Présentation de la femme cigale et l’écrivain chantante Marie
Rouanet :
Quand elle parle
d’écriture, elle évoque son « incompréhensible alchimie qui ressemble
à celle du corps. Ce que l’on mange devient autre chose : notre chair,
notre sang, notre âme » Quand elle évoque sa vie, elle donne l’amour
comme vecteur suprême « C’est lui qui transfigure tout, fait naître la
parole, aiguise le regard et l’esprit »
Marie Rouanet a
tissé de livre en livre, un univers dense, où l’expérience des sens se
mêle à l’intelligence de la pensée.
Son œuvre, elle la
qualifie d’ «anthropologie narrative».
Sous sa plume le
moindre souvenir devient poésie, sensation. Avec toujours cette même
touchante délicatesse, elle se raconte, intime sans s’exhiber. Elle
restitue sobrement les gens, les choses dans leur vérité immanente.
L’anodin devient capital et le passé apparaît comme un chemin
spirituel sur lequel elle sème ses mots, notes sensibles, pour mieux
se retrouver. Exemple : « C’est quand la Loire a gelé... » ou «
C’est l’été.. » … Autant de repères, qui sont ceux d’un moment
affectif et moral qui touche à la vie, à la nature : la couleur d’un
ciel, une odeur, le goût d’une impression, d’un plat cuisiné aux
herbes du soleil…
« Archéologue de
moi-même » voilà ce qu’elle dit être, mais c’est de nous tous dont ses
livres parlent.
Ces saveurs sont
celle d’un auteur de grande discrétion et pourtant douée d’une œuvre
littéraire considérable. Ces saveurs sont celles de mots sensuels
rendus à la liberté d’un ton joyeux et pertinent, émerveillé et
sauvage.
« Je suis une femme
d’ordre, et je crois profondément au bien et au mal », plus loin on
lira d’elle « J’ai beaucoup de tendresse pour les hommes » , et puis
elle continuera, elle évoquera « l’irréductible opacité de
l’autre », cet autre aimé, désiré, et toujours elle gardera son
sourire, doux, certes, mais au combien lucide.