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Erri de Luca



       
Présentation Auteur Bibliographie Bibliographie en italien
 
Présentation


Le poids du papillon de Erri de Luca Ed Gallimard

Quelque part dans les Alpes italiennes, un chamois domine sa harde depuis des années. D’une taille et d’une puissance exceptionnelles, l’animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée, sa suprématie est désormais menacée par les plus jeunes. En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne, ses espoirs en la Révolution déçus, sait lui aussi que le temps joue contre lui. À soixante ans passés, sa dernière ambition de chasseur sera d’abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé malgré son extrême agilité d’alpiniste, ce chamois à l’allure majestueuse. Et puis, face à ces deux forces, il y a la délicatesse tragique d’une paire d’ailes, cette «plume ajoutée au poids des ans».
Le poids du papillon, récit insolite d’un duel entre l’homme et l’animal, nous offre une épure poétique d’une très grande beauté. Erri De Luca condense ici sa vision de l’homme et de la nature, nous parle de la montagne, de la solitude et du désir pour affirmer plus que jamais son talent de conteur, hors du temps et indifférent à toutes les modes littéraires.

Sur les traces de Nives de Erri de Luca
Ed Gallimard trad de l'Italien , 13.90 euros

" C'est l'heure de fin de journée, quand on se glisse dans la tente sur l'espace de neige ou de roche que nous avons aplani. On se souhaite une bonne nuit en sachant que l'insomnie sera la plus forte. Le repos vient aussi en écoutant la respiration régulière de celui d'entre nous qui arrive à dormir. Du sac de couchage ne sortent que des lèvres pour respirer. Nous échangeons quelques mots pour arriver au sommeil, du moins à un petit écroulement. C'est moi qui commence, dans les conversations avec Nives j'avance en premier de cordée. "
Accompagnant l'alpiniste italienne Nives Meroi dans l'une de ses expéditions himalayennes, Erri de Luca engage avec elle une conversation à bâtons rompus. Du film Hellzapoppin à une poivrade de moules, du Sahara aux siècles espagnols de la ville de Naples, de l'ascension du Lhotse aux années de la gauche révolutionnaire, leurs échanges mêlent les récits d'altitude de la jeune femme et les souvenirs de l'écrivain.
Pour Erri de Luca, l'Himalaya permet de revenir en arrière, au temps des besoins plus modestes. Contrairement aux villes où les mots sont gaspillés dans le brouhaha de la politique, de la publicité et de l'économie, l'altitude implique de garder les mots en bouche, de n'utiliser que ceux qui sont nécessaires. " Ici, les mots vont de pair avec les faits, ils font couple. "
Réflexion atypique sur les chemins de l'écriture, présentation de moments d'existence croqués sur le vif et racontés telle une ligne d'épure qui approche au plus près la réalité de l'écrivain.

Comme une langue au palais, Erri de Luca, Ed Gallimard, 9, 90 euros

Noyau d’olive (collection Arcades, 2004) a permis au lecteur de découvrir la fascination d’Erri De Luca pour les Écritures saintes, son intimité avec les textes et son aisance à les commenter.
L’intérêt de ses réflexions bibliques tient à ce paradoxe : l’auteur a appris l’araméen et l’hébreu pour pouvoir réaliser sa propre traduction de la Bible et la lire quotidiennement, mais il se déclare toujours non-croyant.
Comme une langue au palais est un recueil de onze préfaces à ses traductions de la Bible, dans lesquelles il commente certains passages et les met en parallèle avec l’histoire contemporaine.
Son intimité avec les psaumes lui permet d’aller au plus près des textes et son ton très personnel, d’une grande clarté et d’une grande sensibilité, les rend accessibles aux non-initiés. À ces onze textes s’ajoute « Le Métier d’Abel », paru en Italie dans un ouvrage collectif sur la représentation des métiers dans la Bible. De Luca s’intéresse là aux professions évoquées dans l’Ancien et le Nouveau Testament : le berger devient pêcheur au passage de l’un à l’autre, mettant ainsi en lumière la représentation symbolique du judaïsme et du christianisme. Le premier défend son troupeau, en d’autres termes sa communauté, sa culture, ses traditions, tandis que le second cherche à ferrer sans cesse de nouveaux poissons, par conséquent à accroître le cercle de ses fidèles.
Un texte subtil et ambitieux, qui reflète une nouvelle fois la maestria de l’écriture de De Luca.

Au nom de la mère ( Ed Gallimard ) ( Parution novembre)

Un texte bref et absolu qui propose une réecriture de la Nativité. Dans ce court récit, l'auteur s'empare de l'histoire la plus connue de l'humanité,qu'il articule autour de la figure de Marie. Ou Myriam, une simple femme juive, fiancée à Joseph quand elle tombe enceinte, et qui sait ce que cette grossese avant le mariage signifie aux yeux de la Loi. Puis nous cheminons avec elle vers Béthléem, vers la délivrance et le début d'une toute autre histoire. Sous la plume de l'auteur, l'histoire de la Nativité trouve un ancrage nouveau dans le contexte hébraïque, et se féminise,comme s'il était temps de rétablir un équilibre avec la formule "au nom du Père " retenue par la chrétienteté. Erri de Luca sait lier le mystique quotidien de la vie comme rare. Il nous donne à lire une histoire d'une grande beauté, éclairant d'un jour nouveau une histoire que nous croyons connaître par coeur,et nous offre un livre incomparable, inoublialble l

Extrait " Il n'est pas écrit dans leur livres que dans l'étable se trouvaient des sages-femmes ou autre peronnel autour de l'accouchement ( ... ) Elle accoucha seule. C'est le prodige de cette nuit de nativité "

Un miracle aussi que ce texte d'une force silencieuse, magnifique ... Une larme d'homme qui bouleverse ..

Le Chanteur des rues ( Ed Gallimard ) ( Parution novembre)

Un livre de photographies prises par François -Marie Banier et commentées / racontées par Erri de Luca

Des photos d'hommes et de femmes que l'on pourrait croire cassés par la vie et à qui, Erri de Luca sait, à travers l'humainté absolue de ses mots, rendre dignité et grâce ... Et cela avec toujours la même pudeur de celui qui respecte et aime.

 
Auteur

Erri De Luca est né à Naples en 1950, dans une famille de la moyenne bourgeoisie. Au sortir de l’adolescence, il connaît l’engagement politique au sein du mouvement d’extrême gauche Lotta continua que dirige Adriano Sofri, puis choisit d’exercer de multiples métiers manuels tant en Afrique et en France qu’en Italie : conducteur d’engins ou de camions, ouvrier sur des chantiers de construction, enfin maçon, une profession qu’il continuera à exercer lorsque paraîtra son premier livre, Une fois, un jour (Non ora, non qui), en 1989. Parallèlement, de manière totalement autodidacte, il apprend l’hébreu pour lire les textes sacrés, qu’il entreprendra ensuite de traduire, d’abord pour son propre usage puis dans la perspective d’une publication. Ses brefs récits – notamment Acide, Arc-en-ciel (Aceto, Arcobaleno) –, où se mêle l’exigence morale et une grande sincérité de la voix, rencontrent un vaste écho en Italie mais aussi en France, tant auprès de la critique que du public. Il collabore au Mattino, le principal journal de Naples, et à divers autres périodiques. Durant la guerre en ex-Yougoslavie, il effectua, en tant que conducteur de camions pour une organisation humanitaire, diverses missions auprès des populations bosniaques.

 
Bibliographie

 

   

LE CONTRAIRE DE UN
DU MONDE ENTIER . 144 pages - 14,50 €. Parution : 15/01/04. 
Un recueil de dix-neuf nouvelles envoûtantes, où l'on retrouve les thèmes chers à l'auteur de Trois chevaux et de Montedidio : la solitude, la foi, le combat politique, la rencontre amoureuse...

«Deux n'est pas le double
mais le contraire de un,
de sa solitude.
Deux est alliance, fil double
qui n'est pas cassé.» Erri De Luca Le dernier livre d'Erri De Luca, Il contrario di uno, Le Contraire de un sorti en Italie en mai 2003 s'est tout de suite classé en tête des ventes, si bien qu'il en est à ce jour à sa deuxième édition chez Feltrinelli. Depuis mi-janvier il est paru en France.

Ce livre comporte 18 nouvelles et un poème en vers. Chaque nouvelle évoque une solidarité humaine assumée ou réfutée, le contraire de un se serait être ensemble, être au moins deux, échapper à la solitude, et se faisant c'est au travers de la politique, de l’engagement, de la jeunesse révolutionnaire, du sport (l’alpinisme) qu'Erri de Luca cherche ce qui peut rassembler les hommes, les unir comme les déchirer. L'écriture est aussi fine que les pattes d'un oiseau près à s'envoler, perçante comme le regard de l'aigle... Du cristal que cette prose !

       
   

Noyou d'Olives
ARCADES . 108 pages - 9,90 €. Parution : 15/01/04. 
"En lecteur assidu d'Écriture sainte je fréquente l'hébreu ancien des premières histoires, des prophètes, des psaumes recueillis dans l'Ancien Testament."

Erri De Luca fréquente la Bible depuis longtemps. Sa connaissance des Écritures ne doit pourtant rien à la foi ou à un quelconque sentiment religieux : De Luca se dit non croyant, incapable de prier ou de pardonner. Il est néanmoins habité par le texte biblique au point de commencer presque chaque journée par la lecture et la traduction d'un passage. Les courts textes rassemblés ici témoignent de ce corps-à-corps quotidien avec la Bible et de ces exercices matinaux qui lui donnent matière à réfléchir, comme un noyau d'olive qu'il retournerait dans la bouche tout au long de la journée.
Un ton très personnel caractérise les commentaires de De Luca : leur approche est aisée même pour qui ne connaîtrait pas bien la Bible. Le romancier italien ne cherche pas à s'avancer sur le terrain de la théologie, mais seulement à rendre compte de ses lectures quotidiennes qui résonnent en lui, structurant à la fois sa vie et son écriture. Sa volonté de comprendre le grand texte le conduit la plupart du temps à une attention particulière aux mots hébraïques, à leur sens, oublié ou enfoui par la traduction et la tradition. En reliant à sa vie et à la nôtre des épisodes bibliques souvent connus, il parvient à formuler des observations que le lecteur à son tour n'aura de cesse de retourner dans sa bouche comme un autre noyau d'olive.

       
    Montedidio
Gallimard, 2002 / traduit par Danièle Valin

"Chacun de nous vit avec un ange, c'est ce qu'il dit et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu'il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied : "Tu ne peux pas t'envoler à Jérusalem", lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello "Cher Rav Daniel, lui répond l'ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes,. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu'au mur occidental de la ville sainte avec une paire d'ailes fortes, comme celles du vautour." Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. "Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l'étui de ta bosse. " Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu'ici un sac d'os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseurs remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grand fenêtre."
       
   

Noirs silences : dans le sillage des marins perdus, Images en manœuvres, 2002 / avec Catherine Izzo et Thierry Fabre (album photos)

Travail photographique réalisé sur le tournage du film Les marins perdus, de Claire Devers, adapté du roman de Jean-Claude Izzo et tourné à Marseille d’avril à juin 2001. «Les images parlent du réel, toujours. Mais ce qu’elles révèlent, trop souvent, n’est que l’apparence du réel, comme l’écume des jours. Images du quotidien donc, de bonheur ou de violence, qui se multiplient et qui, peu à peu, faussent la lisibilité du monde. Comment donner à voir la complexité du réel ? Telle est la vraie question posée aux artistes. C’est dans cet esprit que, depuis des années, solitaire et patiente, travaille Catherine Bouretz-Izzo. Pour tenter d’approcher le réel dans ce qu’il a de plus sensible, de plus secret aussi. Le silence, l’absence. Et ce que dit parfois, de manière fugace, le regard de l’autre. Ses images, lentement accumulées, toujours dans le doute, ne racontent rien. Elles ne sont qu’entrebâillement, pudique, de ces instants d’hommes, de ces lieux où le réel tente de répondre aux interrogations de la vie. A nous d’imaginer le possible ou l’impossible, à nous de donner corps au silence, des mots à l’absence. Et de retrouver, enfin, le goût de l’émotion du monde».

       
   

Œuvre sur l'eau, Edition bilingue - Seghers, 2002 / traduit par Danièle Valin

J'attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, à la fraise, la mouche. J'attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles. J'attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s'est pas épargné, à deux vieux qui s'aiment. J'attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd'hui vaut encore peu de chose [...]. Ainsi commence Valeur, l'un des poèmes rassemblés dans ce volume, le premier livre de poésie d'Erri De Luca, à qui les proses ont assuré une notoriété qui ne cesse de croître (Tu mio, Une fois, un jour, Trois chevaux, Montedidio). Ici, comme l'auteur le confie dans une note liminaire, " à cinquante ans un homme se sent obligé de se détacher de la terre ferme pour s'en aller au large. Pour celui qui écrit des histoires au sec de la prose, l'aventure des vers est une pleine mer ".

       
   

Fresques, Parenthèses, 2002 / avec Giuseppe Caccavale et Jean-Jacques Jolinon

« J'aime les fresques. J'aime les images nourries d'éléments géologiques. » Après avoir achevé les deux registres de fresques dans le bâtiment rénové des Archives municipales de Marseille, Giuseppe Caccavale propose ici un recueil à trois voix pour dire combien cette pratique séculaire permet de travailler au coeur de la figure. C'est au fil des documents sur toutes les phases de ce chantier contemporain que sont explicitées les opérations essentielles dans l'exécution d'une fresque : la fabrication de la chaux, la préparation du mur et des différents enduits, le dessin, le calque puis son report et enfin la peinture elle-même. « Lorsque j'étais manoeuvre, je tamisais de la pouzzolane et du sable afin de séparer le gros du fin, qui servait de finition à l'enduit. Le bruit du filtre de la grille reproduisait, pour moi, le fracas des vagues contre la digue. Mais mes bras ne se lassaient jamais de porter le tamis, pour l'amour de l'ouïe. Aujourd'hui, c'est autour de Giuseppe de préparer des mélanges pour finitions, sable de rivière, eau et chaux éteinte pour étendre le fond frais, assoiffé de couleurs. » (Erri De Luca).

       
   

Trois chevaux, Gallimard, 2001 - Folio 2002 / traduit par Danièle Valin

"Je monte sur la passerelle, je ne pense à personne, je suis la dernière feuille de l'arbre et je me détache sans être poussé. Je ne pense pas à la jeune fille aimée, suivie jusqu'à faire partie de son pays. Maintenant je sais qu'elle est au fond de la mer, jetée au large du haut d'un hélicoptère, les mains attachées. A vécu pour moi, est morte pour offrir des yeux aux poissons." Le narrateur, Italien émigré en Argentine par amour, retourne ainsi au pays. En Argentine, sa femme a payé de sa vie leur combat contre la dictature militaire. Lui, le rescapé, a appris que la vie d'un homme durait autant que celle de trois chevaux. Il a déjà enterré le premier, en quittant l'Argentine. Il travaille comme jardinier et mène une vie solitaire lorsqu'il rencontre Làila, qui "va avec des hommes pour de l'argent", et dont il tombe amoureux. Il prend alors conscience que sa deuxième vie touche aussi à sa fin, et que le temps des adieux est révolu pour lui. Récit dépouillé à l'extrême, Trois chevaux évoque la dictature argentine, la guerre des Malouines, l'Italie d'aujourd'hui. Puis, à travers une narration à l'émotion toujours maîtrisée, où les gestes les plus simples sont décrits comme des rituels sacrés, et où le passé et le présent sont étroitement imbriqués, pose la question des choix existentiels que nous sommes amenés à faire - partir, rester, tuer, laisser vivre - et interroge la notion de destin.

       
   

Première heure, Rivages, 2000 / traduit par Danièle Valin

Tout au long de sa vie d'ouvrir, le matin "une heure avant" de partir au travail, Erri De Luca lisait la Bible. Devenu un familier des Écritures saintes, il ajoute son propre commentaire à la liste de ceux qui l'ont précédé, mais un commentaire de traducteur de l'hébreu ancien qu'il a appris justement afin de pouvoir lire ces pages dans leur langue maternelle. Dans son très beau premier chapitre où il explique le sens du participe présent du mot "croyant", il dit : "Je reste quelqu'un qui lit à la surface des lettres et qui en tente la traduction selon la plus rigide obédience à cette surface révélée." Ainsi, fidèle à cette règle stricte, il relève les indices linguistiques, répétitions, coïncidences, qui lui permettent de donner un nouvel éclairage à certains épisodes bibliques (l'épreuve d'Abraham, Moïse et les tables de la loi, Samson et Dalila, David et Goliath) dont il tire bien souvent un enseignement pour ses propres contemporains : "Un reste de sagesse est encore à portée de la main de qui parcourt attentivement les passages que les vendangeurs et les générations précédentes ont parcouru.

       
   

Alzaia, Rivages, 1998 - Rivages poche, 2002 / traduit par Danièle Valin

Ces articles, cent et des poussières, sont extraits du gros tas de cahiers que j'ai remplis de phrases pêchées au hasard, un peu partout.
Je les ai transcrites, poussé par un maudit besoin de collectionneur, une sorte de rétention de pensées contre la perte de la mémoire.

Avec une habileté de brocanteur j'ai déniché la phrase, l'accident, l'idée. J'y ai ajouté ensuite des choses que j'avais vécues. Et puis, dans une proportion toute sabbatique, une sur sept, on y trouve des pensées sur certains vers de l'Ancien Testament. Alzaia, ou haussière, est le nom du cordage qui tire sur l'eau une cargaison, le long du chemin.

       
   

Tu, mio Rivages, 1998 - Rivages poche, 2000 / traduit par Danièle Valin

Un été brusque de la jeunesse et l'on apprend le monde à toute vitesse. Sur une île de la Tyrrhénienne, au milieu des années cinquante de ce siècle, un pêcheur qui a connu la guerre et une jeune femme au nom difficile transmettent sans intention à un garçon la fièvre de répondre. Ce récit est une réponse, un me voici décisif comme un lieu de naissance.

       
   

En haut à gauche, Rivages, 1996 - Rivages poche, 1998 / traduit par Danièle Valin

Les histoires de ce livre s'inscrivent dans le périmètre de quatre coins : un âge jeune et étriqué, prélude au feu ; une ville phlégréenne et méridionale ; la matière de quelque livre sacré ; les années d'initiation ouvrière de celui qui naquit en bourgeoise. La propriété, minime pour un passant, a été immense pour qui s'y est arrêté. Elle renferme par attraction un "moi" narré plus qu'un "je" narrant, quelque "tu" féminin pieds nus et bien planté au sol, un "nous" prémisse d'éclats. Les pronoms sont des fruits qui mûrissent en diverses saisons. Ici, ils sont cueillis verts, avant de se charger de sucs et de soi. Surviennent des coups de chance, quelque sauvetage. On se cogne en tout sens dans les limites du terrain, comme une bille de flipper. Résister à son plan incliné, tel est l'ordre du jeu, ne pas finir dans le trou. La dernière histoire rappelle une antique sortie de secours, en haut à gauche.

       
   

Rez-de-chaussée, Rivages poche, 1996/ traduit par Danièle Valin

"Comme le berger sauvera de la bouche du lion deux pattes ou un bout d'oreille ainsi seront sauvés les fils d'Israël." Ce qu'a écrit le prophète Amos m'est venu à l'esprit en dégageant un éclat d'obus fiche dans un mur de Mostar Est à la hauteur de mes yeux. J'ai cru refaire gauchement le geste de ce berger par mes voyages de chauffeur de convois humanitaires, en rapportant quelques pages. Rez-de-chaussée est mon seul point de vue sur le monde. Je n'ai regarde aucun panorama, je ne suis monté sur les épaules de personne, je ne me suis pas mis sur la pointe des pieds. Je n'ai eu que ma taille pas très haute, d'homme. Mon Rez-de-chaussée contient aussi des fantômes de Naples, des aventures d'ouvriers, une paroi rocheuse, quelques mois de l'hébreu de la Bible, une agitation de rue : des pensées sur le Sud, sur l'abstinence, sur les bêtes, et un souvenir affectueux du Quichotte.

 
       
   

Un nuage comme tapis, Rivages, 1994 - Rivages poche, 1996 / traduit par Danièle Valin

J'étudie l'hébreu, je lis la Bible. Des pages, des mots m'ont révélé une part de leur vérité et m'ont incité à la faire partager. Je n'ai pas adapté le texte à une interprétation, bien au contraire je m'y suis soumis. Pour bien recevoir une révélation, qu'elle soit grande ou petite, il suffit parfois d'être docile, mot qui désignait à l'origine la disponibilité à recevoir un enseignement.
La Bible est pour le moins une littérature et le Dieu d'Israël est bien le plus grand personnage littéraire de tous les temps. L'idée que l'infini soit omnipotent et agisse sur son infime créature n'a pas encore été dépassée. Le souffle du Dieu qui fait naître les molécules de boue à la vie humaine offre au destin de chacun le fondement d'une grâce et d'une raison. C'est aux grands livres de le donner.

Pour beaucoup, la Bible est un texte sacré. Mais ce qui me touche plus que cette valeur en soi, c'est le sacré qui s'est ajouté, l’œuvre des innombrables lecteurs, commentateurs, savants qui ont consacré à ce livre le plus clair de leur vie. Le sacré de la Bible est devenu, à travers eux, une civilisation. - Erri De Luca

       
   

Acide, arc-en-ciel, Rivages, 1994 - Rivages poche,1996 / traduit par Danièle Valin

Ces vers d'Ossip Mandelstam barrent l'horizon de ce livre. "Le siècle" , titre de cette poésie, prend, dans ce livre, la forme d'un assassin, d'un missionnaire et d'un hôte errant. Autour de leurs voix, la pierre volcanique d'une maison dans les champs. Pierres, mortier, foyer, vent : de la matière s'élèvent un grondement et un chœur derrière leurs récits, qui les pressent et les portent à l'achèvement.
La couleur dominante est le blanc des éclairs qui déchirent le noir d'une nuit fatidique. - Erri De Luca

       
    Une fois un jour
       
    Bibliographie en italien  
   

Non ora, non qui, racconto, Feltrinelli, Milano, 1989
Una nuvola come tappeto, saggi, Feltrinelli, Milano, 1991
Aceto, Arcobaleno, racconto, Feltrinelli, Milano, 1993
I colpi dei sensi, prose, Fahrenheit 451, Milano, 1993
In alto a sinistra, prose, Feltrinelli, Milano, 1994
Prove di risposta, prose, Edizioni Nuova Cultura, Roma, 1994
Pianoterra, articoli, Qiqajon, Bose, Magnano, 1995
Ora prima, prose, Qiqajon, Bose, Magnano, 1997

Traduzioni di testi sacri :

Esodo/Nomi, Feltrinelli « Classici », Milano, 1994
Giona/Ionà, Feltrinelli « Classici », Milano, 1995
Kohèlet/Ecclesiaste, Feltrinelli « Classici », Milano, 1996

 

 

 

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