Les invisibles

Les invisibles

Roy Jacobsen

Gallimard

  • 5 juin 2017

    Les invisibles raconte la vie des Barrøy, l'unique famille installée sur une des dix milles îles et îlots qui bordent la côte norvégienne. La famille est propriétaire de cette île, si petite qu'elle est juste un écueil sur l'océan, un point invisible sur la carte du pays mais un univers à elle seule.
    A la fois paysans et pêcheurs, les pieds ancrés dans la terre et le regard tourné vers la mer, enfants comme adultes y mènent une vie de dur labeur, de vide, de solitude et de gravité. De quoi mourir d'épuisement et d'ennui s'il ne fallait sans cesse veiller à entretenir le fragile équibre du rapport entre les bêtes et les hommes, la terre et la mer afin de se maintenir à flot sans que l'île ne se transforme en radeau pourri.
    Il leur faut constamment lutter pour survivre, rester libre et maître de leur destin. C'est une existence rude, sans aucun confort, qui laisse peu de place aux paroles et aux sentiments qui s'expriment silencieusement mais on devine leurs espoirs et leurs rêves. Et leurs craintes.
    C'est un roman captivant mais déconcertant par son ton presque monotone, à l'image de la vie insulaire. Il est aussi déroutant par sa géographie car il n'est pas évident de s'y retrouver parmi les îlots de l'archipel et les Barrøy étant des gens de peu de mots, certaines situations paraissent un peu obscures, difficiles à vraiment comprendre.
    J'ai cependant été totalement séduite par cette escale norvégienne et je ne peux que vous conseiller de vous embarquer vous aussi pour cette belle lecture franchement dépaysante.


  • 4 juin 2017

    L'île au nord du monde

    Roy Jacobsen ancre cette histoire de vies minuscules sur une île norvégienne qui l’est tout autant, là où le pays façonne les hommes à son image. D’une grande puissance évocatrice.

    **Une île coupée du monde**

    Les Barroy possèdent l’île du même nom, située au nord du cercle polaire. Il y a Hans et Maria, leur fille Ingrid, son grand-père et sa tante attardée. Tous les cinq vivent en quasi autarcie, à l’instar des quelques autres familles de cet archipel norvégien septentrional, « une poignée de gens […] qui cultivent une fine couche de terre et pêchent dans les profondeurs de la mer, enfantent des jeunes qui grandissent et cultivent la même terre et pêchent dans les mêmes profondeurs ».

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