Auto Interview
de la Libraire par la Libraire
Pourquoi avoir choisi Luc
Lang pour 11 septembre mon amour?
Parce que s'il y a un seul livre de la
rentrée littéraire 2003 à lire sur le 11 septembre, c'est bien
celui-ci. Entre récit de voyage, réflexion critique sur les USA ,
hommage aux voix authentiques des victimes, en plus d'un écho aux
voix des indiens d'Amériques Blackfleet vivant dans une réserve du
Montana ( où se trouvait Luc Lang le 11 septembre ), cette oeuvre
littéraire qui - attention n'est pas un essai mais une oeuvre
hybride à l'alchimie délicate et pertinente -est la plus humble de
la rentrée (CF BEIGBEIDER et son roman poisseux). Car ce livre ne
s'empare, ni ne s'approprie l'événement , ni aucune mémoire. Au
contraire il fait parler celles de ceux qui ont quelque chose à en
dire, dont Luc Lang lui-même puisqu'il y était et qu'il a eu
l'intelligence, douée d'une pudeur engagée, de mettre en écho les
voix des morts : ceux des indiens exterminés, de Nagasaki et
Hiroshima, ainsi que ses propres morts : celles des illusions sur
un pays qu'il arrivait pour découvrir... Si l'auteur était là-bas,
ce 11 - 09, il y était à sa manière, il y était un matin alors qu'il
s'apprêtait à parcourir les terres indiennes avec un indien Blackfleet
vivant dans un réserve du Montana, lui, Luc Lang, ce passionné par
les indiens, leur terre et leur histoire et pour qui, ne l'oublions
pas, c'était le premier voyage en terre d'Amérique.
Alors oui, il y a de l'humilité dans
cette oeuvre, qui plus que raconter, donne à penser, à partager, et
réfléchit nos propres ombres et questions. Et puis il y a cette
écriture qui ne ment pas, ne triche pas, qui ne s'écoute pas, qui se
cherche pour dire au plus près ce que lui Luc Lang voudrait
nous offrir.... Et c'est là la marque d'un style.
Un mot sur le titre: Pourquoi avoir
choisi celui qui lui vaudrait tant de critiques injustifiées ?
Simplement parce que "mon
amour" rappelle ces mots d'amour qu'ont laissés par
portables les victimes à leurs proches, avant la mort, leur mort.
Alors ce titre, oui c'est un hommage. Et une bel hommage.
Extrait " Il y a ceux qui n'ont
prononcé ni mots d'amour, ni mots d'adieu, ni poésie, ceux-là ne
pensaient pas mourir...Ils ne sont pas encore des voix
d'outre-tombe" Et puis il y a eu les autres...
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