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      > Antonio Lobo Antunes


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Biographie :

Naissance le 1er septembre1942 à Lisbonne dans une grande famille issue de la grande bourgeoisie portugaise originaire du Brésil. Les six fils, dont il est l’aîné reçoivent une éducation classique. Antonio Lobo Antunès , l a fait des études de médecine et s’est spécialisé en psychiatrie, métier qu’il a exercé à l’hôpital Miguel Bombarda. Il passe 27 mois en Angola pendant la guerre, et le souvenir de ce qu’il y a connu marquera son œuvre. Dès son premier roman, « Mémoire d’éléphant » (inédit en français), il devient au Portugal un auteur reconnu. Dans les années 80, il cesse ses activités professionnelles pour se consacrer à l’écriture. Il vit à Lisbonne. Auteur à ce jour de 11 romans traduits en anglais, néerlandais, allemand, danois, suédois, italien, turc et espagnol, il est aujourd’hui l’une des figures majeures de la littérature européennes. Il existe de nombreuses thèses et essais sur son œuvre, notamment aux Etats-Unis, au Brésil et en France.


BIBLIOGRAPHIE :

Le Cul de Judas ( Métailié, 1983)
Fado Alexandrino (Albin Michel, 1987)

Aux Ed Bourgois:
Le Retour des Caravelles, 1990 *
Explication aux oiseaux, 1991 *
La Farce des damnés, 1992 **

L’Ordre naturel des choses, 1992 **
Traité des passions de l ‘âme, 1993 **
La Mort de Carlos Gardel, 1995*
Le Manuel des Inquisiteurs, 1996 *

La Splendeur du Portugal, 1998 **
Mémoire d’éléphant, 1998
Connaissance de l’enfer, 1998

Exhortation aux crocodiles, 1999
Dormir accompagné - Livre de chroniques 1et 2, 2000
N’entre pas si vite dans cette nuit noire, 2001.

* existe en poche : collection 10/18
** existe en poche : collection points Seuil.

 


Que ferai-je quand tout brûle ? Ed  Bourgois, Traduit du portugais par Carlos Batista,  septembre 2003

Présentation du  nouveau roman 
Une quête, celle de Paulo, pour retrouver un monde calciné entrevu à travers le miroir de la chambre de ses parents. Une famille dont il a été cruellement exclu. Son père, clown à la poitrine gonflée, qui chaque soir, après son spectacle, rentre avec un amant différent. Sa mère, obsédée par le parfum des mimosas, qui se vend pour un quart de vin et l’illusion d’être caressé par un mari perdu.

Que ferai-je quand tout brûle ? Un récit sur les cicatrices honteuses et douloureuses de l’enfance qui font de nous ce que l’on est : un père travesti, une mère catin , une serveuse qui rêve de dynamiter une geôle, un pauvre vieux, qui , depuis sa mansarde, croit régenter le monde. Que fera-t-il quand tout brûle ? Retourner sur cette plage hantée par le cadavre de son père et, comme lui presser le piston, fuir, ou bien écrire pour que le passé jamais ne brûle ?

 


A travers la presse, quelques pistes pour éclairer l’œuvre de Antonio Lobo Antunès :

« En marge de ses romans, l’auteur a écrit de courts textes, certains autobiographiques, d’autres plus proches du récit, rassemblés dans un Livre des chroniques. Ces écrits au fil du temps, au gré de l’humeur éclairent l’œuvre. »
Quinzaine Littéraire, 2000.

«  Ancien psychiatre, innovateur hardi de la langue, cousin de Joyce et de Faulkner, toute son œuvre est dédiée à la rupture de la ligne droite du récit classique et d  l’ordre naturel des choses. Délire contrôlé  »
Journal du Salon du Livre

« Chaque roman est comme un organisme qui intègre et rejette ce qu’on lui propose. Ce qui prouve qu’on n’est pas Dieu le Père quand on écrit. »
« J’écris à la main, n’importe où, à Paris, Berlin, sur des petits blocs que j’emmène partout.  Un livre me demande un et demi et généralement quatre versions successives.
»
« Le Portugal est un pays cruel, violent et funèbre toujours en attente d’on ne sait quoi. »
Lisbonne: « la ruine des idéologies d’une certaine conception de la vie et de l’amour »
A Lobo Antunès. Libération, 1995

« Les créature de Lobo Antunès sont presque toujours des anti-héros anonymes, malades, obsédés, résignés, obscure, ratiocineurs, mesquins, des proies faciles des temps déliquescents.
Écriture et musique sont pour lui « une question d’oreille et de variations »
Libération. 1995

« Insoumis sans repos. Bousculant les conventions,  dynamitant la syntaxe, A.L A. explore les corps pour s’approcher aux plus près des êtres. Anatomie d’une œuvre flamboyante »
Libération, 1996


Présentation de quelques titres :

Le Retour des Caravelles, 1990 :
Contre les berges de Lisbonne, l’histoire jette ses héros en vrac. Poètes, navigateurs, ou colons déchus de l’Angola indépendante, ils apportent, venus de plusieurs siècles, l’image du déclin qu’ils ont vécu : celui de l’empire par deux fois brisé – en 1578 avec la domination espagnole et en 1975 avec la fin des colonies d’Afrique.
Rien de plus furieusement baroque que cette traversée de l’Histoire portugaise où Vasco de Gama, Luis de Camoëns, ressuscités des Lusiades, ou d’ailleurs, se perdent dans le Lisbonne d’aujourd’hui qu’ils ne reconnaissent plus. Et Luis sillonne l’histoire sans lâcher le cercueil  de son père, signe d’un présent toujours en mal de racines. Car dans - cette civilisation occidentale en pleine déchéance, on espère encore le Retour des Caravelles.


Explication aux oiseaux, 1991 :
Dans ce chef d’œuvre de la mémoire, mêlant – souvent dans une même phrase - passés, présents, avenirs de ceux et celles qui l’entourent, Rui S. nous mène vers son suicide annoncé. Pour cet homme brisé qui estime avoir raté sa vie, mariages, paternité, engagement politique, positions sociales et professionnelles n’on été que des échecs successifs.
Les oiseaux, un rêve d’enfant resté omniprésent durant toute son existence,  constituent les seuls souvenirs heureux qu’il parvienne à maintenir vivants et qui l’accompagneront jusque dans la mort. Entre l’illusion, poésie et satire, l’auteur, fait de  cette œuvre, son hommage - combien magnifique - à Fellini, et s’impose comme un très grand écrivain européen.


Traité des passions de l‘âme, 1993 :
A Lisbonne, deux amis d’enfance se retrouvent face à face : un juge d’instruction et un membre d’une organisation terroriste.
Au fil de l’enquête judiciaire, souvenirs et monologues des  différents personnages vont alors s’entrelacer, multipliant notes d’humour et situations sordides, visions du passé et complexes réalités du présent.
Au rythme d’une prose effréné et féroce, qui nous mène au cœur d’un Portugal où les rêves de révolution riment avec le sombre fatalisme du fado, l’auteur brosse une fresque où l’Histoire et les hiérarchies sociales  se heurtent aux manipulations du pouvoir.


Le Manuel des Inquisiteurs, 1996 :
Dans ce livre,  «  le fou qui hurle ses souvenirs dans une clinique pour vieillards, un vase de nuit glissé entre ses jambes de squelettes, ce fou fut un homme puissant redouté. Un ministre. Ou tout  comme. Un de ceux qui gouvernent, en secret. Un de ceux qui tuent sans payer pour le crime. (…) Il écrivait  des discours, inaugurait des orphelinats, faisait sauter des têtes, saluait les princes anglais venus en visites, s’achetait (…) une jeune fille  pétrifiée de peur qu’il déguisait en épouse notable (…) et buvait le thé en compagnie de Salazar et d’un amiral à la poitrine blindée de médailles (…) Mais son pouvoir fut bref. Car rien ne dure dans l’univers de l’auteur, ni l’amour, ni la beauté, ni le pouvoir. Tous les puissants devraient s’en souvenir. »
Lydie Salvayre,  Les Inrockuptibles.


La Splendeur du Portugal, 1998 :
A travers les monologues alternés d’une mère et de ses trois enfants, derniers rejetons d’une riche lignée de colons portugais en Angola, ce roman dresse le sombre bilan d’un processus historique d’avilissement d’une catégorie d’êtres humains.
Au fil des évocations tragiques et de scènes bouffonnes, entrelaçant l’atmosphère d’un pays déchiré par la guerre et celle des temps de la prospérité coloniale, ces personnages dévoilent les arcanes de leurs vies antérieures là où le vent de leur identité se désagrège.
Minés par la folie à force de vivre à contre-destin, ils resteront écartelés entre leur attachement ombilical à l’Afrique de leur enfance  et la honte d’admettre que cette Afrique de rêve recouvrait un effroyable cauchemar.


N’entre pas si vite dans cette nuit noire, 2001 :
Maria Clara, «  Mademoiselle », l’homme de la maison, livre pensées e souvenirs. Une villa d’Estoril abritant connivences et conflits entre maîtres et domestiques. Le casino  où la grand-mère joue l’argent que lui donne sa dame de compagnie. Une sœur haïe pour  sa beauté. Un père aimé, sans famille, retiré dans un grenier où il défend d’entrer, jusqu’au jour où il part à l’hôpital  pour une opération à cœur ouvert.. Maria Clara s’empare de la clef. Au fond des armoires, la relique d’une filiation ignorée : photos, cahiers d’écoliers, jouets. Autant d’indices sur lesquels Maria Clara s’arrête et se perd au fil d’un enquête généalogique. Le récit prolifère, bifurque en jeu de conjectures et de surimpressions.
Cette chronique mobile d’une enfance enfouie apparaît enfin comme le journal intime de Maria Clara, rédigé trente ans plus tard. L’objet du récit renvoie alors à l’histoire de ce journal, à sa création. Un renvoi au  premier genre littéraire : la cosmogonie

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