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Sélection Littérature Française



- Le coeur cousu - Carole Martinez (Editions Folio, 440 pages, 8.10 euros) - Livre de poche

Premier roman magistral d’une auteure française, ce livre raconte l’histoire d’une lignée de femmes dans le sud de l’Espagne au siècle dernier, Frasquita Carasco et ses cinq filles, toutes détentrices à tour de rôle d’un précieux coffret qui, à l’âge d’être une femme, leur confère un don surnaturel.
Racontée par Soledad, la benjamine des soeurs Carasco, l’épopée de cette famille de presque magiciennes tient du conte tant la langue de Carole Martinez, mêlant lyrisme et sensualité, transporte le lecteur au-delà de la simple réalité des mots.

Manuella



- Un été autour du cou - Guy Goffette (Editions Folio Gallimard, 5 euros) - Livre de poche

Un texte d´une rare intensité qui plonge le lecteur dans la touffeur inquiétante du désir et de l´interdit.
La Monette va initier Simon aux plaisirs de la chair.
Mais n´a Simon que onze ans.
Et la Monette quarante.
Ce qui aurait pu être une tendre initiation à l´amour prend la forme d´un perverse calvaire.
Guy Goffette est poète.
Ce roman transpire la beauté des mots et fait coller à nos pores la sueur de la concupiscence.

Maude Mihami




- Le chameau sauvage - Philippe Jaenada (Editions J’ai lu, 6.70 euros) - Livre de poche

Un roman qui vous fera rire !
Halvard Sanz est un type sympa et inoffensif. Mais il est aussi spécialiste des catastrophes en série. Et cela le met souvent dans des situations… rocambolesques.
Nourri par un grand sens de l´absurde et du loufoque, ce texte à la verve vive vous entrainera de Charybde en Scylla mais toujours avec le sourire jusqu´aux oreilles.

Maude Mihami






- Joconde sur votre indulgence, 100 (nouveaux) points de vue sur Mona Lisa - Hervé Le Tellier (Editions Le Castor Astral, 12 euros) - Livre de poche

A la manière de Queneau, l´auteur s´amuse ici à décliner la Joconde sous tous ses angles.
Un vrai plaisir de la langue ! Ce petit bijou peut se lire dans l´ordre ou le désordre. Il aborde une prose ludique et pétillante : on se prend au jeu et on en redemande !
Mes favoris ? Le point de vue de Rabelais, de l´aphorisme et du Grand Schtroumpf. A moins que ce ne soit celui de Télé-achat ?

Maude Mihami





- Garden of love - Marcus Malte (Editions Zulma, 318 pages, 18.50 euros) - Livre grand format

Alexandre Astrid reçoit un jour par la poste un manuscrit anonyme de cent cinquante-trois pages intitulé "Garden of love". L’histoire le bouleverse complètement puisqu’il s’agit de sa propre existence, de son passé qu’il préférait enterrer, oublier, tant celui-ci a été un amoncellement invraisemblable de rattages professionnels et de trahisons amoureuses.
Astrid choisi de se lancer dans une quête vertigineuse...

Marcus Malte s’amuse à brouiller les pistes mais l’univers diabolique dans lequel se débat ce flic est tellement envoûtant que l’on se laisse prendre par ce puzzle soigneusement agencé, un mélange très convaincant de fiction et de réalité dissimulée qui finit par s’emboîter.

résumé : les lectures de Florinette

- D’autres vies que la mienne - Emmanuel Carrère (Editions P.O.L, 320 pages, 19,50 euros) - Livre grand format

Dans ce roman, Emmanuel Carrère s’attache à des destins qu’il n’aurait pu que croiser et qu’il décide d’explorer. Il ne se place plus, comme dans ses précédents romans, au centre du récit, mais à la périphérie, même si les trajectoires des uns et des autres renvoient en creux à la sienne. L’auteur choisit de dérouler les vies d’êtres meurtris à jamais par la mort d’un enfant, d’une mère, d’une femme et de célébrer des êtres aux vies « exemplaires », courageux dans l’adversité, dignes et braves dans la maladie et les épreuves.

Méditation intense sur l’ouverture aux autres, ce roman est le livre du bonheur arraché au désespoir.

Marie

- L’homme qui m’aimait tout bas - Eric Fottorino (Editions Gallimard, 148 pages, 15 euros) - Livre grand format

Assurément, le début de ce roman sonne comme l’annonce d’une tragédie : l’auteur raconte en effet comment son père s’est donné la mort il y a quelque temps de cela. Et parce que cette mort lui demeure un mystère absolu, insondable et inacceptable, Eric Fottorino part à la recherche de ce père tant aimé, fouille les archives de sa vie à travers des souvenirs et des anecdotes, et ce faisant, nous narre sa propre histoire.

Un roman qui évoque avec une grande pudeur la figure tutélaire d’un père adoré, trop tôt disparu.

Marie


- Je voudrais tant que tu te souviennes - Dominique Mainard (Editions Gallimard-Folio, 368 pages, 6,50 euros) - Livre de poche

Nous sommes dans une petite ville française : Mado, vieille femme passionnée de photographie, habite seule un pavillon. Elle n’a jamais eu d’autre amie qu’Albanala, une étrangère, cartomancienne à ses heures. Un jour, celle-ci lui présente sa nièce, Julide, une fillette alors âgée d’une dizaine d’années. La profonde tendresse et l’amitié un peu particulière qui naît entre Mado et l’enfant va bouleverser le cours de leur vie. En effet, avant de quitter la ville précipitamment, Albanala charge Julide de prendre soin de Mado, qu’elle juge fragile. C’est une bien lourde tâche qui est confiée à cette jeune enfant, surtout quand un jeune homme débarque dans la ville et que Mado en tombe amoureuse.

Merveilleux roman sur un amour fulgurant et impossible, le livre enchante par son charme et son mystère.

Marie

- Le café de l’Excelsior - Philippe Claudel (Editions Le Livre de Poche, 4,50 euros) - Livre de poche

Un homme raconte avec nostalgie les trois années qu’il a vécues aux côtés de son grand-père, quand il était enfant. Le vieil homme tenait Le Café de "l’Excelsior". L’enfant y côtoyait des personnages hauts en couleur auprès desquels il apprenait la vie des gens simples. La relation avec son grand-père était faite de tendresse et de complicité. Ces douces années resteront à jamais gravées dans sa mémoire, comme la souffrance liée à leur fin brutale dont il ne guérira jamais vraiment.

Un livre magnifique, teinté de nostalgie.

Marie


- Un chien mort après lui - Jean Rolin (Editions POL, 20 euros)

Ces histoires sont comme des instantanés relevés par l’écriture visuelle et évocatrice de Jean Rolin.
Un roman de chiens errants comme des hommes, une galerie de portraits saisissants à travers le monde.

Maude Mihami








- Les mysteres de Paris - Eugène Sue (Editions Gallimard, 26,90 euros)

La collection Quarto nous propose une réedition (avec un appareil critique de Judith Lyon-Caen) de ce roman-fleuve du XIX ème siècle, publié en feuilleton au cours des années 1841-1842, qui fut à la fois un véritable succès populaire et l’objet de violentes polémiques sur à la nécessité de montrer tant de noirceur voire de monstruosité. Cette fresque populaire nous plonge dans ce paris d’avant Haussmann et trouve toujours des échos dans notre société du XXIème siècle.

Xavier



- Antigone - Henry Bauchau (Editions Babel Actes Sud)

Lumineuse, féminine, intrépide est l’’Antigone de Henry Bauchau. Sans doute fallait-il un roman pour vraiment incarner les passions de la jeune mendiante qui, après avoir suivi son père, le roi aveugle, des années durant jusqu’au terme de son parcours, contre toute prudence prend le chemin de Thèbes avec l’espoir d’empêcher la guerre entre ses deux frères tant aimés. Commence alors pour elle une suite d’épreuves, de doutes, d’humbles joies et d’inexorables déchirements. Une oeuvre d’écoute et d’attention à la souffrance, qui chante les regrets de l’amour, l’apaisement des blessures, l’ambivalence des désirs, les mystères de la filiation.

Conseil Karine Henry


- L’année brouillard - Michelle Richmond (Editions Buchet-Chastel, 19 euros)

À San Francisco, sur la plage d’Ocean Beach noyée dans le brouillard .... Un chef d’œuvre sous tension. Une révélation.

« C’est l’histoire d’une petite fille, elle s’appelle Emma, elle marche sur la plage. Je détourne les yeux, quelques secondes passent. Quand je regarde à nouveau, elle a disparue. »

Lorsqu’on ouvre l’Année Brouillard, il est impossible de résister à l’attraction puissante de l’envoûtement : on entre en ce roman comme lorsque, sur une route, on pénètre la couche épaisse d’une brume qui semble vous arracher au réel, vous emporter ailleurs, là où plus rien n’existe que vous et ce trouble du monde . Lire l’Année Brouillard, c’est cela, plus rien n’existe autour : on ne lâche pas car on veut comprendre, sortir de ce long tunnel et savoir, savoir ce qu’est devenue Emma, l’enfant disparue .

Tout commence un jour saturé d’un froid blanc, Abbby, photographe professionnelle se promène sur la plage avec la fille de son compagnon Jake. Il y a du brouillard ce jour-là. Emma s’amuse à quelques mètres d’Abby qui règle son appareil, le porte à l’œil, perçoit un forme, s’avance, à peine, de quelques pas seulement, et reconnait le cadavre d’un jeune phoque, cela ne dure qu’un instant, cela, cette absence d’Abbby parce qu’elle fixait autre chose, mais ces quelque minute ont suffi : Emma n’est plus là.

La panique ne l’envahit pas immédiatement. Abby se dit que l’enfant doit être un peu plus loin. En son esprit, elle la voit , se la figure accroupie derrière le petit mur, là à quelques mètres, elle y court, elle en est certaine, Emma est déjà en ses yeux, réelle, vibrante de vie. Abby arrive. Abby voit. Elle ne voit rien. Nulle Emma. C’est alors que lui prend le vertige, ce glissement du monde, la terre sous les pieds qui se dérobe , qui se fend et d’où surgit l’épouvante,l’ innommable : la disparition d’un enfant.

Le roman va alors explorer l’entièreté des conséquences de ce drame : les recherches, la solidarité, l’angoisse, la culpabilité , l’espoir, la colère du père, sa quête désespérée et celle d’ Abby.Car la femme est rattrappée par un sentiment coupable qui ne la lachera pas, d’autant qu’elle est persuadée que se trouve dans sa mémoire ou bien dans la bôite noire de l’appareil, l’instant précis où Emma a disparu et en lui, la vérité contenue. Elle doit donc se souvenir ,reconstituer, pourfendre le souvenir, traverser la surface lisse des photos prises ce jour-là, pour découvrir une piste, le début d’une résolution, rattrapper cet instant où elle croit avoir failli . Et le roman de saisir avec une intelligence subtile toute la complexion psychique de ces personnages soudain projetés en enfer, de sonder les mécanismes de la mémoire, de la peur, du doute, de l’imagination lorsqu’elle est soumise à l’effroi, de l’amour paternel lorsqu’il est rendu desespéré. Pourquoi ce livre est-il un chef d’oeuvre ? Car il est rare de pouvoir lire, en une écriture si fine et habile, un roman qui donne si bien à visualsier autant qu’il invite à pénètrer les épaisseurs obscures de l’âme aux prises avec un réel qui le dépasse , et d’être, ainsi, tenu par un suspens, une tension diaboliques qui vous mènent jusqu bout , jusquà ce dénouement glacial. L’Année Brouillard est une révélation. Un chef d’oeuve.

Conseil Karine Henry

       

 

 

Réalisation Marais.evous.fr