Le Marais > Comme un Roman |
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Tanguy Viel - "Insoupçonnables " Ed de Minuit |
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| Présentation | Pourquoi cette rencontre | Presse | Bibliographie | ||||||||||
| Résumé | |||||||||||||
Sam est le frère de Lise. Du moins c'est ce que tout le monde croit quand Lise se marie avec Henri. Mais c'est surtout Henri qui doit le croire, pour que Sam et Lise puissent réussir leur mauvais coup. Seulement Henri aussi a un frère, un vrai cette fois, et qui s'appelle Édouard. Or même vrai on peut être un faux frère. |
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| Pourquoi cette rencontre | |||||||||||||
Parce que quand il fait bien froid l'hiver, qu'il pleut et que l'on est dans un bon fauteuil, quoi de mieux q'un subtil roman à supsens ! Mais un roman à suspens qui n'est pas que cela, qui est aussi un vrai film, un film qui défile entre les lignes, des images qui restent accrochées aux pages ... Ceci grâce à un montage serré, méticuleux : les événement s'emboitent l'air de rien et peu à peu, l'engrenage inéluctable commence et les personnges glissent dans cet engrenage qui, on le sent, va nous mener par le bout du nez jusq'au à la fin, jusqu'à la chute, de celles qui donnent envie de reprendre le livre, de le relire maintenant que l'on connaît la vérié, si vérité il y a ... Bref, un vrai plaisir venu de cette rencontre avec des personnages tout en ombres furtives, de ces dialogues plein de sous-entendus, et de cette langue où - je l'ai lu quelque part et je suis d'accord avec le critique - il y aurait comme un peu d'Audiard réécrit par Duras , le tout mis-en-scène tel un bon Chabrol ! Ca fait beaucoup et c'est pourquoi je l'invite ce Tanguy Viel à qui j'ai plein de questions à poser : commment monte-t-il ses livres, comme ses films ? Et puis ces histoires d'ou viennent-elles ? Et puis, ... A jeudi |
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| Presse | |||||||||||||
Il est né en 1973 à Brest. La ville possède sa propre histoire faite de sang et de sueur. Le centre a été détruit durant la Seconde Guerre mondiale puis reconstruit à neuf. Brest est devenue la ville la plus moderne de Bretagne. On peut donc ignorer ou saluer ses fantômes croisés au coin des rues. Tanguy Viel, aujourd’hui assis dans un bureau dénudé des éditions de Minuit, se sent comme un héros de roman quand il est de retour à Brest. Il possède la certitude que rien de mal ne pourra jamais lui arriver en Bretagne. Puissance du paradis perdu de l’enfance. Tanguy Viel affirme que toute son œuvre sort de son lieu de naissance. L’immensité des ciels bleu vif ; les failles invisibles autour desquelles nous bâtissons nos vies ; les dures certitudes de la petite bourgeoisie de province ; l’obsession de la déception puis de la réparation. Marie-Laure Delorme, Le Journal du Dimanche, dimanche 5 février 2006 |
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| L’absolue perfection du crime | |||||||||||||
Marin, Andrei, Pierre, c'étaient tous des caïds. Une bien étrange « famille » Pour aller plus loin dans ces singulières retrouvailles, dans ce règlement de comptes qui est, au fond, familial - comme si l’oncle avait vraiment fait de son petit gang une famille avec ce que cela porte de violence quand l’un se sent trahi -, il faut suivre Tanguy Viel, qui mène avec une belle maîtrise cette course-poursuite qu’on lit avec une sorte d’urgence, tant ce qui la motive - la vengeance - est effrayant. Au dernier moment « le vent était tombé, constate le narrateur, (…) comme si même le ciel voulait qu’on règle nos comptes sans lui »… Josyane Savigneau, Le Monde, 19 octobre 2001 Le coup du siècle L'Absolue perfection du crime, troisième roman de Tanguy Viel, pousse encore plus loin un travail sur les codes et les images entrepris par un jeune écrivain atypique. Qui revisite ici un mythe absolu et absolument moderne : le hold-up. Viel, en allemand, signifie beaucoup. Tanguy Viel n'a rien de germanique : il est né à Brest et vie aujourd'hui à Nantes, après un détour par le Berry puis Tours. Mais on devine beaucoup de mer dans les rares silences de ce jeune homme souriant qui aime Conrad et Melville autant que Beckett et Blanchot. Pères et mer, donc. On lui sait aussi beaucoup de dons, et sans doute beaucoup d'avenir, depuis qu'on l'a découvert en 1998 avec Le Black Note, un premier roman qui aurait dû s'appeler My Favorite Things, en hommage au quartette de John Coltrane. Jérôme Lindon n'avait pas voulu de ce titre, mais bien d'un livre qui révélait une écriture prête déjà à la réflexivité, au retravail des clichés. Tanguy Viel avait 25 ans, et l'impatience obstinée d'un pur écrivain, soucieux des formes et de leur histoire, doué d'une intelligence narrative assez phénoménale. Cinéma, son deuxième roman publié en 1999, confirmait cette impression, en réussissant une sorte de pari romanesque un peu fou : tout le livre était construit à partir du dernier film de Joseph Mankiewicz, Le Limier, dont le déroulement finissait par se confondre avec la vie du narrateur. A la fois exercice de style virtuose et réflexion en abyme sur la représentation, Cinéma témoignai d'un goût très fort pour les dispositifs fictionnels, comme si l'auteur s'interrogeait sur l'après possible de la postmodernité… Fabrice Gabriel, Les Inrockuptibles, 21 août 2001
Son troisième roman est un chant crépusculaire sans aucune fausse note Il y a quelque chose qui tient à l'essence même de la littérature. Un assemblage parfait entre des éléments - une écriture et une histoire, un style et un propos - se sublimant les uns les autres. Le livre devient alors rencontre singulière, choc frontal. Croisée des mondes. L'Absolue perfection du crime est un chant crépusculaire sans aucune fausse note. Rien ne vient troubler l'étrange fluidité du récit. La rareté des dialogues - des sourires ambigus, des regards lourds, des gestes brusques font office de paroles - accentue cette impression de film muet. Extraordinaire rencontre entre deux anciens amis. "Et il souriait toujours, et je le lui rendais, je forçais mes lèvres à s'étirer, qu'il ne sache rien, de mes écarts intérieurs, de mes tourbillons, des spirales et des nœuds formés sous mon crâne, rien." Tanguy Viel - né en 1973 à Brest - a écrit un roman âpre et plein où l'écriture éclate comme des taches de soleil. Marie-Laure Delorme, Le Journal du Dimanche, 26 août 2001
Les choses de la vie Il va falloir apprendre à compter avec Tanguy Viel, car il ira loin. Son récit est celui de la préparation d'un hold-up par trois jeunes gens. Des personnages troubles, peu aimables (sauf le narrateur, un Petit Meaulnes du milieu), trois ressorts tendus par l'action, rattachés à l'enfance par un certain souci de la pureté et par des règles qui n'appartiennent qu'à eux et les protègent des autres (les adultes, les gens normaux ; autrement dit : le monde des traîtres). Peu de paroles, un silence chargé de violence, des yeux pour sonder les âmes et poser les questions qui sont restées sur la langue, la présence d'une femme intouchable, le poids de la fatalité : "Tant qu'à faire, on n'a qu'à se déguiser en bagnards…" Et un enchaînement de plans-séquences construit selon un schéma de tragédie, et livré au lecteur avec une certaine distance. "Il arrive un temps, on rêve d'autre chose. Mais si soi-même on ne veut pas finir au fond d'une carrière […], on continue." Les personnages de Tanguy Viel habitent des fidélités impossibles, ce sont des hommes qui se déchirent le cœur pour ne pas mourir. Daniel Rondeau, L'Express, 13 septembre 2001
Comme au cinéma Un roman, au montage exceptionnel, au récit tendu, aux images bouleversantes. La scène des préparatifs du hold-up, dans ce hangar où chacun - déjà dans le match - avale son cognac sans un mot, est une scène chargée d'électricité, servie par une écriture blanche comme le stress, nerveuse à en devenir palpable. On tourne les pages avec le creux des mains glissantes d'angoisse en sachant, déjà, que tout finira mal. Voilà peut-être le charme absolu des truands. Nicolas Rey, Le Figaro Magazine, 8 septembre 2001 |
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| Extrait et résumé | |||||||||||||
Version Fémina, 15 janvier 2006 "Du feu sous la glace ...
Ce voluptueux roman d’amour, placé dans l’écrin d’un hiver boréal, est écrit dans un style fluide et captivant. » Le Figaro littéraire, le 5 janvier 2006. C'était son chef-d'oeuvre. Le chantier durait depuis quinze ans. Un palais de pierre et de verre bâti sur le flanc d'un volcan encerclé de banquise dans l'océan glacial Arctique. Un projet fou... Costa Cristo-Caron y laissa la raison et la vie. Avant de mourir, le célèbre architecte adressa une missive à l'un de ses amis, le suppliant, s'il lui arrivait quelque chose, de venir à Printzberg chercher son épouse Altaléna afin de la ramener en Europe. Lorsque ce courrier porteur d'un souffle froid de démesure lui parvint, Julien gaspillait doucement et médiocrement son existence sur ses terres dorées de Montotello, au milieu des oliviers. Là-même où il avait aimé naguère Altaléna, avant que Costa ne la lui ravisse... «De nouveau éclatait le sens de Costa pour le faste et la mise en scène...» Paraphrasant le narrateur, on pourrait en dire autant du troisième roman de Stéphane Héaume. La puissance de cette féerie en trois actes, où un individu amoureux perturbe, comme dans la tragédie classique, le destin d'une lignée royale, tient d'abord à son décor sublime, ce «vaisseau monumental figé dans la glace», véritable utopie esthétique : «Des couloirs, des vestibules, des dômes. Le cossu et le vaste partout. Des fleurs tropicales surgissaient çà et là d'amphores ventrues, attestant que la vie rampait ici, contre toute attente.» Des Esseintes n'aurait pas dit mieux. «J'avais sous les yeux un hall plus haut que large au fond duquel se dressait, dans la lumière bleue qui surgissait de la chair même des parois translucides, une longue table à flambeaux couverte de mets, vaisselle et carafons (...).» L'auteur ne se lasse pas de décrire ce château d'une âme ténébreuse, dans une langue fleurie, parfois précieuse, et pourtant puissante, qui agit comme un charme sur le lecteur. Le roman est construit sur le modèle de cette bâtisse monumentale et raffinée. Le récit campe d'abord à grands traits la situation, esquissant seulement ce qu'il développera ou détaillera ultérieurement. De la sorte, il aiguise la curiosité, la tenant en haleine jusqu'à la fin. Car ce n'est qu'à l'ultime ligne que chaque motif de la narration trouve sa place dans l'ensemble, achevant ainsi de lui donner son sens. L'extrême tension dramatique qui soutient le livre résulte aussi de l'alternative sourde à laquelle chaque personnage est confronté : la douceur de vivre sous des latitudes tempérées ou la clarté éternelle du pôle, le désir ou la raison d'Etat, la réalité ou l'imaginaire, le continent des vivants ou «l'outre-monde» ? «Un jour j'irai là où palpite le monde», avait confié autrefois Altaléna au narrateur. Mais où palpite-t-il ? La question court tout le long de cette histoire fabuleuse. Est-ce à Printzberg ou à Montotello ? Du côté de l'art et de ses beautés, dont on n'ignore point qu'elles sont artificielles et diablement ambivalentes ? Ou du côté de la vie simple, «des lilas, des bulots et de la voix de Deborah», auxquels le Fou de Printzberg est dédié ? Astrid de Larminat |
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