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Sélection Littérature Française



- Rouge Brésil de Jean-Christophe RUFIN (Gallimard, 23.50euros)

La conquête du Brésil par les français : un épisode peu connu mais ô combien captivant de l’Histoire ! Nous suivons la grande aventure de deux enfants embarqués en tant qu’interprètes lors de la première expédition. Un texte qui renoue brillamment avec la tradition du roman d’aventure tout en s’appuyant sur un remarquable travail de recherche.

Cette fresque époustouflante peuplée de personnages fascinants happe le lecteur dans l’univers grandiose de Nouveau Monde.

Le style est merveilleux : on se délecte des savoureuses métaphores et des portraits saisissants. Du grand art !

Maude Mihami

- Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès (Zulma, 24.50 euros)

Un roman extraordinaire et foisonnant dans lequel cinq destins se mêlent et se démêlent. L’auteur nous emporte vers les lointains rivages d’un Brésil mouvant et mystérieux dont on découvre les mille visages.

Eléazard von Wogau, héros inquiet de cette incroyable forêt d’histoires, est correspondant de presse dans la ville fantôme d’Alcantara, au fin fond du Nordeste brésilien. On lui adresse un jour un fascinant manuscrit, biographie inédite d’un célèbre jésuite de l’époque baroque. Commence alors une enquête à travers les savoirs et les fables qui n’est pas sans incidences sur sa vie privée. Comme si l’extraordinaire plongée dans l’univers d’Athanase Kircher se répercutait à travers les aventures croisées d’autres personnages, tels Elaine, archéologue en mission improbable dans la jungle du Mato Grosso, Moéma, étudiante à la dérive, ou bien Nelson, jeune gamin infirme des favelas de Pirambu.

On se réjouit de la fascinante singularité de ce roman palimpseste qui joue à merveille des mises en abyme et des vertiges spéculaires.

Une formidable érudition mise au service d’un sens merveilleux de la narration : une plume vagabonde, un style vif et mordant et une écriture tout à fait remarquable. De la littérature comme on aimerait en lire plus souvent... Ca serait une hérésie que de manquer ce titre !

Maude Mihami

- Un brillant avenir de Catherine CUSSET (Gallimard, 21 euros)

Une fresque familiale racontée avec sincérité et humour, gravité et légèreté. Les destins croisés de deux générations oscillant entre incompréhension et passion : Elaine, d’origine roumaine, tombe amoureuse dans un contexte de guerre d’un jeune juif au regard envoûtant. Ensemble, ils fuient l’Europe et le désaccord parental pour aller s’installer aux Etats-Unis. Leur fils, Alexandru leur présente plusieurs années plus tard sa compagne : une française. Elaine et son mari vont s’opposer à cette union qui risquerait de voir le destin brillant qu’ils avaient préparé pour lui outre-Atlantique s’effondrer s’il retournait dans la vieille Europe.

L’auteur mêle avec justesse l’Histoire avec un grand "H" et la petite histoire qui pourrait être la nôtre dans un texte savamment construit qui superpose les époques et les points de vue.

Un roman émouvant à dimension humaine.

Maude Mihami

- Peut-être une histoire d’amour de Martin PAGE (P.O.L, 18 euros)

Virgile, un parisien un peu rêveur mais toujours ponctuel à sa séance hebdomadaire chez la psy, découvre un soir un troublant message sur son répondeur : une certaine Clara lui annonce qu’elle le quitte. Seulement il ne connait pas celle-ci. C’est alors pour lui, le début d’un voyage intérieur plein d’humour et de tendresse qui va bouleverser son quotidien.

Ce livre, qui peut se lire comme un conte moderne, est truffé d’aphorismes amusants et de réflexions sur l’Amour, ses déboires et ses espoirs. Lorsqu’on le referme, plane encore sur nos lèvres un sourire attendri qui ne nous aura pas quittés pendant la lecture.

Maude Mihami

- Syngué sabour, Athiq Rahimi, P.O.L

Long monologue qu’adresse une femme à son mari dans le coma. Autour d’eux, des coups de feux, l’insécurité, le manque de médicaments et de nourriture rend difficile un quotidien déjà bien noir. Mais rien n’empêchera cette femme d’aller au bout de sa confession, faisant de son mari sa "pierre de patience" immobile et attentive...

Manuella Lefranc


- Des maisons des mystères/ Des familles des secrets/ la trilogie Silsauve, Germaine Beaumont, Omnibus

Comparée aux soeurs Brontë et inspirée par Agatha Christie, Germaine Beaumont écrit des "romans policiers sans police" dans lesquels elle met en scène des aventurières indépendantes et modernes, libres et obstinées qui s’amusent à dépoussiérer des secrets de famille dans des maisons "hantées". Une auteur des années 30 à nouveau disponible chez Omnibus.

Manuella Lefranc


- Où on va, papa ? Jean-Louis Fournier, Stock

Les quelques mots du titres sont à peu près les seuls que le fils aîné de Jean-Louis Fournier lui a adressé en plusieurs années. Avec humour et sans pathos, il nous raconte sa vie avec ses deux enfants attardés, des enfants sans avenir "nous n’avons pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu’ils feraient plus tard", mais qui aux yeux de leur père ne valent pas de rester dans l’ombre pour l’éternité. Un livre drôle, décomplexant, pour tous public !

Manuella Lefranc

- Toute la nuit devant nous, Marcus Malte, Zulma

Il en est des romans de Marcus Malte comme de la magie : on est ébloui sans savoir par quel miracle le tout opère. Celui-ci est un recueil de trois nouvelles, toutes à vous couper le souffle ! Sans préciosité, avec une apparente simplicité même, Marcus Malte réussit le tour de force de capter tous vos sens...et vous tient en haleine jusqu’au bout de la nuit.

Manuella Lefranc



- "Le trou de l’enfer" de Alexandre Dumas (édtions Phébus-Libretto, 15€)

Exploration des souterrains de l’âme humaine, sorte de descente aux enfers progressive et très fortement inspirée par le roman "gothique". Dans ce livre, Dumas met en scène le monstrueux frère de sang d’Edmond Dantès, sorte de Monte-Christo du Mal nommé Samuel Gelb. Ce héros qui suscite à la fois fascination et répulsion, animé par une incommensurable volonté de puissance, qui veut mener à la ruine tous ceux qui l’entourent...cependant, des années plus tard, dans les turbulences politiques du Paris de la Révolution de 1848, tout ne se passera pas comme prévu, car...dieu dispose.
Un livre obsédant et jubilatoire, publié pour la première fois aujourd’hui dans sa structure initiale, paru en feuilletons entre 1850 et 1851 dans L’Evénement.

Pascaline

- Antoine Piazza, La route de Tassiga, éditions du Rouergue, 19 €

La petite ville africaine de Tassiga est une cage étouffante, perdue, semble-t-il, aux confins du monde habité. En septembre 1980, une centaine d’expatriés s’y installent, employés d’une grande entreprise française de travaux publics. Ils sont chargés de construire une route. En prévision de 20 mois de chantier, la compagnie prend possession de la ville. Elle loue les plus belles maisons, organise le ravitaillement des familles, la scolarité des enfants. Les expatriés reconstituent une société fermée sur elle-même qui tente de resister à la dureté du travail, de s’accoutumer au déracinement, aux rivalités professionnelles et aux calomnies. Antoine Piazza fait vivre ici de nombreux personnages hors du commun aux prises avec des conditions de vie extrêmes dans un monde hors norme. Allant puiser à la source de sa propre histoire de jeune instituteur volontaire du service national au Niger, Antoine Piazza signe un grand roman.

Dimitri

- Patrick Boucheron, Léonard et Machiavel, Verdier, 12 €

Fin juin 1502, au palais ducal d’Urbino, trois hommes se rencontrent. L’un a 27 ans, il vient de prendre possession des lieux. César Borgia, fils du pape Alexandre VI, est de ceux qui savent brusquer la fortune pour réaliser leur ambition. Aussi, se taille-t-il un Etat en Romagne. Le deuxième a 33 ans et est dépêché par la République de Florence pour l’observer. Il est secrétaire de la Chancellerie florentine et, à ce titre, diplomate. Il observe, il apprend, il admire le jeune prince dont il fera plus tard son personnage principal. Mais ne se préoccupe-t-il pas déjà de l’invention de règles nouvelles de l’agir politique ? Leonardo, enfin, homme d’expérience déjà et dont la renommée est immense. Il a 50 ans et récemment encore il était au service de Ludovico Sforza dit le More, maître de Milan jusqu’en 1499, délogé par le roi de France Louis XII et son allié César Borgia. Il s’attache alors à ce nouveau maître, poursuit son oeuvre aux multiples facettes donnant à voir le "rythme du monde" "dont la cadence règle la vérité de toute chose". César Borgia, acteur et bientôt victime de cette machinerie du monde déréglée, rencontre donc ces deux hommes qui eurent conscience de ce désordre (l’humanisme échouait à être maîtrise absolue de l’homme sur le temps) et le pensèrent, chacun dans leur art. C’est ce mouvement qui les fit contemporains. Partant de cette probable rencontre que rien ne documente directement, Patrick Boucheron reconstitue patiemment le sens de cette contemporanéité, éclaté, éparpillé, jeté ici et là dans les archives, invisible et silencieusement voué à l’oubli. Il exerce tout son art d’historien en le donnant à voir.

Dimitri

- BORIS VIAN - Tirage limité et numéroté - Editions les ALLUSIFS , 28 euros

Illustré par François Avril, Serge Bloch, Philippe Brochard, Serge Clerc, Dominique Corbasson, Gérard Dubois, Dupuy-Berberian, Jochen Gerner, Jean-Claude Götting, Jacek Jarnuszkiewicz, Lionel Koechlin, Loustal, Jean-François Martin, Christophe Merlin, Emmanuel Pierre, Alain Pilon, Frédéric Rébéna, Alain Réno et Rémi Saillard.

L’année 2009 marquera le cinquantenaire de la mort de Boris Vian, une date que soulignent les éditions Les Allusifs en publiant une édition illustrée de son recueil de poèmes Je voudrais pas crever, paru en 1962 : vingt artistes dont des illustrateurs contemporains parmi les plus reconnus redonnent vie à l’œuvre crépusculaire d’un Boris Vian qui, plus que jamais, se jouait avec grâce et impertinence de la faucheuse empressée.

Conseil Karine Henry

- L’Heure de la fermeture dans les jardins d’Occident - Bruno de Cessole, Ed La Différence , 20 euros

Philippe Montclar, jeune étudiant en quête d’absolu, rencontre par hasard, dans les allées du jardin du Luxembourg, Frédéric Stauff, philosophe que l’intelligentsia parisienne a d’abord porté aux nues puis excommunié.
Fasciné par le personnage dont nul ne parle plus, il enquête sur son passé et cherche à le revoir. Peu à peu se noue entre eux une relation amicale qui évolue vers des rapports de maître à disciple. Au fil de discussions dans les jardins et les cafés de Paris, Frédéric Stauff confie au jeune Montclar l’histoire de sa vie - sa conversion à un mode d’être obscur et anonyme qui prône le suicide comme seule issue philosophique à l’existence.
Pour le convaincre, il lui raconte les échecs splendides de vies exemplaires : Senancour, Leopardi, Nietzsche, Bloy, Walser. Pourquoi Montclar, d’abord fasciné, commence-t-il à douter de son maître ? Un voyage à Rome auprès d’un ancien camarade spécialiste du suicide dans la Rome antique l’amène à se demander s’il n’est pas manipulé par un héritier des sophistes. La maîtresse de Montclar, Ariane, sera l’instrument du destin.

Un roman brillant tout autaat que plaisant, un roman telle une promendae philosophique qui ne s’achève pas comme il était prévu et vous surprend. Un de mes romans préférés de cette rentrée. D’un belle langue classique pour moment passé en une compagnie éclairée.

Conseil Karine Henry

J’avais vingt ans. Le désir d’écrire et de lire me travaillait et je le combattais autant que je pouvais. Mon avenir était tracé. Élève de l’École du service de santé militaire, j’allais devenir médecin et rester dans l’armée pendant quinze ou vingt-cinq ans. J’avais à me concentrer sur mes études et à ne m’occuper de rien d’autre. Toutefois, de plus en plus souvent un rêve me visitait. Un rêve que je n’osais m’avouer : devenir un écrivain ! Pour maintes et maintes raisons, je ne pouvais faire bon accueil à ce rêve et je m’efforçais de l’étouffer. Afin de me protéger, j’avais posé un interdit sur l’univers inconnu et redoutable de la littérature, mais dans le même temps, sans en avoir conscience, je l’avais sacralisé et il m’attirait d’autant plus. Une fois, oubliant mes résolutions, écrasé par un sentiment de culpabilité, j’avais dévoré un livre avec une âpre ferveur. Il m’avait laissé émerveillé et j’aurais voulu ne rien perdre de ce que j’avais éprouvé. Mais comment rendre compte de ce qui m’avait labouré ? À défaut d’un texte qui eût exprimé ce que j’avais ressenti, j’avais naïvement recopié dans un carnet quelques phrases du livre. En accomplissant cet acte pour la première fois, je ne me doutais pas qu’il allait souvent se répéter.
Après trois années passées dans cette École, j’ai pu résilier mes engagements, interrompre mes études et disposer enfin de tout mon temps pour écrire et pour lire. Mais je n’avais aucune idée de ce vers quoi j’allais. Quand j’ai découvert l’étendue de mon ignorance et de mon manque de culture, une faim de savoir littéralement dévorante s’est emparée de moi et ne m’a plus lâché. Pris de boulimie, j’ai alors ingéré de nombreux livres. Cependant, la lecture continuait de m’apparaître comme une jouissance défendue, une nourriture qui d’un jour à l’autre pourrait m’être retirée. Il fallait que je mette les bouchées doubles et que quelque chose subsiste des livres qui me passaient par les mains.
Pour ce faire, j’ai donc pris l’habitude d’en recopier quelques mots, quelques lignes, et de la sorte, au long des années, plusieurs carnets et cahiers se sont trouvés abondamment remplis.
Écrivant cette brève préface, je comprends que cette habitude avait une autre origine. Il me paraît aujourd’hui qu’elle procédait également du besoin qui m’a poussé à tenir un journal. Garder des bribes de ce que je vis. Fixer les meilleurs instants d’un passé que je voudrais retenir. Donc m’opposer au temps, tenter de lui faire échec, m’échiner envers et contre tout à conserver ce que je ne peux supporter de voir disparaître.
Au début, je n’ai pas relevé les phrases qui me touchaient au vif, me révélaient à moi-même, me désignaient le chemin où j’avais à m’engager. Elles se gravaient instantanément en moi et ne me quittaient plus. Ce n’est que par la suite que je me suis attaché à prélever dans chaque livre quelques phrases qui me faisaient signe.
Curieusement, une fois achevé un cahier, je ne l’ouvrais plus ou que de loin en loin, et il dormait sur un rayon. Il me suffisait de savoir qu’il était là, près de moi, à portée de main, et que je pourrais le consulter chaque fois que le désir m’en viendrait.

- Ces mots qui nourrissent et qui apaisent - Charles Juliet - Phrases et textes relevés au cours de mes lectures, Ed POL, 8 euros

Pour toutes et tous à chaque instant de la journée, voici l’incontournable de la fin d’année, ce livre qui ne peut pas ne pas être lu ni offert tant il est rassuant d’avoir auprès de soi ces valses et fulgurances de mots, citations éparses et qui toujours disent ce qu’est d’être là, aujour’dhui, sur terre, homme ou femmme ....Charles Juliet

Il y a une quinzaine d’années, de passage chez une amie, seul dans une pièce, j’avais machinalement feuilleté une revue. Mon esprit était ailleurs, et pourtant, en haut d’une page, écrite en grosses lettres, une question m’avait frappé : que fait-on de ce qu’on sait ? Elle était placée entre guillemets et au-dessous d’elle se trouvait le nom de son auteur. Mais qui était-ce donc ? Je n’avais pas enregistré ce nom. Peut-être était-il celui de Françoise Dolto. Dans les jours qui ont suivi, ces mots sur lesquels mon regard avait glissé, m’ont titillé à plusieurs reprises. Oui, que fait-on de ce qu’on sait ? Que fait-on de ce que la vie dépose en nous au fur et à mesure que passent les années ? Et moi, qu’allais-je faire de ces cahiers ? Allaient-ils disparaître avec moi alors que s’était concentrée en eux la quintessence de ce que j’avais glané dans des dizaines, des centaines de livres ? Les richesses que des décennies de réflexion, de méditation, de travail, de lecture, de rencontres avaient amassé dans mes réduits, allais-je les garder pour moi ? Mais écrire, n’est-ce pas vouloir communiquer, échanger, offrir à autrui un peu de ce qu’on est, de ce qu’on a vécu ? À quoi bon tout le travail accompli s’il ne doit pas rejoindre ceux qui cherchent avidement dans les livres ce dont ils ont faim ? Dans une société comme la nôtre, tant d’êtres sont en souffrance. Pourquoi ne pas vouloir partager avec eux la nourriture que j’avais recueillie ?
Maintenant que bien des années sont derrière moi, je me suis décidé à transmettre – en toute modestie et simplicité – ce que j’ai reçu à profusion, ce que mon travail d’écrivain m’a apporté. Ainsi vais-je parfois rencontrer des lycéens ou dialoguer avec des lecteurs dans des médiathèques. Ainsi veux-je faire don de quelques extraits de mes cahiers à des êtres qui se cherchent.

Conseil Karine Henry

- Boutès - Pascal Quignard, Ed Galilée, 13.50 euros

Boutès est le neuvième livre que Pascal Quignard consacre à la musique. Il est composé de dix-sept chapitres qui portent tous sur la Grèce ancienne.

Un des romans les plus aboutis du grand maître des mots.

Dès la fin du Mycénien, la légende courut d’une île mystérieuse sur les rives de laquelle les marins périssaient attirés par le chant des oiseaux. On racontait que les navigateurs qui passaient le long de ces côtes se faisaient emplir les oreilles de cire pour ne pas être déroutés et mourir. Même Orphée le Musicien ne voulut rien entendre de ce chant continu. Ulysse le premier souhaita l’entendre. Il prit la précaution de se faire attacher les pieds, les mains, au mât de son navire. Seul Boutès sauta.

Conseil Karine Henry

- Zone, Mathias Enard, Actes sud, 22,80 euros

Boutès est le neuvième livre que Pascal Quignard consacre à la musique. Il est composé de dix-sept chapitres qui portent tous sur la Grèce ancienne.

Un des romans les plus aboutis du grand maître des mots.

Le temps d’un voyage en train à travers l’Italie, francis Servain Mirkovic déroule tout autant le fil de sa propre vie, agent des services de renseignements, que celui de l’histoire de l’Europe et de ses guerres. Un roman ambitieux, qui pourra réconcilier avec la littérature française ceux et celles qui pensaient jusque là qu’elle manquait de souffle.

Conseil Karine Henry


- La mort et les statues - Jean Cocteau , Pierre Jahan - Les éditions de l’amateur - 25 euros

Pendant l’Occupation, les statues parisiennes déboulonnées par les Allemands étaient stockées dans un entrepôt du XIIe arrondissement. Pierre Jahan eut l’idée de les photographier. Jean Cocteau, enthousiasmé par les photographies, décida d’en faire un livre en 1946 dont il signa le texte.

Une édition agrémentée de 10 photographies inédites. Ainsi, ce livre constitue à lui seul un cabinet des curiosités fascinant tant est puissante la force d’évocation et la poésie que dégagent ces statues saisies dans leur dernières convulsions... une beauté inquièté captée l’instant précédant sa décapitation et qui envoûte l’oeil tandis qu’à nos oreilles Cocteau murmure, siffle ses mots... Pour ceux à qui fait sens l’inquiétante étrangeté de l’art pris au piège du monde...

Conseil Karine Henry

       

 

 

Réalisation Marais.evous.fr