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Pourquoi une rencontre - portrait avec Raymond Federman ?
Nous l'avouons, nous avons découvert
Ferderman il ya peu de temps, et ce fut une grande surprise de se
plonger dans cette littérature pas comme les autres. Déjà il y a
l'homme, Monsieur Federman, ce caméléon, qui a tout fait, de golfeur
à poète, de champion de natation à, et surtout, écrivain et
romancier, sans omettre qu'il fut grand ami de Beckett. Son écriture
est très singulière, elle va loin à travers des formes variées,
fragments suivis, notes , aphorismes, brèves nouvelles, le tout
formant toujours un roman se tenant bien debout sur ses mots avec
tout ce qu'il faut d'ironie, du sens de la formule pour nous amuser,
faire rire avec intelligence et acuité à chaque page. Cet auteur
jouit véritablement au USA d' une renommée considérable. C'est
qu'il a tout simplement révolutionné le roman moderne et ce n'est
pas sans rapport avec son amitié avec Beckett.
Cet homme est un singulier, de ceux
qui, ni dans la vie, ni dans ses créations romanesques, qui se
remplacent par d'autres. Son don de la tonalité, du mot juste fait
qu'il nous surprend, épanouie et ravie en permanence.
Ainsi l'ayant découvert il y a peu ,
sa venue nous a semblé l'occasion rêvée que vous découvriez à votre
tour cet homme-ecrivain doué pour les pirouettes !
Karine & Xavier
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Biographie
Raymond Federman a publié une quarantaine de livres aux États-Unis
(romans, poésies essais – il est notamment l’un des plus grands
spécialistes de Samuel Beckett). Une quinzaine de ces ouvrages ont été
traduits, principalement en allemand, mais également en japonais et en
espagnol. L’édition française a longtemps boudé son œuvre – à
l’exception des Impressions Nouvelles, qui publièrent La
Voix dans le débarras (janvier 2002), avec une postface de Maurice
Roche. Les éditions Al Dante ont publié Amer Eldorado 2/001
(février 2003) et La Fourrure de ma tante Rachel (septembre
2003). À paraître également (en mars 2004) : Double or nothing.
Raymond Federman né à Paris,
dans une famille ouvrière juive. Après la guerre, il se décide à
partir aux Etats-Unis où il exercera les métiers les plus divers. Pour
survivre, il va jusqu’à s’engager comme volontaire durant la guerre de
Corée. Ayant brusquement découvert l’écriture, il entamera une double
carrière d’universitaire et de romancier. Grand ami de Beckett, il
compte aux Etats-Unis parmi ceux qui ont révolutionné le roman
moderne. Depuis le début, son écriture s’est voulue résolument
bilingue. En français, Raymond Federman a notamment dirigé le
Cahier de l’Herne sur Beckett.
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Le nouveau
Federman : Mon corps en neuf parties
96 pages - 15 € Al Dante
Récit anatomique et métaphysique.
Un homme décrit neuf parties de son corps comme autant de prétextes
pour décrire sa vie, les événements marquants de son existence.
Raymond Federman épelle le corps de Federman comme il écrit son
histoire, en mouvement et en accidents. Des pieds à la tête, des
ongles de pieds taillés la veille aux cheveux que lui coupait sa mère,
un sujet apparaît sous différentes coutures, comme ces cicatrices,
elles aussi au nombre de neuf, neuf témoins d'une vie se riant
d'elle-même.
Chaque organe, qu'il soit sexuel ou vocal, donne à lire ce que le
sujet a traversé, les morceaux d'une existence remantelée au fil du
texte, au long de ce parcours corporel et temporel. Une voix émerge en
dessinant ce que les yeux ont vu, le nez senti et les phalanges
touché, les sensations qui les ont formés et ce dont ils sont pétris.
Dans ce regard porté sur soi se reflètent d'autres corps, des "grands
yeux noirs" de sa mère au sourire de sa femme – de la beauté à la
beauté.
Un regard gourmand posé sur soi comme sur la vie – le texte physique
d'un corps éprouvé.
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Quitte ou
double -
Raymond Federman
336 pages - 20 €
- Al Dante
Traduit de l'anglais (U.S.) par Eric Giraud
Authentique fiction. " LE " roman des Nouilles " de Federman : une
nouvelle mise en abîme par un écrivain prolixe et gourmand, nourri de
littérature française et anglo-saxonne, de Diderot à Beckett, en
passant par Sterne et Céline.
Dans Quitte ou double, les pages prennent corps par les
mots, concrétion physique et matérielle qui leur donne forme et sens.
Pour chaque page, Federman invente une structure nouvelle, images ou
diagrammes dessinant une voix. Les mots se déplacent, se ramassent, se
bousculent et se heurtent en une excursion, un tour de force mêlant
calembours, pastiches et parodies. En cet espace de jeu espiègle et
étincelant se côtoient 3 instances et 2 récits, soit plusieurs
histoires simultanées : Un homme (le narrateur, niveau 1) veut relater
les faits et gestes d’un individu (le rédacteur, niveau 2) décidé à
s’enfermer 365 jours pour écrire une année de la vie d’un jeune garçon
(le personnage, niveau 3) juif arrivé en Amérique au lendemain de la
Seconde Guerre mondiale. Mais chacune de ces instances est trop
obsédée par sa propre histoire pour qu’aucun récit puisse être mené à
bien — sinon celui de l’élaboration textuelle elle-même.
Jouant habilement d’une même histoire reprise de livre en livre,
Raymond Federman compose un texte tour à tour amusant et désespérant,
où nouilles, papier toilette, pâte dentifrice, métro et chaussette
pleine de dollars deviennent les pierres de touche de la découverte de
Nouveaux Continents : l’Amérique, et le texte.
" Quitte ou double " : réfléchir monde et mots au risque de se
retrouver devant la réalité nue, crue, au terme de cette avide
exploration de la langue, pâte et nouille sans cesse pétrie, goûtée,
mise en bouche et savourée, jusqu’au dernier morceau d’un mesclun de
procédés textuels et sensuels à la fois léger et substantiel.
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Amer Eldorado -
Raymond Federman
330 pages - Al Dante - 20 €
Roman moderne.
Un jeune émigré juif français, dont la famille est exterminée dans les
camps de concentration, décide d’aller tenter sa chance en Amérique. À
la fois dur et drôle, ce récit se situe radicalement du côté de la
vie.
Dans les années 40, Raymond Federman — jeune juif de la banlieue
parisienne — se réfugia en Amérique. Presque quarante ans plus tard,
il écrivit Amer Eldorado, livre dense et drôle, narration qui
ne respecte pas l’ordre linéaire et rectangulaire de la page imprimée
et éclate dans tous les sens : effets de typographie, ruptures de la
narration, insertion de listes, etc.
Amer Eldorado pourrait être comparé à Rabelais ou Tristam
Shandy de Laurence Sterne... version cynique jouissif
contemporain.
Ce livre, qui devait être publié aux éditions Stock, fut nommé pour le
prix Médicis en 1974. Mais il tomba dans l’oubli, suite à d’importants
changements survenus cette même année dans cette maison d’édition. On
doit aux éditions Weidler (Berlin, 2001) une première réédition de ce
roman exceptionnel.
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La Fourrure de ma
tante Rachel
-
Raymond Federman
264 pages - Al Dante - 20,00 €
" Roman improvisé en (triste) fourire ".
Récit rhapsodique, " racontar " autofictionnel par l’avide de vivre,
de rire et décrire Raymond Federman.
Quand Raymond, raconteur, relate sa vie à un écouteur professionnel
— Federman —, il dessine une existence foisonnante en quelques scènes
: le seau hygiénique résume l’enfance désargentée, les femmes aimées
témoignent d’une existence nourrie d’étreintes et de conflits, le jazz
exalte l’Amérique et ses complexités, et la famille incarne l’histoire
personnelle et collective, cette humanité dont le protagoniste se sait
issu et exclu. La famille, sa judéïté, avec ses vivants — oncles et
tantes honnis partis en 1940 sans Raymond et les siens — et ses morts,
mère, père et sœur " changés en savonnettes et abat-jour " par l’"
énormité impardonnable ". Et la tante Rachel, vivante mais exilée,
ayant fui dès avant la guerre son enfance orpheline. Rachel la
sublime, la fortunée, de retour elle aussi, libre et amoureuse.
Quand Federman écoute Raymond, le raconteur ne cesse d’explorer
l’espace de liberté entre réel et imaginaire, ce lieu de la fiction où
sont convoqués souvenirs et jeux littéraires, figures inventées et "
vrais noms de vraies personnes " : Céline, Francis Ponge, Charlie
Parker, Max Jacob, Doubrovsky, Diderot... points de repères, maîtres à
penser dont l’influence n’est présente qu’autant que Federman s’en
démarque pour composer son œuvre propre, récit rhapsodique en cadences
et improvisations, " racontar " cousu de souvenirs, de " cochonneries
pas racontables " et d’élucubrations. Un roman patchwork tissé de
verve, d’humour et d’une constante réflexion sur les jeux de
l’écriture.
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