Les Sources

Marie-Hélène Lafon

Buchet-Chastel

  • Conseillé par (Libraire)
    25 janvier 2023

    Coup de coeur de l'équipe !

    "Les sources" nous dit les peurs, les envies, les regrets et les non-dits d'une femme seule "au corps mou et vide", qui subit la violence physique et verbale de son mari, dans les années 70, en Auvergne.
    Un texte court, à l'écriture précise et touchante.

    Du grand Marie-Hélène Lafon !


  • Conseillé par (Libraire)
    24 janvier 2023

    Subtil, sec, une gros coup de coeur de cette rentrée littéraire !

    A chaque nouvelle parution de l'auteure, nous savons que nous allons retrouver son écriture serrée et dense à laquelle elle nous a habitués livre après livre. C'est ce que nous aimons tant chez elle, cette netteté dans le style et cette façon de pénétrer la matière de l'humain, ses faiblesses, ses forces, sa solitude, ses "sources" : qu'est-ce qui constitue un personnage, un groupe, une famille, d'où viennent-ils, que charrient-ils et peuvent-ils laisser la mémoire de leur corps et de leur âme pour recommencer et renaître ailleurs ?
    Ici il est question d'une famille d'agriculteurs trentenaires, mariés jeunes, en 1959, avec 3 enfants désormais.
    Le couple a acheté une ferme et des terres ; le mari connaît son affaire, il a ça dans le sang, comme son père et avant lui encore, la ferme est prospère mais il est aussi violent : coups et mots qui blessent sont le quotidien de sa femme.
    Comment échapper à cette vie quand les femmes qui divorcent alors sont mises à l'écart, telles des êtres indignes, quand l'argent et l'orgueil d'être propriétaire d'une si belle ferme comptent tant, quand la solitude et l'isolement renforcent l'idée qu'on est invisible aux yeux des autres...
    En trois chapitres portés par trois dates, on assiste à ce qui se joue là, on retient son souffle, on espère.
    Un roman subtil et fort.


  • Conseillé par (Libraire)
    23 janvier 2023

    Un roman au cordeau

    Un récit en trois actes, trois points de vue à trois époques distinctes (1967, 1974 et 2021): celui de la femme, mère de famille, vivant dans une ferme isolée, sous le joug de son mari violent et fruste. Un malaise sourd l'étreint, elle est piégée, pris à la gorge par une vie dont elle ne veut plus. Ses pensées nous sont livrées ici, lucides et implacables. Malgré ses craintes, on la sent déterminée.
    Deuxième période : cette fois-ci, c'est le mari qui s'exprime, sans aucune retenue, il verse sa bile sur sa femme qui est partie. Il évoque son quotidien d'homme seul, de père sporadique, happé par sa vie à la ferme.
    Puis, la troisième période : celle de leur fille, venue signer chez le notaire la vente de cette ferme. Elle y a vécue petite avec sa sœur et son frère. Elle se souvient et se souviendra...
    Un roman au cordeau, oppressant à souhait. Le soliloque de la femme est terrible : la description de son quotidien est précis, quasi méticuleux, sans emphase, puis vient le constat - sans appel. La parole jaillit enfin - là voilà libérée. Celui du mari est violent, on perçoit une absence totale d'empathie. Il œuvre sans aucun état d'âme. Il restera taiseux jusqu'au bout.


  • Conseillé par (Libraire)
    20 janvier 2023

    Comme un sculpture du vivant

    On est en 1967, dans le Cantal, dans la tête d'une jeune femme de 30 ans,
    qui souffre dans son corps et dont les souffrances ont colonisé l'esprit.

    On est dans la tête de l'homme qui partage sa vie et dont le corps n'est que violence.

    Une écriture au plus près de la vie, qui interpelle par sa justesse et sa beauté simple.
    C'est tellement puissant...
    Agnès


  • Conseillé par (Libraire)
    18 janvier 2023

    Grâce à une écriture minutieuse et travaillée, Marie-Hélène Lafon nous plonge une nouvelle fois dans une tranche de vie à la campagne.
    Les pensées, les odeurs, les sensations, elle décrit avec pudeur et précision les petites choses du quotidien qui forment une histoire dans l'Histoire.
    Bravo Mme Lafon !!

    Pauline


  • Conseillé par (Libraire)
    17 janvier 2023

    C’est dans la campagne isolée du Cantal, d’où elle est originaire, que Marie-Hélène Lafon plante le décor de son nouveau roman « Les sources ». Elle y brosse le portrait d’une famille d’agriculteurs à la fin des années 60.
    Decoupé en trois parties, le récit plonge d’abord au cœur de l’intimité de la mère de famille, soumise à l’extrême agressivité de son mari. Le point de vue du père prend le relais. On découvre alors un autre pendant de ce personnage, son inflexibilité et sa préoccupation unique de faire prospérer sa ferme. Enfin, la fille aînée prend la parole, plusieurs décennies plus tard, pour achever ce triptyque romanesque et familial.
    Outre la description des conditions de la France rurale d’une époque, ce court roman, poignant, pesant et puissant à la fois, parvient à décrypter de l’intérieur l’ossature de cette famille marquée par la violence et les non-dits. C’est grâce à une plume d’une précision virtuose que Marie-Hélène Lafon réussit ce tour de force en quelque 120 pages.


  • Conseillé par (Libraire)
    17 janvier 2023

    LE MEILLEUR ROMAN DE MH LAFON

    La quatrième de couverture dit simplement: « Années 1960. Isabelle, Claire et Gilles vivent dans la vallée de la Santoire, avec la mère et le père. La ferme est isolée ». C’est peu mais c’est tout. On n’a guère envie d’ajouter à ce résumé tant ce court roman n’appelle pas les digressions, les raccourcis. Marie Hélène Lafon depuis une quinzaine de romans nous a habitués à dire l’intime, les silences d’un monde rural à l’écart. On se retrouve donc de nouveau dans ce Cantal où la rivière La Santoire coule comme un prolongement des romans antérieurs, un lien qui unit tous ces hommes et femmes qui essaient tant bien de mal de vivre en cherchant leur place dans la nature et dans le monde des « autres ».

    Trois voix nous sont données à entendre. La plus importante est celle de la mère qui, en cette année 1967, va descendre avec son mari et ses trois enfants à Fridières chez ses parents. Elle est mariée depuis presque huit ans, il manque « six mois et dix-sept jours », elles compte comme un prisonnier, et ce repas dominical en territoire amical est son seul moment de répit dans des semaines qui se succèdent sous le signe de la violence et du désamour de soi. Le dimanche matin elle dispose d’une heure devant elle, une heure pour respirer, se regarder dans une glace, apprivoiser ce corps déformé par trois grossesses difficiles, ce corps qu’elle déteste et qu’elle lui abandonne avec dégoût. Elle trouve alors la force de penser, de réfléchir, de faire le bilan

    En donnant la parole au mari en 1974, Marie Hélène Lafon ne cherche pas à excuser, à accuser, à démontrer. Elle décrit un univers mental fait de solitude, d’ignorance, d’isolement affectif et intellectuel et donne ainsi toute sa force au roman. Lui n’a vécu réellement que lorsqu’il se trouva au Maroc, chauffeur d’un gradé. Loin de son chemin familial prédestiné de la ferme du Cantal, il a découvert autre chose, une forme de liberté, y compris amoureuse avant de revenir chez lui pour assumer un destin qui lui était tracé dans une société rurale hiérarchisée où l’homme assure la vie économique de sa famille et où la femme le sert jusqu’à s’effacer.

    La troisième voix referme l’histoire, comme elle referme la grille de la cour de la ferme. C’est celle de Claire une des trois enfants qui aujourd’hui dit tout d’un monde finissant, de l’exode urbain des enfants qui ont fait des études, de « sources », que Claire préfère à « racines », qui se tarissent.

    Marie Hélène Lafon signe là son plus beau roman. Elle abandonne l’écriture ciselée, comme apprêtée qui alourdit parfois ses récits. Les mots coulent cette fois ci avec une glaciale limpidité, sans effet de vocabulaire. Elle écrit en creux un environnement familial qui est celui d’un monde rural aux prises avec la solitude, la faible socialisation, l’absence d’ouverture sur l’ailleurs. « La ferme est isolée », un isolement qui n’excuse absolument rien mais qui dit beaucoup de choses.


  • Conseillé par (Libraire)
    16 janvier 2023

    Trois tableaux
    Trois dimanches
    Trois époques
    La Cantal, 1960. Une ferme, trois enfants, un père, une mère, malmariée.
    Tout en non-dit et sensations, on comprendra la situation. Et on sera surpris par la force de décision de la mère pour s'en sortir. Une décision courageuse dans les années 60. Un texte très court qui vous avale d'une traite et vous marque .

    Manon Tézier, libraire Charlemagne La Valette


  • Conseillé par (Libraire)
    14 janvier 2023

    Le bijou de la rentrée littéraire

    Une femme dévastée doit rassembler ses forces pour fuir la ferme familiale.
    Un roman pudique, court et pognant.


  • Conseillé par
    9 janvier 2023

    Autre coup de cœur de cette rentrée littéraire, Marie-Hélène Lafon réussit, sans pathos, à décrire un sujet brûlant au milieu d’une nature omniprésente qui s’associe aux corps pour le travail de la ferme mais aussi pour les ressentis, avec la vie qui file comme les mots, simplement mais implacablement.
    La suite ici
    https://vagabondageautourdesoi.com/2023/01/09/marie-helene-lafon-les-sources/


  • Conseillé par (Libraire)
    7 janvier 2023

    Au fin fond du Cantal un samedi de 1967, une femme d’à peine trente ans se remémore les 7 années de son mariage et prend une décision. Des années plus tard, son mari puis sa fille prennent à leur tour la parole. En peu de mots Marie-Hélène Lafon dit la solitude, le labeur, l’isolement, la peur aussi et c’est magnifique !
    Valérie


  • Conseillé par (Libraire)
    7 janvier 2023

    Une récit d'une grande force

    Hélène Lafon nous livre l'histoire d'une famille si banale et pourtant si meurtrie. Nous devenons observateurs de la souffrance silencieuse d'une mère, d'une peur cachée qui creuse la distance au sein de ce corps de ferme, et de la colère d'un homme lointain.
    L'autrice traite ses sujets de façon très égale sans en laisser de côté, et nous fait entrer dans un texte toujours en tension.
    Brillamment écrit, incisif et très puissant.


  • Conseillé par (Libraire)
    3 janvier 2023

    Conseillé par Stéphanie et Coralie

    Ce week-end de 1967, le repas familial vient de se terminer. La femme attend avant de débarrasser. Il ne faut surtout pas réveiller son mari qui dort sur le banc. Il ne supporte pas le bruit quand il fait sa sieste. Pourtant, elle le sait, quand il se réveillera il la traitera de fainéante parce que la table n'est pas encore débarrassée. Les coups ne pleuvront peut-être pas à ce moment-là mais ça viendra plus tard, forcément. Leurs enfants, Isabelle, Claire et Gilles s'amusent dans la cour. Bientôt huit ans de mariage "quatre ans à la ferme, ici, loin de tout, au bout du monde". Et elle pense aux années d'avant, aux corvées d'aujourd'hui, à sa famille qui lui manque mais qu'ils vont aller visiter demain, ça lui fera une bouffée d'oxygène.
    Sept ans plus tard, c'est sa voix à lui que nous entendons et qui vient éclairer celle de sa femme.
    On retrouve le Cantal natal de Marie-Hélène Lafon qu'elle décrit si bien. La vallée de la Santoire, cette vie à la ferme, on la vit, on la ressent, elle nous transperce. On voit l'armoire aux vêtements parfaitement pliés et le linge qui sèche dehors sur le fil, on voit la toilette dans la bassine, le coq au vin fumant sur la table dominical. Et le silence, les non-dits, les secrets bien gardés.
    C'est simple, beau et cruel à la fois.


  • Conseillé par (Libraire)
    31 décembre 2022

    coup de cœur d'Evelyne

    Dans un style dense et dur qui est la marque de fabrique de Marie-Hélène Lafon, l'autrice nous raconte la condition féminine en milieu rural dans les années 60 et la lente émancipation de Claire.
    Un roman très court mais très percutant : encore un coup de maître pour une des plus grandes romancières françaises contemporaines.
    Librairie La Promesse de l'Aube


  • Conseillé par (Libraire)
    27 décembre 2022

    Une vie à la campagne

    Comme dans ses précédents romans, l'auteure nous conte merveilleusement la vie à la campagne à la fin des années 1960, où un couple avec trois enfants vit durement de l'agriculture dans sa ferme. Mais le mari est violent, bat sa femme et la considère comme sa servante. Elle subit sans rien dire jusqu'au jour où elle va réagir et tout sera bouleversé.
    Texte poignant, au vocabulaire resserré et choisi, avec une belle écriture.


  • Conseillé par (Libraire)
    22 décembre 2022

    Retour aux Sources

    Aux "racines" Marie-Hélène Lafon préfère les "sources". Plus fluides, mouvantes, on les remonte, on y puise, et parfois elles nous échappent.

    Dans ce nouveau roman, elle revient dans cette vallée qui lui est chère, la vallée de la Santoire, dans le Cantal. Une ferme, les années 60. La mère, 30 ans, trois enfants. On a beau lui dire qu'elle a de la chance : son mari a une belle ferme prospère, ce qui se cache derrière les murs de la maison ne la rend pas heureuse, loin de là. Mais à cette époque, on sert les dents, on ne dit rien, on accepte... il ne faudrait pas jeter l'opprobre sur la famille avec un divorce !

    Fidèle à cette écriture sans fioriture, qui va à l'essentiel, comme les paysages dans lesquels elle puise son inspiration, Marie-Hélène Lafon livre un roman bref mais intense, qui raconte une histoire, une époque, particulière et pourtant tellement commune.

    Magnifique

    Aurélie