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Philippe Delerm

Pourquoi - Biographie - La bulle de Tiepolo et Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables - Revue de Presse - Entretien avec Philippe Delerm - Bibliographie > Acheter en ligne

Pourquoi cette rencontre avec Philippe Delerm ?

Un auteur de talent qui habite nos rues, tout près de la rue de Bretagne, dont le roman débute sur la brocante de la rue de Bretagne, la nôtre, eh oui ! Un auteur qui murmure ses plaisirs qui sont aussi les nôtres, les livres et la bonne table... L'ensemble servi par une écriture limpide, furtive et précise, généreuse comme un bon vin ... Pourquoi s'en priver ?

«Ce n’est pas ce que l’on dit qui compte, mais ce qu’on entend»
Philippe Delerm

Biographie

Romancier français
Né à Auvers-sur-Oise le 27 novembre 1950

Après une enfance heureuse auprès de ses parents enseignants, Philippe Delerm poursuit des études de lettres à la faculté de Nanterre avant de devenir enseignant à son tour. En 1975, il se marie et s'installe à Beaumont-le-Roger, dans l'Eure. Il envoie ses premiers manuscrits dès 1976 se heurtant d'abord à des refus d'éditeurs. En 1983, 'La cinquième saison' suscite l'intérêt mais c'est son recueil de nouvelles 'La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules' qui le fait connaître du grand public en 1997. L'auteur, peintre des petits bonheurs et des petits riens de la vie, est le premier surpris de son succès considérable mais garde les pieds sur terre. Toujours professeur dans son petit village, il se rend régulièrement à Rouen afin d'étancher sa soif de lecture chez ses amis libraires et publie aussi des livres pour enfants.

"La bulle de Tiepolo" et "Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables"

Sortie conjointe de deux courts livres signés Philippe Delerm, La bulle de Tiepolo et Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables : D’un côté, un roman-enquête autour de deux tableaux (dont une fresque de Tiepolo, Il mondo nuovo). De l’autre, un recueil de petits récits faisant alterner littérature et nourriture.

LA BULLE DE TIEPOLO
BLANCHE .  128 pages - 10,90 €

RÉSUMÉ DU LIVRE

Deux personnages se disputent un tableau déniché à la brocante de la rue de Bretagne (75003) . Lui est un critique pictural d'âge mûr, qui vient de perdre sa femme et sa fille dans un accident. Il aime ce tableau dont le style lui évoque Vuillard. Elle est une jeune romancière italienne qui connaît un succès inattendu avec un petit livre consacré à Venise, et remarque ce tableau parce qu'il est signé de son propre grand-père. Après cette rencontre inattendue, ils vont partir ensemble pour Venise, où le critique doit étudier une version peu connue d'un tableau de Tiepolo, 'Il Mondo Nuovo', "Le Nouveau Monde", conservé dans une villa palladienne...

« Il aimait ce tableau. La facture lui paraissait évidente, entre Matisse, Bonnard, Vuillard. Le sujet l'intriguait, tableau dans le tableau. Une interrogation silencieuse sur des formes, des attitudes, la justesse d'une représentation du monde - l'objet même de sa propre quête. »

«Toute une foule, vue de dos ou de profil, assistant à un spectacle invisible. Au loin, la mer. Une facture surprenante. Des personnages saisis dans des attitudes familières au cours d'une scène publique. Mais le vrai secret, c'était le personnage grimpé sur un tabouret et qui tient à la main une longue badine, ou une espèce de perche, dont l'extrémité atteint le centre de la scène. Quel sens donner à son geste ?»

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DICKENS, BARBE À PAPA ET AUTRES NOURRITURES DÉLECTABLES
ARPENTEUR (L') .  112 pages - 9,90 € 

Dix-huit textes courts et savoureux évoquent irrésistiblement le goût des plaisirs simples et essentiels.

"Il ne lit pas : il dévore. C'est d'un enfant qu'on dit cela. Qu'en était-il des livres, à l'âge où l'on dévore ? Qu'en était-il du boire et du manger ? Des traces en sont restées, qui donnent envie d'écrire. »

«Merci pour la purée, pour Alain de Botton, pour le vin chaud, pour Léautaud, pour les Mustang de don Pedro, pour Flaubert et la menthe à l'eau, pour la pizza des pas perdus, les nuits anglaises de Dickens et les secrets du mousseux tiède. Bien sûr que l'on dévore encore. Comment se souvenir sinon d'avoir pu dévorer ?»

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Revue de presse

Delerm, c'est un peu comme le théâtre de Tchekhov : on ne sait pas trop à quoi ça tient, mais ça tient ! On a toujours un mal fou à résumer : il ne se passe rien, en fait. Des textes courts, un moment précis mais fugitif, un regard, une lumière, des odeurs, une sensation infime née d'une posture du corps... Mais de ces riens qui font dire que l'auteur minimaliste de «la Première Gorgée de bière» a trouvé, à force de piétiner sa modeste friche, ce que Cesare Pavese réclamait à Marcel Proust, à l'esprit de Proust : «Proust, apprends-moi à dire le monde selon moi, moi qui sens le monde selon moi.» Sentir le monde selon soi, c'est exactement cette forme de pouvoir presque occulte qui fait l'écrivain véritable et en même temps l'isole de tous les autres. Ce n'est pas un hasard si le nouveau roman de Philippe Delerm, «la Bulle de Tiepolo», porte justement sur un écrivain, isolé des autres par le succès... L'auteur n'a pas eu à chercher bien loin son modèle, et s'il le transforme dans son récit en une jeune femme, une Vénitienne accablée par les malentendus d'un succès de librairie qui l'installe «au rang de phénomène socio-logique», le procédé n'en demeure pas moins transparent sous les louables efforts d'un exotisme de pacotille dont Venise fait ici les frais. Et c'est un régal, disons-le. La carte postale qu'inspirent à Philippe Delerm ces attroupements beaufissimes de gondoles louées par des Japonais en extase, pour qui l'on braille à la demande «O sole mio» ou un «Ave Maria», est en soi un chef-d'oeuvre...
Jean-Louis Ezine - Le Nouvel Observateur du 19 mai 2005

... «La bulle de Tiepolo» : un court roman qui lie Antoine, critique d'art, veuf, désoeuvré, à Ornella, étudiante prolongée, italienne et best-seller pour son ouvrage «Granité Café» qui fait l'éloge des... plaisirs minuscules. Une sorte de Delerm vénitienne qui se gausse et s'ennuie de son propre succès. Un tableau va les réunir et un aïeul, peintre mystérieux, qui les conduiront ensemble de la Sérénissime à l'île de Burano. Plaisirs ténus, écriture furtive, sentiments diffus mais précis, amour esquissé, nostalgie déjà suggérée : comme toujours chez Delerm, qui mit autrefois en scène sentiment amoureux et peinture dans le délicieux «Sundborn ou les jours de lumière», c'est le ton qui compte, la présence du jour qui passe, de l'instant à retenir. Sitôt la dernière ligne achevée, on se plaît à reprendre la première page, et à relire encore, le plaisir intact...
Gilles Pudlowski - Le Point du 19 mai 2005

Et de deux ! Avec un court roman savoureux et une exquise série de brefs récits, Philippe Delerm le vorace s'apprête à envahir les librairies. Le sourire aux lèvres. Car l'auteur de La Première Gorgée de bière... s'amuse comme un fou. Fort averti des critiques des intellectuels, qui font désormais la fine gueule devant ses fragments, il les devance, les justifie, avant de les anéantir. C'est l'objet de La Bulle de Tiepolo, suivi d'évocations typiquement «delermiennes» des lieux, odeurs, sensations et petits riens, Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables... A coups de deux, trois pages maximum, les enthousiasmes de Delerm se révèlent digestes et légers. Leur vocation ? Ouvrir l'appétit et laisser au lecteur le soin d'écrire son propre acte III. Vorace mais partageur, Delerm.
Marianne Payot - L'Express du 9 mai 2005

Rencontre avec Philippe Delerm

Quel est le sujet de La bulle de Tiepolo ?

Philippe Delerm — La peinture, comme souvent dans mes romans. Cependant, le véritable point de départ du livre n'est pas une œuvre de Tiepolo, mais un tableau un peu mystérieux de la fin du XIXe siècle, représentant la Seine, pour lequel j'ai eu un vrai coup de cœur. Et c'est autour de ce tableau, déniché dans une brocante parisienne, que se rencontrent les deux personnages principaux du roman : Antoine, critique pictural meurtri par la vie — sa femme et ses deux filles sont mortes accidentellement — et Ornella, une jeune enseignante italienne qui vient de connaître le succès littéraire avec un petit livre sur sa ville, Venise. Lui veut absolument ce tableau parce que la technique du peintre lui évoque la première manière de Vuillard, et il est précisément en train d'écrire un ouvrage encyclopédique sur ce peintre ; elle le veut tout autant parce qu'il est signé de son propre grand-père, dont elle ne sait rien ou presque.

Et le tableau de Tiepolo

Philippe Delerm — C'est l'autre œuvre picturale qui réunit les personnages, cette fois à Venise : il s'agit d'une fresque de Giandomenico Tiepolo, Il Mondo Nuovo, « Le monde nouveau » — rien à voir avec le Nouveau Monde. En cette fin de XVIIIe siècle, de quel « monde nouveau » s'agit-il ? L'énigme du titre demeure, et ce n'est pas l'œuvre elle-même qui aide à y voir plus clair : une foule de personnages, de toutes catégories sociales, est rassemblée au bord de la mer ; un personnage central, juché sur un tabouret, brandit une baguette vers le ciel et tente d'attirer l'attention vers lui, mais personne ne paraît s'apercevoir de son existence. Le tableau baigne dans une lumière bleu pâle assez onirique. Curieusement, il en existe trois versions quasi identiques, mais l'une, située dans une villa de Palladio à Vicence, présente une variante significative : au bout de la baguette semble se tenir une bulle de savon. Je dis « semble » car rien ne permet de décider s'il s'agit d'une figuration volontaire ou d'une altération accidentelle de l'enduit. Là encore, mystère, mais cela m'a tout de suite parlé.

De quelle manière ?

Philippe Delerm — Antoine s'est replié dans une bulle — qui n'est autre que l'énorme ouvrage qu'il rédige — afin d'échapper à son questionnement sur la douleur, sur les gens qui passent et disparaissent. Ornella aussi, à sa façon, vit dans une bulle. Plus largement, il y a dans tous mes livres le désir d'arrêter le temps pour l'enfermer dans une bulle qui, pour moi, symbolise l'enfance : la caractéristique du monde enfantin est de tenir dans un cercle.

Croyez-vous possible de saisir le temps ?

Philippe Delerm — J'essaie, mais au prix très lourd du retour de la nostalgie et de la mélancolie. Mes textes courts sont autant de tentatives d'enfermer des éclats de vie dans une bulle, mes romans autant de questionnements sur le temps et la possibilité de l'arrêter. Plus largement, je dirais que nous sommes tous des Sisyphe, mais je crois que Sisyphe peut être heureux s'il parvient à arrêter un instant de rouler sa pierre. Certes, rouler sa pierre donne son sens à la vie. Mais il faut savoir se ménager des pauses pour accéder à la saveur du monde.

Bibliographie

LA PREMIÈRE GORGÉE DE BIÈRE ET AUTRES PLAISIRS MINUSCULES [1997] , 96 pages, 118 x 185 mm. Collection L'Arpenteur, Gallimard -nouv. ISBN 2070744833. 11,90 €

IL AVAIT PLU TOUT LE DIMANCHE [1997] , 128 pages, 118 x 185 mm. Collection bleue (1998), Mercure de France -rom. ISBN 2715220316. 12,50 €

ELLE S'APPELAIT MARINE , illustrations de Martine Delerm, 128 pages, ill., sous couv. ill., 124 x 178 mm. Collection Folio Junior, nouvelle présentation (No 901) (1998), Gallimard Jeunesse -rom. ISBN 2070521583. 4,80 €

SUNDBORN OU LES JOURS DE LUMIÈRE , 224 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 3041) (1998), Gallimard -rom. ISBN 2070403912. 4,70 €

AUTUMN , 320 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 3166) (1999), Gallimard -rom. ISBN 2070403920. 6,00 €

IL AVAIT PLU TOUT LE DIMANCHE , 120 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 3309) (1999), Gallimard -rom. ISBN 2070411559. 4,10 €

LA SIESTE ASSASSINÉE [2001] , 112 pages, 118 x 185 mm. Collection L'Arpenteur (2000), Gallimard -nouv. ISBN 2070758354. 11,90 €
Le même ouvrage , 112 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 4212) (2005), Gallimard -nouv. ISBN 2070308065. Parution : 05/05/05. 3,50 €

MISTER MOUSE OU LA MÉTAPHYSIQUE DU TERRIER , 176 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 3470) (2001), Gallimard -rom. ISBN 2070416542. 4,10 €

MONSIEUR SPITZWEG S'ÉCHAPPE [2001] , 64 pages sous couv. ill., 100 x 160 mm. Collection Le Petit Mercure, Mercure de France -nouv. ISBN 2715222769. 3,00 €

EN PLEINE LUCARNE [2002] . Nouvelle édition, 140 pages sous couv. ill., 124 x 178 mm. Collection Folio Junior, nouvelle présentation (No 1215), Gallimard Jeunesse -rom. ISBN 2070536114. 4,80 €

LE PORTIQUE , 192 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 3761) (2002), Gallimard -rom. ISBN 2070421813. 4,10 €

LA CINQUIÈME SAISON , 160 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 3826) (2003), Gallimard -rom. ISBN 2070421821. 4,10 €

LES AMOUREUX DE L'HÔTEL DE VILLE , 160 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 3976) (2004), Gallimard -rom. ISBN 207030227X. 4,70 €

LE BUVEUR DE TEMPS , 160 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 4073) (2004), Gallimard -rom. ISBN 2070302261. 4,70 €

LA PREMIÈRE GORGÉE DE BIÈRE ET AUTRES PLAISIRS MINUSCULES [2004]. Lu par Jean-Pierre Cassel . Contient 2 CD audio. Durée d'écoute : env. 2 heures sous couv. ill., 140 x 125 mm. Collection Écoutez lire, Gallimard -nouv.

UN ÉTÉ POUR MÉMOIRE , 160 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 4132) (2004), Gallimard -rom. ISBN 2070305090. 4,10 €

LA BULLE DE TIEPOLO [2005] , 128 pages, 118 x 185 mm. Collection blanche, Gallimard -rom. ISBN 2070771202. Parution : 05/05/05. 10,90 €

DICKENS, BARBE À PAPA ET AUTRES NOURRITURES DÉLECTABLES [2005] , 112 pages, 118 x 185 mm. Collection L'Arpenteur, Gallimard -nouv. ISBN 2070767604. Parution : 05/05/05. 9,90 €

DICKENS, BARBE À PAPA ET AUTRES NOURRITURES DÉLECTABLES [2005]. Lu par Jean-Pierre Cassel. Texte abrégé . Contient 1 CD audio. Durée d'écoute : environ 1 heure sous couv. ill., 140 x 125 mm. Collection Écoutez lire, Gallimard -nouv. Parution : 13/05/05.