Daniel Pennac < Librairie Comme un roman < Loisirs et sorties < Marais

Librairie
27, rue de Saintonge - 75003 Paris le Marais
Tél.: 01 42 77 56 20
-
e-mail
comme-un-roman.com Rencontres Bibliographies Conseils de lecture L'espace critique Forum des lecteurs

Liens

Daniel Pennac

Biographie - Le dictateur et le hamac - Revue de presse - Interview - Bibliographie

 

Daniel Penacchioni, dit Pennac est né en 1944 lors d’une escale à Casablanca. Issu d’une famille de fonctionnaires lecteurs et voyageurs, son enfance est douce et  rythmée des  multiples ailleurs visités : Afrique, Asie, Europe… Ses études ne furent pas merveilleuses, plutôt chaotiques mais pas catastrophiques.  Il étudie les Lettres à Nice et Aix. Il est professeur de lettres de 1969 à 1995 à Soissons et à Paris, souvent dans les classes difficiles. De 1979 à 1981, il suit sa compagne au Brésil et devient amateur de hamac comme d’autres de cigares. Il fut dessinateur à la quinzaine littéraire et est écrivain  depuis  au moins 1973 puisqu‘à cette époque paraît  son premier  essai, un pamphlet pour être plus juste, "Le Service militaire au service de qui ?"  Ed. du Seuil. Il rencontre un succès  immense avec Au Bonheur des ogres  puis une véritable reconnaissance pour La Fée Carabine. Vient ensuite Comme un Roman que nous avons adopté comme signe de reconnaissance pour notre librairie. Et puis arrive la tribu  des Malaussène, les fameux.
Outre ces romans, il est aussi essayiste, il écrit pour les enfants, il a composé des albums de photographies avec Doisneau… (cf  la bibliographie ci–après).
Depuis "La Débauche", roman – BD réalisé avec Tardi en 2000, nous attendions. Voici, voilà c’est chose faite et bien, très bien faite même avec Le Dictateur et le Hamac (Ed Gallimard). Il a le don du titre ce Pennac car celui encore restera, s ‘accrochera à notre inconscient collectif de lecteurs. J’en prends le pari !

De quoi s’agit t-il ?
Moi j’appellerais cela un tour génial de passe-passe !
C’est déjà et surtout radicalement différent de tout ce qu’il nous a livré jusqu’à présent, il rompt avec la saga Malaussène.

Extrait : « Ce Serait l’histoire d’un dictateur agoraphobe qui se ferait remplacer par un sosie.
Ce serait l’histoire de ce sosie qui se ferait à son tour remplacer par un sosie.
Mais surtout l’histoire de l’auteur rêvant  à cela dans son hamac.
Et c’est l’éloge du hamac : ce rectangle de temps suspendu dans le ciel. »

Résumé :
Dans une dictature bannière d’Amérique du sud, Manuel Pereira Da Ponte Martins, tyran qu’une sorcière a averti de sa mort à venir par lynchage sur la place publique, tente d’échapper à son destin :  « Comme tout homme digne de récit, il a voulu échapper à son destin »
Après avoir préparé son sosie, il part  s’amuser en Europe. Mais la machine infernale est en route, chaque sosie se choisit un sosie pour avoir le temps de faire autre chose que dictateur….  Pendant ce temps Monsieur Pennac, narrateur d’un chapitre sur deux,  du fond de son hamac rêvasse et s’interroge sur la genèse de ces personnages, de ces histoires enchâssées comme des poupées russes au Brésil, celles mêmes que nous sommes en train de lire… Mise en abîme littéraire délicieux. Il cherche dans sa mémoire ce qui a amorcé les fils et détails de cette fiction… L’astuce est géniale, c’est tout le jeu du roman écrit au conditionnel  «  Ce Serait l’histoire de…

Écrit au conditionnel comme un enfant qui se raconte des histoires «  Ce Serait une princesse… » … Et Bien Daniel Pennac a dit que ce serait «  Un dictateur et son hamac ».
Là il ne reste plus qu’à écouter l’histoire et elle est jubilante. Tout autant que sous-tendue par un véritable questionnement sur la dictature, le pouvoir  et sa vanité.  Et puis il y a la question du  libre arbitre : est-ce à dire  l’immensité des possibles qui se propose à nous chaque seconde, qui demande exige de nous des décisions permanentes… Interminables carrefours. Et de  questions car quelle direction prendre ? Ainsi aussi l’écrivain Pennac s’interroge grâce à un jeu subtil de prise parole dans la fiction même, il met en œuvre ses hésitations de créateur.  Et  pour aller plus loin encore, au-delà de ce soi disant libre arbitre sommes-nous prédéterminés ? Comme ce fut le cas de Pereira le dictateur de Pennac… ? Entre hasard et destin, liberté et pouvoir, les questions balancent et nous bercent en toute jouissance, comme dans un hamac.

Revue de presse :
« Auteur de la Petite marchande de prose, le père de Malaussène, est  l’écrivain le plus aimé des français… Son nouveau livre est un roman baroque et flamboyant, dont les phrases ne touchent jamais terre… Un conte borgésien  sur le néant du pouvoir. » Le Nouvel observateur

« L’écriture d’une fantaisie rythmée, teintée  d’absurde navigue entre Queneau et Copi, et colle aux rebondissements aussi nombreux que rocambolesques. « Comment rendre compte de cette ivresse  – la vie -  autrement qu’en plongeant dans cette bouteille où tout est permis - le roman ? »  On gagne à écouter  la généreuse réponse de Pennac  au foisonnement infini et joyeux  » Elle Magazine

«  Une fable chaplinesque…  Pennac un charmant magicien »   Libération.

Extraits d’interview paru dans  Livre Hebdo avril 2003
- « Le Dictateur et le hamac …. risque de dérouter vos lecteurs … ?
D.P - Je ne l’ai pas envisagé sous cet angle. C’est un roman qui m’occupe à temps plein depuis trois ans. Je suis lent … et je travaille énormément… Dans une journée d’écriture je ne produis que quelques lignes. Le Dictateur et le hamac est un conte philosophique anecdotique et foldingue, qui joue sur les sosies et la réalités, mes souvenirs du sertao brésilien. J’ai vécu  au Brésil de 1978 à 1980… Pays pour lequel j’ai eu un coup de foudre et sur lequel je n’avais pas écrit. Tout s’est tricoté. C’est vrai que tout cela n’a rien à voir  avec la série des Malaussène, mais on reconnaît, j’espère le bonhomme à son écriture. »
Oui on le reconnaît et c’est un pur plaisir de le retrouver et de l’accueillir chez nous et avec vous à la librairie  dont il est le parrain : le jeudi 22 mai 18h30

Bibliographie :
Le Service militaire au service de qui ? 1973, Seuil
Les Enfants de Yalta, Lattès, 1977
Père Noël, 1979, Grasset.(roman )

Cabot caboche, Nathan jeunesse, Folio jeunesse
Une amitié entre un chien et une enfant. A lire dès 9ans.

L’Oeil du loup,  Nathan jeunesse
Une amitié entre un enfant esseulé et un loup enfermé dans un zoo, à travers leurs regards ils échangeront leur monde perdu et à venir. A lire dès 8 ans.

La Vie à l’envers, Bayard jeunesse

Ed Gallimard et en poche aux Ed Folio :

Au Bonheur des ogres
Côté famille, maman s’est tirée une fois de plus en m’abandonnant les mômes, et le Petit s’est mis à rêver d’ogres Noël. Côté cœur la tante Julia a été séduite par ma nature de bouc (de bouc émissaire). Côté boulot, la première bombe a explosé au rayon des jouets, cinq minutes après mon passage. La deuxième, quinze jours plus tard, au rayon des pulls, sous mes yeux. Comme j’étais là aussi pour la troisième, ils m’ont tous soupçonné. Pourquoi moi ? Je dois avoir un don…
Ainsi parle Benjamin Malaussène bouc émissaire professionnel, payer pour endosser nos erreurs à tous, frère de famille élevant les multiples enfants de sa mère, cœur extra-sensible et extensible, amant fidèle, ami infaillible : l’innocence  incarnée  et pourtant, toujours le coupable idéal.

La Fée Carabine, 1987.
« Si les veilles dames se mettent à buter les jeunots, si les doyens du troisième âge se shootent comme des collégiens, si les commissaires divisionnaires enseignent le vol à la tire à leurs petits-enfants, et si on prétend que tout ça c’est ma faute, moi, je pose la question : où va-t-on ? »
Ainsi s’interroge le désormais fameux Benjamin Malaussène, maître affectueux d’un chien épileptique, le cœur toujours plus tendre, qui, abritant chez lui les vieillards les plus drogués de la capitale, devient le coupable idéal pour tous les flics de la capitale.

La Petite Marchande de prose, Prix du livre Inter  1990
«  L’amour Monsieur Malaussène, je vous propose l’amour ! »  L’amour ? J’ai Julie, j’ai Luna, j’ai Thérèse, J’ai Clara, Verdun, le Petit et Jérémy. J’ai Julius et j’ai Belleville…
« Entendons-nous bien, mon petit, je ne vous propose  pas la botte ; c’est l’amour avec un grand A que je vous offre : tout l’amour du monde.»
Aussi incroyable que cela puisse paraître, j’ai accepté. J’ai eu tort. »
Transformé en objet d’adoration universelle par la reine Zabo, éditeur de génie, Benjamin Malaussène va payer au prix fort toutes les passions déchaînées par la parution d’un best-seller, dont il est censé être l’auteur. Vol de manuscrit, vengeance, passion de l’écriture, frénésie des lecteurs, ébullition éditoriale, délires publicitaires, ce roman est un feu d’artifice tiré à la gloire dus roman. De tous les romans.

Comme un Roman, 1992
Comment ne pas dégoûter un enfant ou un adulte de la lecture avant que celui-ci n’en ai même effleuré les délices ? Comment faire passer, transmettre ce plaisir de la lecture sans obliger, effrayer, sans contraindre ? Pennac répond et invente :
LES DROITS IMPRESCRIPTIBLES DU LECTEUR : 

1-     Le droit de ne pas lire.

2-     Le doit de sauter des pages.

3-     Le droit de ne pas finir un livre.

4-     Le droit de relire.

5-     Le droit de lire n’importe quoi.

6-     Le droit au bovarysme ( maladie textuellement transmissible ) .

7-     Le doit de lire n’importe où.

8-     Le droit de grappiller.

9-      Le droit de lire à haute voix.

10- Le doit de nous taire.

Et Pennac de prévenir  « On est prié (je vous supplie) de ne pas utiliser ces pages comme instrument de torture pédagogique. »

Monsieur Malaussène, 1995
La suite ! réclamaient les enfants. La suite ! La suite !
Ma suite à moi c’est l’autre  petit moi-même qui prépare ma relève dans le giron de Julie. Comme une femme est belle en ces premiers mois où elle vous fait l’honneur d’être deux ! Mais, Julie crois-tu que ce soit raisonnable ? (…)
Ils y tenaient tellement à la suite que moi Benjamin Malaussène, frère de famille hautement responsable, père potentiel, j’ai fini par me retrouver en prison accusé de 21 meurtres. Tout cela pour un sombre trafic d’images en ce siècle  Lumière.
Alors, vous tenez vraiment à (…) la suite ?


Monsieur Malaussène au théâtre, 1996
Messieurs les enfants, 1997
Aux Fruits de la passion, 1999

La Débauche, 2000
BD illustrée par Tardi dont Pennac a écrit le scénario. Sorte d’enquête policière avec humour noir en prime et un décor typiquement parisien dans les beaux quartiers de la débauche.

Le Dictateur et le hamac, 2003