavalda pense au confort du lecteur sans l'étouffer et c'est  magique, on est comme devant un bon gros gâteau plein de nuances en bouche ! L'auteur raconte avec une sobriété qui est tout à son honneur le destin de  quatre individus qui vont se retrouver ensemble par hasard. Quatre personnages qui, pour affronter notre société actuelle difficile pour qui veut réussir son petit bonheur, vont trouver,  parce que ensemble et c'est tout, le souffle de se créer un vrai bonheur à eux. Voilà   l'histoire d'une belle humanité qui ne nous quitte pas durant ces presque 600 pages que la plupart des lecteurs dévorent en quelques jours et qui, d'ailleurs, se retrouvent un peu esseulés quand le livre s'achève car on aime ces personnages au point de vouloir que leurs histoires continuent avec nous, ensemble, c'est tout !!!!!!!!!!!!!!!!! Il y a ce plaisir infini d'aimer ces 4 individus et d'être bien avec eux et c'est  pourquoi nous sommes heureux de recevoir ANNA GAVALDA dans notre librairie Comme un Roman.  Nous lui poserons  quelques questions, elle fera  une lecture puis il y aura la signature en même temps qu'un apéritif  : vins, bières, fougasses artisanales, enfin très chaleureux et convivial. J'espère que vous viendrez nombreux, ce sera un grand et sincère bonheur pour nous

Karine & Xavier


 

Biographie

Anna Gavalda est née le 9 décembre 1970 à Boulogne-Billancourt. Enfance bucolique avec ses trois frères et sœurs qui restent ses meilleurs amis. Des petits boulots. A toujours aimé écrire. Elle vit dans la banlieue sud de Paris. Elle écrit matin et soir avec l’envie de raconter des histoires à tout le monde. Elle élève ses deux enfants le reste du temps. En 2000 Grand Prix RTL-Lire pour Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

Présentation du nouveau Gavalda ENSEMBLE, C'EST TOUT

Présentation

L’action se déroule à Paris, au pied de la tour Eiffel très exactement, et couvre une année. Ce livre raconte la rencontre puis les frictions, la tendresse, l’amitié, les coups de gueule, les réconciliations et tout le reste encore, tout ce qui se passe entre quatre personnes vivant sous un même toit. Quatre personnes qui n’avaient rien en commun au départ et qui n’auraient jamais dû se rencontrer. Un aristocrate bègue, une jeune femme épuisée, une vieille mémé têtue et un cuisinier grossier. Tous sont pleins de bleus, pleins de bosses et tous ont un cœur gros comme ça (non, plus gros encore !)…
C’est la théorie des dominos à l’envers. Ces quatre-là s’appuient les uns sur les autres mais au lieu de se faire tomber, ils se relèvent. On appelle ça l’amour.

Extrait

Paulette Lestafier n’était pas si folle qu’on le disait. Bien sûr qu’elle reconnaissait les jours puisqu’elle n’avait plus que ça à faire désormais. Les compter, les attendre et les oublier. Elle savait très bien que c’était mercredi aujourd’hui. D’ailleurs elle était prête ! Elle avait mis son manteau, pris son panier et réuni ses coupons de réductions. Elle avait même entendu la voiture de la Yvonne au loin… Mais voilà, son chat était devant la porte, il avait faim et c’est en se penchant pour reposer son bol qu’elle était tombée en se cognant la tête contre la première marche de l’escalier.

Paulette Lestafier tombait souvent, mais c’était son secret. Il ne fallait pas en parler, à personne.
« À personne, tu m’entends ? » se menaçait-elle en silence. « Ni à Yvonne, ni au médecin et encore moins à ton garçon… »

Il fallait se relever lentement, attendre que les objets redeviennent normaux, se frictionner avec du Synthol et cacher ces maudits bleus.

Les bleus de Paulette n’étaient jamais bleus. Ils étaient jaunes, verts ou violacés et restaient longtemps sur son corps. Bien trop longtemps. Plusieurs mois quelquefois… C’était difficile de les cacher. Les bonnes gens lui demandaient pourquoi elle s’habillait toujours comme en plein hiver, pourquoi elle portait des bas et ne quittait jamais son gilet.
Le petit, surtout, la tourmentait avec ça :
– Alors Mémé ? C’est quoi ce travail ? Enlève-moi tout ce bazar, tu vas crever de chaud !

Non, Paulette Lestafier n’était pas folle du tout. Elle savait que ses bleus énormes qui ne partaient jamais allaient lui causer bien des ennuis un jour…
Elle savait comment finissent les vieilles femmes inutiles comme elle. Celles qui laissent venir le chiendent dans leur potager et se tiennent aux meubles pour ne pas tomber. Les vieilles qui n’arrivent pas à passer un fil dans le chas d’une aiguille et ne se souviennent même plus de comment on monte le son du poste. Celles qui essayent tous les boutons de la télécommande et finissent par débrancher l’appareil en pleurant de rage.
Des larmes minuscules et amères.
La tête dans les mains devant une télé morte


Mais à bien y réfléchir, le secret de Philippe Delerm semble venir de plus loin. Outre la particularité de son écriture, c’est sans doute sa vision du monde qui fait sa profonde originalité. Une vision du monde centrée sur la petitesse. Petitesse des objets : " la mousseline de crabe avec son toast farci ", " les jonquilles sur le quai ". Petitesse des gestes : " mains au fond des poches ", " pédalée étirée avec une espèce de gravité intérieure " ou " croisements de jambes ". Petitesse des mots aussi. Dans le vingtième de ses trente-cinq derniers textes, il s’agit de se demander pourquoi les marseillais disent " on va manger la pizza " et non " on va manger une pizza " et la réponse dépasse évidemment toute attente.

L’Attention. Voilà le secret de Philippe Delerm. L’Attention, qui n’est pas qu’un simple mécanisme intellectuel mais un exercice spirituel difficile, aussi, supposant, comme l’a si bien exprimé la philosophe Simone Veil de son côté, une maîtrise absolue de la volonté. Il faut alors " être-là " sans se crisper, saisir sans s’attacher, un peu comme dans ces conversations en voiture où, observe l’attentif auteur d’Enregistrements pirates, " on ne se regarde pas (…) C’est tellement plus facile, quand le regard ne vient pas soupeser l’équilibre entre l’expression du visage et le sens des paroles. (…) C’est un étrange confessionnal sans prêtre, sans absolution, parfois même sans contrition ", le début inattendu d’une libération de soi-même, en somme.

Presse

Tous ensemble avec Gavalda

Elle revient avec un gros roman de 600 pages. Léger comme une nouvelle, lourd comme notre chagrin. Chaud comme l'amour.

IL SUFFIT d’une jonquille qui s’ouvre, d’un livre d’Anna Gavalda qui paraît, et voilà, le printemps est là. Dans l’océan de mauvaises nouvelles où nous nous débattons, on en vient à s’accrocher à une fleur, à un livre. (…) Alors ? Alors, pas de problème, les gavaldiens peuvent acheter Ensemble, c’est tout les yeux fermés. Pour eux, il suffit que le critique certifie conforme ce troisième opus. Rassurez-vous, Gavalda n’a pas perdu la main. Mais les autres, ceux qui n’ont pas encore lu un livre de la wondergirl des lettres françaises, comment les convaincre d’aller voir ? On cherche. Car on aimerait tellement qu’ils ne ratent pas ce moment de grâce, d’harmonie, de bonheur. 600 pages de bonheur, vous hésitez ? Bon, essayons non de vous convaincre mais de vous allécher, de vous faire effleurer ces mots qui sauvent, ces sentiments qui font chaud au cœur, ces moments qui guérissent du mal ambiant. Un roman, un bon gros roman. D’habitude c’est suffisant. Que demander, en effet, de plus à la littérature ? Des heures passées lové dans un bon bouquin. Mais il y a davantage dans cette histoire. Quelque chose qui dit notre monde, ce qu’il pourrait être. (…) Un regard simple, le regard que nous devrions tous avoir sur les autres si nous n'étions pas si pressés, si envieux, si peureux. 600 pages sur des cassés, des tordus ? Oui, et croyez bien qu'on ne s'ennuie pas avec eux. Car la relation qui se noue entre eux est d'une richesse inouïe. Bien sûr on ne va pas tout vous raconter : la solitude, la tristesse, le désespoir, mais aussi la chaleur, les fous rires et les larmes. On va, sans dévoiler la fin, vous dire que c’est un roman d’amour. Et j’interdis à quiconque de ricaner. Car l’amour que contient ce livre, qui le conclut aussi, est le plus beau sentiment qui soit. Ni " cucul " ni " gnangnan ". Grand, vaste, frais. Inattendu aussi. (…) Quand Paulette revit à la vue de son petit-fils, quand Philibert sauve Camille de la mort, quand Franck sort de sa dureté. Quand chacun accouche de sa vie, épuise ses douleurs, quand des vies brisées se reconstituent, on est – bêtement – heureux. On se dit aussi, dans un pli eczémateux (lisez le livre, vous comprendrez) de sa conscience, que ces chômeurs, ces SDF, ces demi-fous qui ne croient plus à la politique ni à la protection de l'Etat – et pour cause – peuvent encore être sauvés par nos yeux, nos mains tendues, un peu d'amour. Il paraît que c'est la guerre en Europe. Merci à Gavalda, petite sœur de l’amour. Elle nous ouvre une fenêtre. Envolons-nous. Ensemble, c’est tout

Christian Sauvage - Le Journal du Dimanche, 21 mars 2004

 

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part

Présentation

Je voudrais… se dévide sous nos yeux comme une chanson sans refrain : germanopratineuse, femme enceinte, drague-king troublé, toute la petite foule d'Anna Gavalda circule et s'affaire, chacun selon sa tragédie quotidienne. Parfois, ce train-train sourdement mortel tombe le masque et avoue sa part noire. De rendez-vous manqués en collisions brusques, les héros d'Anna Gavalda ne savent qu'une chose : qu'on les attend. Alors ils tendent la main pour voir s'il goutte, et leur paume rencontre du plomb fondu.

Presse

Point à maligne.

Gavalda nous donne de ses nouvelles. Les premières. On sent tout de suite que c'est une fine mouche, de la façon dont elle nous invente, in fine, comment, pour la première rencontre avec un éditeur, elle a choisi d'arriver en jean, mais avec des dessous assez hallucinants, payés en deux chèques. C'est qu'un éditeur, ça doit sûrement deviner qu'on porte soutien-gorge et culotte ivoire avec de la dentelle de Calais partout, "tricotée main par de petites ouvrières françaises", un truc qui fond dans la bouche et pas dans la main. "Destin, me voilà."

Elle sait voir, Gavalda, comment "une Parisienne qui se respecte sur le boulevard Saint-Germain ne traverse jamais dans les lignes blanches quand le feu est rouge. Une Parisienne qui se respecte guette le flot des voitures, et s'élance tout en sachant qu'elle prend un risque. Mourir pour la vitrine de chez Paule Ka, c'est délicieux."

Tout est délicieux, et acide-mordant-fait-mal-aux-nerfs, chez Gavalda. N'en loupe pas une, à croire qu'elle est garçonne manquée et fille réussie. (...) Dire que dans des endroits de Paris on croise peut-être Gavalda, qu'elle vous jauge, et vous colle dans un récit ! Elle se moque d'elle, prétendant que son mari la surnomme Marguerite depuis qu'elle fait des écrits, et les amis bêtas qui lui disent : "C'est vrai, t'écris ?" "Et moi je hausse des épaules en montrant mon verre au maître de maison. Je grogne que non "n'importe quoi, presque rien". Et l'autre excité que j'ai épousé un jour de faiblesse nous en remet une couche."

Elle écrit comme elle respire, Anna Gavalda. Elle doit avoir d'admirables poumons.

Dominique Durand, Le Canard enchainé, 10 novembre 1999.

Je l'aimais - un roman

Présentation

Parce que sa belle-fille est malheureuse, Pierre Dippel, soixante-cinq ans, décide de l’emmener à la campagne.

Parce qu’elle ne se nourrit plus, il décide de faire la cuisine.

Parce qu’elle n’arrête pas de pleurer, il va chercher du bon vin à la cave.

Et malgré tout ça, malgré le bordeaux et le bœuf carottes, elle continue de gémir, il décide d’aller se coucher.

Et puis finalement, non. Il revient. Il s’asseoit à côté d’elle et se met à parler. Pour la première fois, il parle. De lui. De sa vie. Ou plutôt de ce qu’il n’a pas vécu.

Cette histoire est donc la confession d’un homme dans une cuisine. ça n’a l’air de rien et pourtant, comme toujours avec Gavalda, tout est dit. Tout est là. Nos doutes, notre ironie et notre tendresse, le tapage de nos souvenirs et « la vie comme elle va »…

Extrait

– Tais-toi, tais-toi. Laisse-moi parler. Il faut que je démêle tout ça maintenant. C’est très important. Je ne sais pas si tu peux me comprendre mais il faut que tu m’écoutes. Je dois tirer sur un fil, mais lequel ? Je ne sais pas. Je ne sais pas par quoi ni par où commencer. Mon Dieu, c’est si compliqué… Si je tire sur le mauvais, ou si je tire trop fort, le nœud risque de se resserrer encore. De se resserrer si fort ou si mal qu’il n’y aura plus rien à faire et je te quitterai accablé. Car vois-tu Chloé, ma vie, toute ma vie est comme ce poing serré. Je suis là, devant toi, dans cette cuisine. J’ai soixante-cinq ans. Je ne ressemble à rien. Je suis ce vieux con que tu secouais tout à l’heure. Je n’ai rien compris, je ne suis jamais monté au sixième étage. J’ai eu peur de mon ombre et me voilà maintenant, me voilà devant l’idée de ma mort et… Non, je t’en prie, ne m’interromps pas… Pas maintenant. Laisse-moi ouvrir ce poing. Un tout petit peu.
Je nous resservais à boire.
– Je vais commencer par le plus injuste, le plus cruel… C’est-à-dire, toi…

Presse

J'ai aimé Je l'aimais.

Je l'aimais est un roman allègre et triste, une histoire d'amour douloureuse racontée avec juste ce qu'il faut de délicatesse pour vous briser le coeur dès ce soir, quand vous serez au lit, et que vous comprendrez que Gavalda vous parle de vous, de vos ratages, vos mensonges, vos lachetés et vos renoncements.

(...)

Je l'aimais dit exactement la même chose que Mademoiselle liberté d'Alexandre Jardin. Mais c'est beaucoup mieux. Pourquoi ? Parce que Gavalda observe les détails ; or cette fille voit tout. Elle sait que c'est au moment où les familles se décomposent qu'elles deviennent utiles. Elle sait que quand une femme fond en larmes, elle pense aussi à ses spaghettis qui vont être trop cuits.

(...)

J'aime Anna Gavalda parce qu'elle se fiche de faire "littéraire" : son style emprunte autant à Raymond Carver qu'au Journal de Bridget Jones. Et alors? Ce qui compte, c'est l'émotion provoquée. Comme dans cette scène déchirante où le beau-père surprend sa maitresse en train d'écrire une liste de dix pages : " Ce que j'ai envie de faire avec toi." J'en cite dans le désordre : pique-niquer, faire la sieste au bord d'une rivière, manger des pêches, nager, danser, acheter des chaussures, lire le journal, prendre le metro, t'empêcher de manger trop de cacahouètes.
L'important dans la page, c'est "t'empêcher de manger trop de cacahouètes" parce que c'est l'endroit ou j'ai pleuré comme un con. Voila.

Frédéric Beigbeder, Voici, 11/17 février 2002.



Le catalogue de la maison Sennelier, celui de la collection Jan et Marie-Anne Krugier-Poniatowski (La passion du dessin) présentée au Musée Jacquemart-André en 2002, le Lagarde et Michard des apprentis cuisiniers, Technologie culinaire, personnel, équipement, matériel, produits, hygiène et sécurité de Michel Maincent aux éditions BPI, L’atelier de Alain Senderens chez Hachette et plusieurs numéros de Moto-journal. Le bottin Mondain bien sûr, le livre de Guy Breton Histoires d’amour de l’Histoire de France, celui d’Armel de Wismes, Histoire de la Vendée aux éditions France-Empire et Les règles du Savoir-Vivre de la baronne Staffe. Le guide Clause, un catalogue Vilmorin datant de 1952, L’autre Touraine de Colette Huet aux éditions C.L.D et de la documentation sur les fauteuils roulants et autres folichonneries paramédicales... Tout ce qu’il me reste de six mois de terrier… C’était pour eux…. Pour Camille, Franck, Philou et Paulette… Je devrais ranger tout ce bazar… Non… pas encore… Pas encore…
 

Plus les incontournables : un plan de Paris, l’Encyclopédie des vins et des alcools, un dictionnaire de rimes, un autre, analogique, et surtout celui des synonymes de Henri Bertaud du Chazaud sans lequel je ne peux pas travailler. Ce n’est pas une expression. J’en ai physiquement besoin. Je n’ai jamais rencontré ce monsieur (il y a une très jolie photo de lui sur le rabat, un sourire et des rides tout autour), mais je vis avec lui depuis quelques années... Nous allons bientôt fêter nos noces de papier…
 

Sous l’étagère des boîtes en carton avec des étiquettes : " Photos ", " Maison et Jardin ", " Enfants ", " Trésors " et " Textes ".
Aux murs, des photos, des dessins, des lettres, des articles, des pages de livres recopiées, des poèmes, des bêtises… Toute ma vie retenue par des punaises…

Une photocopie de la page du livre qui m’a le plus fait rêver dans mon enfance… Quand Hublot le chien matelot s’endort enfin dans la cabine de son bateau…
Un mot de mon fils " maman pourquoi je ne peu pas retourné avec toi ou je peu allé dans la rue oui ? non ? ou je peu allé acheté des bonbons oui ? "
 

Un dessin de l’auteur de bandes dessinées Annie Goetzinger, on y voit cette demoiselle de la Légion d’honneur qui m’avait tant marqué quand j’étais ado, il y a une bulle, elle me parle.
Un dessin de Sempé. Nous sommes dans un grand magasin, une petite dame se penche au dessus de la rambarde et apostrophe sa collègue de l’étage inférieur : " Madame Geneviève, j’aimerais beaucoup que madame Solange ou mademoiselle Véronique aille demander à madame Marie-Paule de s’enquérir auprès de mademoiselle Sophie ou de madame Anne-Marie s’il nous reste du crêpe Georgette et des cols Claudine. "
Une photo noir et blanc de Fanny Ardant dans Vivement Dimanche.
 

Un extrait de Catherine Certitude, le livre de Modiano pour les enfants. Le passage où le papa de Catherine se penche vers elle lui avoue à voix basse que son professeur de danse ne " s ‘appelait pas Galina Dismaïlova à cette époque-là, mais tout simplement Odette Marchal... Elle n’était pas russe mais originaire de Saint-Mandé où ses parents, de très braves gens, tenaient un petit café-restaurant… Elle nous y invitait souvent ta maman et moi, quand nous faisions relâche au Casino de Paris… C’était une bonne camarade… Elle n’avait pas l’accent russe, mais pas du tout… "
L’affiche du film Les Yeux noirs de Nikita Mikhalkov d’après une nouvelle de Tchekov.
Une photo de Marcello Mastroianni dans Les Yeux noirs.
 

Des dessins de ma maman qui m’en faxe un presque tous les jours. C’est son mode de communication. Tant mieux. Des rébus, des collages, des questions… Exemple : une jeune femme avec deux grosses valises sur la tête, tenant d’une main un petit garçon avec un chien en laisse et de l’autre, une petite fille avec un chat dans les bras, " Besoin d’aide pour ton départ ? "
Mot d’un inconnu reçu après la sortie de Je l’aimais "  Ce petit bout de papier pour vous consoler si c’était besoin d’une vilaine critique du Canard… Il a dû manquer quelques moments de passion, ou quelques souvenirs de tendresse à ce gentil plumitif. Votre livre entre en toute modestie dans ma bibliothèque, un peu savante et pensante, et je sens qu’il va y prendre une grande place car il dit des choses vraies avec simplicité. " Je n’ai aucun ego (hélas) et ne garde aucune coupure de presse me concernant mais j’aime beaucoup ces quelques lignes… Grand apaisement…
 

Des poules, un veau, un dindon, un chat, beaucoup de dessins, croquis, pastels, crayonnés, etc… de Michel Lecoque, mon peintre préféré et l’un des hommes les plus exquis que j’aie jamais rencontré. Ce sont ses pastels sur la couverture de Ensemble, c’est tout. J’en suis très fière.
La mangouste Rikiki-Riquiqui qui a peur de tout me remercie d’avoir parlé d’elle dans le journal. C’est un dessin de Clément Oubrerie, merveilleux illustrateur. Un dessin/carte de vœux de François Rébéna qui mit son grain de sel dans 35 kilos d’espoir. Un autre de Claudine Desmarteau, géniale auteure jeunesse. Un autre encore de François Roca… Même tonneau. Un autre de Catherine Lachaud… Pour me souhaiter la bienvenue dans ma nouvelle maison… Pas les mots…
 

Gena Rowlands dans Gloria de Cassavetes. Photo du tournage. Elle, cabotinant entre des poubelles, talons hauts, tailleur, gros pétard et rires des gamins portoricains.
Gadget trouvé au Palais de Tokyo. Be a best-selling writer instantly. Un petit sachet contenant de la poudre et une seringue. A s’injecter pour devenir un auteur à succès. Je ne l’ai pas encore ouvert…
Un livre, L’éditeur exagère, de Belton Cobb publié au Masque et offert par mon éditeur justement… cet homme lucide…
 

Une page du journal de Brassaï : " Septembre 1937. Je me suis débarrassé de trois choses dont j’étais devenu, malgré moi, l’esclave : mes collaborateurs et Coiffure de Paris. Personne, parmi mes connaissances, ne me croyait capable d’un tel acte de volonté. Et j’avoue que moi-même (connaissant mes faiblesses), j’étais surpris par cette énergie chez moi inaccoutumée. Dire toute ma façon de penser avec une franchise brutale n’était point mon affaire et j’aimais trop laisser au temps le soin d’apporter une solution là où je devais en trouver une et en imposer une. D’où ce changement ? C’est que je n’ai plus de temps à perdre : je m’approche de la quarantaine, les pas deviennent plus pressés. On découvre les lourdes responsabilités que les dons imposent. La photographie m’a sorti de l’ombre. Elle m’a permis de prendre mon élan. Il faut que j’en tire maintenant le plus de profit possible. Ne serait-ce qu’en m’en éloignant. J’ai pris maintenant trop de goût à me séparer des choses qui me paraissaient indispensables. Je crois qu’une brusque rupture avec un système de vie quasi imposé par la force des choses n’entraîne pas nécessairement la catastrophe. Au contraire, tandis qu’on regrette la peau qu’on quitte, on s’aperçoit soudain qu’on en a une toute neuve… (…) Depuis que je n’ai plus mes " fidèles collaborateurs ", je mène une vie plus libre, je fais des choses plus intéressantes. "
 

Le brouillon du poème de la fête des mères : " … maman tu ressembles à une irondelle, tu es aussi forte que popeille et en plus tu n’es pas trop vieille. " La maîtresse a barré le dernier vers.
Beaucoup de photos chinées. Des photos de classes, des portraits, des gisants, des chiens, des oiseaux dans des cages, des enfants, des vieux… Que des inconnus. Ma famille.
J’étais étudiante (?) à la Sorbonne. Petit mot découvert sous l’arrêt de bus situé en face du magasin Crocodisc et arraché aussitôt… (La honte…) (pas pu résister monsieur le juge…) " samedi 7.12.91 je suis un petit garçon de 10 ans j’ai voulu rendre service à mà maman je suis aller chez le pressing chercher le costume à mon pap et en chamain j’ai perdu le pantalon si vous l’avais trouver soyer gentille de le déposer au presssing qui se trouve la c’est la que je suis aller le chercher et merci à tous. David. "
 

Poème de Leonard Cohen :
" J'aimerais rappeler
à la direction
que les boissons sont coupées d’eau
que la demoiselle du vestiaire
a la syphilis
et que l’orchestre est composé
d’anciens monstres SS
Mais comme c’est
La nuit de la Saint-Sylvestre
Et que j’ai un cancer à la lèvre
Je vais mettre mon
Chapeau de papier sur ma
Cicatrice et je vais danser "

Un autre, de René Char. Plus gai. Un troisième de Nicolas Bouvier. Félicité. Son " premier " dessin.
Photo de Robert Mac Liam Wilson. Cadeau de Mathieu Bourgois.
Photo de Nick Tosches. Cadeau de David Baliki.
Moche photo d’un vison. Image trouvée dans une plaque de chocolat.
Cadeau d’un garçon. " Je t’offre un vison. "
Reproduction d’un dessin de Félix Vallotton.
Pages de mangas d’Hokusai.
Polaroïds ratés. Souvenirs gais.
Mes frères. Ma sœur.
Croquis de Bijou, le chien de mon enfance.
Des maisons, des plans, des petites annonces, des rêves, des jardins.
Un cendrier volé chez Drouant (!). Plus de cigarettes. Fini. Promis. Au secours. Envie. Papier d’Arménie.

Sorte de store. Bazar promotionnel distribué aux libraires à l’occasion de sa Pléiade : Marcel Aymé, pardessus, clope, paupières lourdes, citation, coquetterie.
" Un moment, j’ai même pensé à abandonner la littérature,
mais j’ai acheté par erreur un encrier d’un demi litre,
il faut donc que j’écrive. "

 


Voilà,
C’est là,
À peu près,
Que je travaille.  
 

24 mars 2004