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Auteurs |
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Andreï Makine |
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La femme qui attendait
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Bibliographie
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Biographie
Né en 1957 en Sibérie, à Krasnoïarsk,
Andreï Makine, après avoir suivi ses études à
l’université Kalinine, à Moscou, et enseigné la philosophie à Novgorod
débarque en France en 1987. Ses conditions de vie sont précaires, et
très vite Makine décide de se consacrer à l’écriture. Ses manuscrits
rédigés en français sont dans un premier temps refusés. Il parvient
tout de même à imposer un premier texte intitulé La Fille d’un
héros de l’Union soviétique en 1990. C’est le début d’une grande
carrière littéraire avant la consécration en 1995 et la double
obtention des prix Goncourt et Médicis pour Le Testament français.
Après sept romans, Andreï Makine a réussi à imposer un style savant et
ample, qualifié par certains de poétique, par d’autres, plus
communément de néo-classique.
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Andreï Makine, «La
femme qui attendait»
Roman. 216 p, 01/01/04, Collection : Cadre rouge Prix : 18 €
Mirnoïé, milieu
des années 70 : un village hors du temps sur les bords de la mer
Blanche, peuplé de veuves octogénaires dont les maris sont morts dans
les combats contre le nazisme. Un camionneur géorgien à l’humour
truculent et mélancolique, obsédé sexuel mais profondément bon, prend
à son bord le jeune thésard venu de Leningrad, narrateur de ce récit,
et entreprend son éducation sentimentale. «Dans l’amour [’], pour ne
pas souffrir, il faut être un porc. Tu vois une femelle, tu la baises,
tu passes à la suivante. Surtout, n’essaie pas d’aimer ! Moi, j’ai
essayé, j’ai écopé de six ans de camp.» Mais à côté de toutes ces «
truies », il parlera aussi, d’une voix sourde, de «celles qui ne le
sont pas». «Celles-là souffrent ’ Comme Véra», qui vit au milieu des
vieilles et que connaît le jeune homme. Mais qui est cette femme qui a
fait de sa vie une attente infinie ?
«Une femme si intensément destinée au bonheur (ne serait-ce qu’à un
bonheur purement physique, oui, à un banal bien-être charnel) et qui
choisit, on dirait avec insouciance, la solitude, la fidélité envers
un absent, le refus d’aimer» Il reste quinze ans avant la chute du
rideau de fer. Cette histoire "celle d’une femme qui a fait de sa vie
une attente infinie" est à nouveau, comme La Musique d’une vie,
un pur joyau. Elle pourrait avoir été écrite par Tolstoï. On dirait, à
la lire, que le principal aboutissement du communisme serait
l’emprisonnement du Temps : isbas inhabitées, paysages paléolithiques,
et derrière toute cette rudesse qui n’attend rien, un incroyable
frisson de grâce. Une chose est sûre : Andreï Makine est déjà un
écrivain classique.
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AU TEMPS DU FLEUVE AMOUR
, 272 pages sous couv. ill., 108
x 178 mm. Collection Folio (No 2885) (1996), Gallimard -rom.
ISBN 207040062X. 4,50 €
Andreï Makine ouvre
son roman sur une scène rêvée de notre Occident. Un fantasme qui nous
fera mesurer l'étendue de notre dépaysement.
Les personnages appartiennent à un autre monde : le pays du grand
blanc, au bord du fleuve Amour.
Dans ces lieux de silence, la vie pourrait se confondre avec de
simples battements de coeur si chaque mouvement de l'âme n'apportait
sa révélation. Alors, le désir naît, de la sensualité des corps comme
de la communion avec la nature offerte. L'amour a l'odeur des neiges
vierges dans la profondeur de la taïga.
Soudain, tout est bouleversé.
L'Occident fait signe. D'abord un train qui passe, le mythique
Transsibérien. Puis un film français, vision d'une existence
éblouissante, appel peuplé de grandes actions et de créatures
sublimes.
Le vertige d'une autre histoire née sur les rives du fleuve Amour, aux
berges de l'adolescence.
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LE TESTAMENT
FRANÇAIS [1995] , 320 pages,
140 x 205 mm. Collection bleue, Mercure de France -rom.
ISBN 2715219369. 18,50 €
«Je me souvenais
qu'un jour, dans une plaisanterie sans gaîté, Charlotte m'avait dit
qu'après tous ses voyages à travers l'immense Russie, venir à pied
jusqu'en France n'aurait pour elle rien d'impossible [...]. Au début,
pendant de longs mois de misère et d'errances, mon rêve fou
ressemblerait de près à cette bravade. J'imaginerais une femme vêtue
de noir qui, aux toutes premières heures d'une matinée d'hiver sombre,
entrerait dans une petite ville frontalière. [...]. Elle pousserait la
porte d'un café au coin d'une étroite place endormie, s'installerait
près de la fenêtre, à côté d'un calorifère. La patronne lui
apporterait une tasse de thé. Et en regardant, derrière la vitre, la
face tranquille des maisons à colombages, la femme murmurerait tout
bas : "C'est la France... Je suis retournée en France. Après... après
toute une vie."»
Ce roman, superbement composé, a l'originalité de nous offrir de la
France une vision mythique et lointaine, à travers les nombreux récits
que Charlotte Lemonnier, «égarée dans l'immensité neigeuse de la
Russie», raconte à son petit-fils et confident. Cette France,
qu'explore à son tour le narrateur, apparaît comme un regard neuf et
pénétrant sur le monde.
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LA FILLE D'UN
HÉROS DE L'UNION SOVIÉTIQUE ,
trad. du russe par Françoise Bour , 224 pages sous couv. ill., 108 x
178 mm. Collection Folio (No 2884) (1996), Gallimard -rom.
ISBN 2070400972. 4,50 €
«Il semblait que le
monde allait tressaillir et qu'une fête sans fin allait commencer ici
et sur la terre entière.»
Olia est née, un jour de novembre, dans cette atmosphère de liesse de
l'après-guerre où tout paraît possible.
Mais les rêves que construit Ivan, le héros décoré de l'Étoile d'or de
l'Union soviétique, à la naissance de sa fille ne sont qu'illusions.
Dans ce premier roman, Andreï Makine brosse le portrait d'une
génération perdue, dans une langue superbe de vérité.
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CONFESSION D'UN
PORTE-DRAPEAU DÉCHU , 160
pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio (No 2883)
(1996), Gallimard -rom. ISBN 2070401146. 4,50€
Émigré à Paris, Kim s'adresse à son ami
d'enfance, Arkadi. Avant d'être séparés à l'âge de quatorze ans, les
deux garçons ont grandi ensemble dans un hameau communautaire, non
loin de Leningrad.
Kim et Arkadi vivent des années heureuses. Tous deux pionniers dans un
mouvement de jeunesse, ils marchent fièrement vers l'horizon radieux
que leur promettent les films de propagande, au rythme des chants qui
célèbrent les héros de la guerre et la figure mythique du Travailleur.
Mais certains silences des parents sont lourds de sous-entendus. Peu à
peu émerge en eux le sentiment qu'on les dupe.
Et pour l'adulte aux yeux depuis longtemps dessillés, la nostalgie est
double : à celle des scènes de l'enfance que la mémoire baigne d'une
lumière neigeuse, vient s'ajouter celle, plus inattendue, de l'époque
du mensonge et de l'aveuglement
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LE CRIME D'OLGA
ARBÉLINA [1998] , 304 pages,
140 x 205 mm. Éditions numérotées, Mercure de France -rom.
ISBN 2715220936.
le même ouvrage , 304 pages, 140 x 205 mm. Collection bleue, Mercure
de France -rom. ISBN 2715220901. 18,00 €
«Tout devait être
exactement ainsi, elle le comprenait à présent : cette femme, cet
adolescent, leur indicible intimité dans cette maison suspendue au
bord d'une nuit d'hiver, au bord d'un vide, étrangère à ce globe
grouillant de vies humaines, hâtives et cruelles. Elle l'éprouva comme
une vérité suprême. Une vérité qui se disait avec cette transparence
bleutée sur le perron, le frémissement d'une constellation juste
au-dessus du mur de la Horde, avec sa solitude face à ce ciel.
Personne dans ce monde, dans cet univers ne savait qu'elle se tenait
là, le corps limpide de froid, les yeux largement ouverts... Elle
comprenait que, dite avec les mots, cette vérité signifiait folie.
Mais les mots à cet instant-là se transformaient en une buée blanche
et ne disaient que leur bref scintillement dans la lumière
stellaire...»
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REQUIEM POUR L'EST
[2000] , 288 pages, 140 x 205 mm.
Collection bleue, Mercure de France -rom. ISBN
2715221940. 17,53 €
«Ce chuchotement dans
lequel j'avais cru reconnaître ta voix me rappela une soirée
lointaine, dans cette ville qui brûlait derrière notre fenêtre avec sa
moustiquaire déchirée. Je me souvenais que ce soir-là, la proximité de
la mort, notre complicité face à cette mort m'avaient donné le courage
de te raconter ce que je n'avais encore jamais avoué à personne :
l'enfant et la femme cachés au milieu des montagnes, des paroles
chantées dans une langue inconnue...
Je me savais à présent incapable de dire la vérité de notre temps. Je
n'étais ni un témoin objectif, ni un historien, ni surtout un sage
moraliste. Je pouvais tout simplement reprendre ce récit interrompu
alors par la nuit, par les routes qui nous attendaient, par les
nouvelles guerres.
Je commençai à parler en cherchant seulement à préserver le ton de
notre conversation nocturne d'autrefois, cette amertume sereine des
paroles à portée de la mort.»
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LA TERRE ET LE CIEL DE
JACQUES DORME . 208 pages, 140 x
205 mm. Collection bleue (2002), Mercure de France -rom.
ISBN 2715223757. 15,00 €
«C'est alors que,
d'une voix presque éteinte, en acceptant l'échec et ne demandant plus
rien, je parlai de Jacques Dorme. Je réussis à dire sa vie en quelques
phrases brèves, nues. Je me trouvais dans un état d'abattement tel que
j'entendais à peine ce que je disais. Et c'est dans cet état seulement
que je fus capable d'exprimer toute la douloureuse vérité de cette
vie. Un aviateur venu d'un pays lointain rencontre une femme du même
pays que le sien et, pendant très peu de jours, dans une ville dont il
ne restera bientôt que des ruines, ils s'aiment ; puis il part au bout
de la terre pour conduire les avions destinés au front, et meurt, en
s'écrasant sur un versant de glace, sous le ciel blême du cercle
polaire.
Je l'avais dit autrement. Non pas mieux, mais plus brièvement encore,
plus près de l'essence de leur amour.»
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