Féerie générale

Emmanuelle Pireyre

Éditions de L'Olivier

  • par (Libraire)
    24 mai 2013

    Une merveille de livre

    À vrai dire, je n'avais encore jamais rien lu de tel. C'est un roman-collage qui mêle, avec beaucoup d'intelligence et de drôlerie, fiction et réalité. Merveilleuse, féérique mais aussi affreusement réelle, une radioscopie politique, culturelle et médiatique de l'Europe d'aujourd'hui. Dit comme cela, je comprends que cela peut faire peur mais c'est vraiment original et très très bien écrit. L'air de rien, elle dénonce les idées reçues... et crée du sens dans tous les sens ! Bref, j'ai un très gros coup de coeur pour ce livre.


  • 6 avril 2013

    Féerie loufoque

    Lauréate du dernier Prix Médicis pour " Féerie générale ", Emmanuelle Pireyre déclarait peu après sa nomination : « Je viens de la poésie et inventer des formes ne me fait pas peur_._ » Il suffit, pour s’en convaincre, de feuilleter cet objet étrange et hybride qui tient  bien plus de la performance artistique que du roman dans sa définition classique. Ce texte raconte pourtant des histoires, succession de sept contes modernes dont les héros évoluent dans un monde surconnecté et anxiogène. Il y a d’abord Roxane, qui délaisse ses cours de finance pour se consacrer à la peinture équestre, puis cette jeune musulmane résolue à ne pas imposer de limites à ses rêves, cet étudiant suédois qui aime la France « pour ses centres historiques et ses filles faciles » et ces artistes contemporains qui organisent des happenings pour réchauffer le luxe glacé de leur loft new-yorkais. La fiction devient le reflet d’une réalité qui n’a rien de futuriste, elle interroge sur les modes de consommation actuels et le sens à donner à sa propre existence. Si les questions faisant office de titres de chapitres semblent a priori totalement loufoques (« Comment laisser flotter les fillettes ? », « Comment faire le lit de l’homme non schizoïde et non aliéné ? », « Friedrich Nietzsche est-il halal ? _" _), les développements, à la fois ludiques et savants renferment des interrogations bien actuelles et légitimes telles les perspectives écologiques pour notre planète, la remise en cause de la cellule familiale, la toute- puissance de la finance, le regard porté sur l’Islam et l’utilisation massive du cliché dans le langage écrit et oral. C’est effectivement contre toute forme de clichés et de lieux communs qu’Emmanuelle Pireyre part en croisade dans cet ouvrage mêlant oralité et tournures anciennes, récit traditionnel et langage texto, photographies et ébauches de courriels, le tout se succédant dans un joyeux désordre qui n’est pas sans nous rappeler notre quotidien et la façon parfois absurde dont la société contemporaine fonctionne.

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  • 10 novembre 2012

    Mais d’où vient que ce drôle de livre se lit avec autant de plaisir ?
    Il ne ressemble à aucun autre, il ne ressemble même à rien, serais-je tentée de dire, avec son côté décousu, son montage improbable de vignettes en tous genres.
    Pourtant, on s’y installe sans problème, le style alerte et primesautier est très revigorant et on regarde défiler avec intérêt toute une galerie de personnages et de situations au hasard desquels l’auteur épingle, en collectionneuse avérée des faits et méfaits contemporains, telle ou telle spécificité et/ou avanie de notre monde moderne.

    Car chemin faisant, alors qu’elle s’amuse à surfer d’une micro-histoire à une autre, elle glisse un aparté socio-économique, une réflexion (explicite ou suggérée) sur l’air et les phénomènes du temps, du storytelling au port du voile en passant par le sens de la circulation en Corée, pour ne citer que quelques exemples parmi beaucoup d’autres.

    Un piquant butinage, qui se plaît à faire fi des codes du roman pour se mettre au diapason de notre univers moderne, mais sans jamais en être dupe.