Enki Bilal < Librairie Comme un roman < Loisirs et sorties < Marais

Librairie
27, rue de Saintonge - 75003 Paris le Marais
Tél.: 01 42 77 56 20
-
e-mail
Accueil Rencontres Bibliographies Conseils de lecture L'espace critique Forum des lecteurs

Liens

             
 > Auteurs & bibliographies

      > Enki Bilal

 


Biographie
Bibliographie
A propos du 32 DÉCEMBRE et du SOMMEIL DU MONSTRE
Extraits d'entretiens
Revue de presse


Copyright Christophe Beauregard


Enki Bilal : biographie

1951, naissance à Belgrade.

1961, brisure de l’exil pour la banlieue parisienne.

1975, Rencontre avec Christin, scénariste de Valérian. Ils créent ensemble des albums de politique fiction sans héros.

1980, Débuts en solo avec  « La Foire aux Immortels »

1987, Grand Prix du Festival International de la BD d’Angoulême.

1989, Premier film,  Bunker Palace Hôtel .

2003, La guerre ethnique en Yougoslavie avait réveillé « Le Sommeil du Monstre » dont la suite « 32 décembre » vient de paraître.

Prochainement : sortie de son nouveau film.

Bibliographie non exhaustive 

Aux Humanoïdes Associés :

-          1978 : Mémoires d’outre-espace

-          1996 Mémoires d’outre temps

-           Avec Pierre Christin : 1975-1979 :

·          La croisière des oubliés

·         Le Vaisseau de pierre

·         La vile qui n’existait pas

·         Les phalanges de l’Ordre noir

-          1980 La Foire aux immortels

-          1983 : Partie de Chasse avec Pierre Christin 

-          1986 : La Femme piége

-          1992 : Froid Equateur

-          1998 : Le Sommeil du monstre

-          1999 : L’Etat des Stocks

-          2002 : La Trilogie Nikopol

-          2003 : Légendes d’Aujourd’hui avec Pierre Christin

-          2003 : 32 décembre 

Dans Le Sommeil du  monstre, les rayons lasers de la secte détruisent  Le Chrystal Building et la Tour Eiffel. Nous sommes en septembre 1998 et l’album vient de sortir... Trois ans plus tard, c’est le 11 septembre.  De la science fiction trop inhumaine pour être crédible, aurait-t-on dit, il y a deux ans… ????  

Alors inquiétude, qu’annonce 32 décembre ?

Surprise le livre parle d’amour. De  manipulation mentale, de clonage, de la corruptions des âmes et corps, de la planète. La vieillesse, la mort aussi. Les héros sont beaux, Leyla et Sacha. On retrouve le site de l’Aigle et son mystère venu de l’espace.

N’empêche, 32 décembre parle surtout d’amour. C’est nouveau. De l’amitié, de la tendresse il y en avait dans Le Sommeil Du Monstre , entre les 3 orphelins de Sarajevo.

En 5 ans, le temps d’un film et d’un album, l’amitié a changé de nature. Amir et Sacha, les amants nihilistes, survivent à peine.. Leyla succombe à un faux Nike, le vrai  ( attention aux faux-semblants de Bilal) plonge dans la jalousie. D’autant qu’il apprend que son frère de lait, Amir est vivant et les larmes sourdent. Alors un optimiste pessimiste romantique ?

32 décembre est « filmé » à hauteur d’Homme. Les décors estompés sont justes décors, les villes et les luttes de pouvoirs sont moins importantes, ce qui comptent ce sont ces rapports humain, et l’amour , qui sauve les personnages et le monde. Beauté Positive ?

Là aussi c’est nouveau, si le premier volume était gris, ocre, rouge, poussière et sang, Bilal a tâché le second de vert tendre, d’une fraîcheur dont,  il l’avoue, il est le premier étonné.

32 décembre est une histoire à trois voix. Celles de Leyla, Amir, et Nike. Trois orphelins de Sarajevo aux 4 coins du monde

Nike
….Qu’une micro bombe atomique explose à mes pieds , qu’un éclats de terrasse pulvérise mon nez ( troisième fois en un an ), tout, en ce fragment de temps à la violence extrême, aurait dû me mettre la puce à l’oreille (elle-même soufflée par la déflagration). Tout aurait mieux valu que l’Invitation . Car c’est ici e que tout recommence

Amir
Je serrai très fort dans son corps et cette nouvelle peau anthracite tout droit sortie de mes cauchemars. Très fort et très longtemps. Comme pour tenter d’en conjurer l’extravagance.

Leyla
Nike resta autant de temps que les neufs autres dans la grotte. Comme les 9 autres, dès son retour, il demande à l’huissier une feuille de papier et un crayon , et comme les autres il se tut pendant de longues heures. Enfin, comme pour pour les 9 autres, sa première phrases fut un triple question ,identique au mot près : « Le carbone 14 dit quoi sur les os et les obus ? Les recoupements avec les éléments de l’inventeur disent quoi sur la grotte ensevelie ? Le 32 décembre c’est quand ? »

Exergue du volume 2
« Un allemand à Picasso devant Guernica :
-C’est vous qui avez fait cela ? 
–Non, c’est vous. »

Le 32 décembre s’inscrit dans la série débutée par Le Sommeil du Monstre parue en 1998. Un troisième volume viendra clore cette série.

A propos du Sommeil du monstre

« J’ai 10 jours, je me souviens….L’explosion terrible qui déchire le ciel de nuit et fait pleuvoir dans l’hôpital n’est ni un tir d’artillerie, ni une bombe…C’est un coup de tonnerre de mon tout premier orage. Une colère du ciel qui me rassure, autrement plus impressionnante que le feu des hommes….Car je suis un orphelin de10 jours heureux de sentir la nature plus forte qu’eux. Ce même jour J.10, un infirmière dépose un paquet dans le grand lit blanc, Amir et Moi. Ce paquet de quelques heures à peine s’appelle Leyla Mirkovic… Pour la première fois, nous voici réunis tous les 3 . Nos têtes encastrées les une dans les autres et nos corps tendus comme les branches d’une étoile. Je le mets à l’écoute des bruits de nos vies. Je suis l’aîné vieux de 10 jours, l’orphelin heureux qui aime Leyla, qui aime Amir , et qui aime le bruit du ciel en colère

Le Sommeil du monstre est avant tout un livre sur la mémoire.
Mémoire individuelle, collective et prospective, où se mêlent des images écrites de l’éclatement de la Yougoslavie,  «  lieu » de naissance d’Enki Bilal et des images peintes d’une étrange conjugaison passé-présent-futur.
Mémoire potentielle aussi, plausible, et pourtant à éviter, dans la mesure du possible. Une mémoire qui n’aurait tiré aucune leçon sérieuse du trop extraordinaire 20ième siècle.
Note d’espoir cependant, à laquelle teint l’auteur : ses personnages ont encore besoin d’aimer.

Extrait d’entretiens :

Quelle influence a eu le 11 septembre sur  32 décembre ?
J’ai modifié radicalement sa structure et son intrigue (…)

Vos questions à vous quelles sont-elles ?
Inconsciemment, et je livre là une analyse a posteriori, elles portent sur la place de l’homme dans la société dont il fait partie, sur la manipulation, sur la connaissance. Et ces grains de sables qui grippent les mécanismes. A l ‘échelle de la planète, mes questions sont écologiques, scientifiques, médicales. Comme le dit Paul Virilio, fabriquer demain un avion de 10000 places, c’est fabriquer l’accident qui va avec. Nous sommes en train de faire de nôtre planète un vaisseau incontrôlé qui va dans le mur.

La question de la mémoire qui se perd de plus en plus vite ? La part d’autofiction dans Le Sommeil Du Monstre et 32 décembre  est une manière de rattraper ?
L’autofiction qui est en vogue en ce moment «  Je me raconte » ne n’intéresse pas. (… ) Je suis incapable de parler de ma vie. (… ) L’autofiction c’est le refus d’avancer.

L’amour  occupe une place important dans 32 décembre, c’est nouveau ?
Non, c’est naturel. Je ne sais pas encore ce que sera la suite de la trilogie, (… ) un huis clos ? (… ) Quelque chose d’une grande tendresse ? (… )Dans 32 décembre, le décor déjà s’efface devant les personnages : pas disparition mais dilution. (… ) Je préfère jouer sur les matières, sur ce qui fait avancer les uns et les autres. Une abstraction presque
 
Un public fidèle vous a suivi dans toutes vos évolutions
Il est vrai que j’ai énormément changé et que, graphiquement, mes derniers albums n’ont plus rien à voir. Il y a eu rupture, changements techniques.
Mais c’est surtout personnel : jamais je n’aurais fait ces nouveaux albums si je n’avais pas eu le sentiment d’évoluer. Après la trilogie Nikopol, il fallait qu’il se passe quelque chose…Et c’est cette guerre ( Yougoslave ) qui m’a sorti de mes gonds et a donné Le Sommeil du Monstre. L’évolution, c’est un engagement personnel de ne pas se répéter – même si je suis conscient à l’inverse de ressasser le même thème-. Une petite vie humaine ne suffira pas à l’épuiser
 
Vous connaissez les grands thèmes du troisième volume. ?
- Les personnages m’entraînent. Ce sont eux quoi décident pour moi (..) Et  Que sera devenu le monde ? (… )
 

Revue de presse :

« Bilal, cet accélérateur de particules contemporaines » Le Point

« L’art est un enfant des crises et des guerre », « l’Homme est très bonne pâte à modeler « , «  le rôle de l’artiste est de s’engager » E.Bilal, L’Express

« Plus que jamais il s’interroge sur la liberté, l’extrémisme, la violence, et cette société du spectacle qui offre au terrorisme une scène sans limite. » L’Express

«  Sombre poète visionnaire… Son prodigieux nouvel album crée l’événement. Sombre et poétique »  Le Figaro.

«  Sereine  inquiétude, … une nouvelle problématique : la dimension artistique du mal » Le Point

« Ce qui est important c’est la trace que l’actualité laisse dans la mémoire et imprime sur l’imaginaire. Lorsqu’un thème me touche, je ne sais jamais comment il va faire intrusion dans mon travail. .. je fonctionne par imprégnations et obsessions, je ne suis pas arrivé au bout de mon monde » E. Bilal dans Libération

« L ‘apocalypse, ultime happening, 32 décembre, la tentation des sentiments, … Bilal tente l’amour, la passion, les sentiments, le réel donc… Il s’expose plus que dans aucun autre livre. Rien que ça, c’est déjà énorme «  Métal Hurlant

Biographie - Le dictateur et le hamac - Revue de presse - Interview - Bibliographie