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Stéphane Héaume
 
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Stéphane Héaume - Le Fou de Printzberg

         
Présentation Auteur Extrait Presse Interview par Karine Henry
 
Pourquoi cette rencontre

Pourquoi cette  rencontre ? Car ce romanc'est "du feu sous la glace" , une histoire fabuleuse, une tension dramatique extrême, un vrai souffle romanesque, et un style au baroque racé, un roman noir et blanc, un plaisir avant tout ! J'ai eu un vrai coup de coeur pour le roman et l'auteur qui sait si bien parler de sa création, de Hitchock, Wagner, Narcejac, des ythes... Bref, un auteur d'une richesse incroyable qui fera de cette rencontre un vrai moment de littérature !

 
Auteur

Stéphane Héaume a 33 ans. Ce passionné de musique écrivait pour l'opéra avant de publier en 2002 son premier roman, Le Clos Lothar, récompensé par le prix du jury Giono et le prix Emmanuel-Roblès. Après  Orkhidos, très remarqué par la critique, Le Fou de Printzberg est son troisième roman. Il vit à Paris.

 
Extrait et résumé
« Si je devais un jour ne plus avoir toute ma tête — ou s’il m’arrivait un accident —, pourrais-tu faire le voyage à Printzberg et ramener ma femme en Europe ? »
C’est l’ultime message que Julien Leutrey reçoit de son ami d’université, le célèbre architecte Cristo-Caron, à la veille de sa mort sur le chantier inachevé d’une station thermale aux confins de l’Arctique.
En partant pour le fascinant archipel, Julien Leutrey sait qu’il va retrouver celle qu’il a aimée vingt ans plus tôt, Altaléna, femme ambitieuse et romantique dont les sculptures sont admirées du monde entier.
Le passé resurgit. Les passions se ravivent. La disparition de Cristo-Caron demeure inexpliquée. Et la découverte du corps inanimé d’un jeune garçon d'une beauté troublante sur la banquise à la suite d’un naufrage répand peu à peu son venin parmi les prisonniers du froid de Printzberg, dans un univers de glace et de silence hanté par l’amour fou, la jalousie et les doutes intimes.
 
Extrait et résumé

Version Fémina, 15 janvier 2006

"Du feu sous la glace ...
Ce voluptueux roman d’amour, placé dans l’écrin d’un hiver boréal, est écrit dans un style fluide et captivant. »

Le Figaro littéraire, le 5 janvier 2006.

C'était son chef-d'oeuvre. Le chantier durait depuis quinze ans. Un palais de pierre et de verre bâti sur le flanc d'un volcan encerclé de banquise dans l'océan glacial Arctique. Un projet fou... Costa Cristo-Caron y laissa la raison et la vie. Avant de mourir, le célèbre architecte adressa une missive à l'un de ses amis, le suppliant, s'il lui arrivait quelque chose, de venir à Printzberg chercher son épouse Altaléna afin de la ramener en Europe. Lorsque ce courrier porteur d'un souffle froid de démesure lui parvint, Julien gaspillait doucement et médiocrement son existence sur ses terres dorées de Montotello, au milieu des oliviers. Là-même où il avait aimé naguère Altaléna, avant que Costa ne la lui ravisse...

«De nouveau éclatait le sens de Costa pour le faste et la mise en scène...» Paraphrasant le narrateur, on pourrait en dire autant du troisième roman de Stéphane Héaume. La puissance de cette féerie en trois actes, où un individu amoureux perturbe, comme dans la tragédie classique, le destin d'une lignée royale, tient d'abord à son décor sublime, ce «vaisseau monumental figé dans la glace», véritable utopie esthétique : «Des couloirs, des vestibules, des dômes. Le cossu et le vaste partout. Des fleurs tropicales surgissaient çà et là d'amphores ventrues, attestant que la vie rampait ici, contre toute attente.» Des Esseintes n'aurait pas dit mieux. «J'avais sous les yeux un hall plus haut que large au fond duquel se dressait, dans la lumière bleue qui surgissait de la chair même des parois translucides, une longue table à flambeaux couverte de mets, vaisselle et carafons (...).» L'auteur ne se lasse pas de décrire ce château d'une âme ténébreuse, dans une langue fleurie, parfois précieuse, et pourtant puissante, qui agit comme un charme sur le lecteur.

Le roman est construit sur le modèle de cette bâtisse monumentale et raffinée. Le récit campe d'abord à grands traits la situation, esquissant seulement ce qu'il développera ou détaillera ultérieurement. De la sorte, il aiguise la curiosité, la tenant en haleine jusqu'à la fin. Car ce n'est qu'à l'ultime ligne que chaque motif de la narration trouve sa place dans l'ensemble, achevant ainsi de lui donner son sens.

L'extrême tension dramatique qui soutient le livre résulte aussi de l'alternative sourde à laquelle chaque personnage est confronté : la douceur de vivre sous des latitudes tempérées ou la clarté éternelle du pôle, le désir ou la raison d'Etat, la réalité ou l'imaginaire, le continent des vivants ou «l'outre-monde» ? «Un jour j'irai là où palpite le monde», avait confié autrefois Altaléna au narrateur. Mais où palpite-t-il ? La question court tout le long de cette histoire fabuleuse. Est-ce à Printzberg ou à Montotello ? Du côté de l'art et de ses beautés, dont on n'ignore point qu'elles sont artificielles et diablement ambivalentes ? Ou du côté de la vie simple, «des lilas, des bulots et de la voix de Deborah», auxquels le Fou de Printzberg est dédié ?

Astrid de Larminat

 

 

Réalisation Marais.evous.fr