Marcher droit, tourner en rond

Marcher droit, tourner en rond

Emmanuel Venet

Verdier

  • par (Libraire)
    12 avril 2021

    Un très gros coup de cœur pour ce récit hilarant !

    « Entendons-nous, je ne suis pas un fanatique de la vérité, j’admets volontiers qu’on maquille un cadavre pour le rendre présentable à la famille avant de visser le couvercle du cercueil, et je peux comprendre qu’on n’entre pas dans la description détaillée de tous les travers du défunt. Mais de là à présenter ce dernier sous un jour entièrement trompeur, il y a un fossé que je me refuse à franchir. »

    Soyez avertis, le narrateur de ce monologue qui se lit d’une traite a le syndrome d’Asperger et ne fait pas de concessions ou de compromis. Dans une franchise absolue, parfois presque déconcertante, mais ô combien hilarante, il décortique chaque mensonge présent dans l’éloge funèbre de sa grand-mère et rétablit la vérité sur chacun des membres de sa famille.

    D’une logique implacable, d’une précision méthodique et d’une intégrité admirable, il ne peut cependant comprendre et intégrer les normes sociales. Inapte aux relations humaines, il rêve pourtant d’une grande histoire d’amour avec Sophie Sylvestre et sa naïveté, si handicapante, en est que plus touchante.

    Un texte intelligent qui fait rêver d’une société dénuée d’hypocrisie.


  • 30 octobre 2019

    Jouissif. Cette lecture est jouissive. Non que je souhaite à quiconque d'être atteint par ce syndrome mais cette liberté de ton est jouissive. Au diable les conventions, les façades de circonstances, les discours plaisants, les inventions post-mortem afin d'élever au ciel étoilé le défunt sur un piédestal de fabrication bigote - Au diable. Entre le discours et l'acte, les paradoxes s'avèrent nombreux, la parole est, pour notre protagoniste, un engagement fort, un acte fondateur de l'existence. "L'homme qui se livre" va nous offrir sur un plateau les têtes de sa famille, tranquillement, relevant ci et là les incohérences, les hypocrisies.... Jouissif, donc !


  • 12 décembre 2017

    autisme

    Atteint du syndrome d’Asperger, l’homme qui se livre ici aime la vérité, la transparence, le Scrabble, la logique, les catastrophes aériennes et Sophie Sylvestre, une camarade de lycée jamais revue depuis trente ans.

    Le récit bénéficie d’une unité de temps et de lieu : il prend place pendant l’enterrement de la grand-mère du narrateur. L’occasion pour lui de passer en revue les rapports familiaux qu’il ne maîtrise pas, ce qui créé des situations forts drôles. De plus, les membres de sa famille ne le comprennent pas non plus ; seul son père est une aide pour lui.

    J’ai aimé découvrir des listes complètes pour être incollable au jeu du Petit Bac, et pourquoi la corrida est un sport dangereux pour l’homme.

    Une lecture intelligente et jouissive qui décortique nos rapports sociaux par le biais de la logique, ce qui se révèle parfois fort cocasse.

    L’image que je retiendrai :

    Celle de la grand-mère qui a préféré acheter une concession de cimetière au sec plutôt qu’une véranda. Le narrateur ne comprend pas pourquoi c’est important de ne pas être mouillé une fois qu’on est mort.


  • par (Libraire)
    24 octobre 2016

    Atteint du syndrome d'Asperger, le narrateur assiste aux funérailles de sa grand-mère et s'interroge sur le bien-fondé des commentaires lus lors de l'éloge funèbre tant les membres de sa famille ne savaient souffrir l’aïeule de son vivant. Enfermé dans sa bulle, il voue un culte au champion du monde de Scrabble, est inénarrable sur les catastrophes aériennes et songe à la vie avec Sylvie qu'une décision judiciaire contrarie. Il dit ce qu'il pense tout haut, toujours ; c'est frais, touchant et irrévérencieux. Un autiste dans un jeu de quilles.


  • 6 octobre 2016

    Un savoureux monologue intérieur lors de funérailles.
    Pour le narrateur, assister à cet enterrement c'est ouvrir la boîte de Pandore. Tromperies, adultères, secrets de famille, tout y passe et chacun y prend pour son grade.
    Caustique, drôle, on ne résiste pas a ce procureur et ses vérités assassines, qui mêle humour corrosif et style féroce!!
    Une petite merveille d'humour noir !!!!


  • par (Libraire)
    19 septembre 2016

    Quel régal que cette satire mordante des rituels familiaux et des hypocrisies sociales !
    Un regard singulier et un pied de nez à la littérature narcissique.
    Intelligent, drôle et grinçant !

    Hélène.


  • 13 septembre 2016

    Lors de l’enterrement de sa grand-mère Marguerite, le narrateur est révolté par les énormités qu‘il y entend. Sa grand-mère est présentée comme une femme aimante, gentille, chrétienne, loyale et dévouée à son défunt mari (et j’en passe). Sauf que la vérité est tout autre et nous est présentée à travers son regard. Mensonges, hypocrisies, adultère, enfant illégitime, alcoolisme : tout est dit sur les membres de la famille comme sur les relations parodiées de l’unité familiale. Le syndrome d’Asperger dont il est atteint le rend "non seulement cohérent avec lui-même et de franchise absolue, mais aussi routinier solitaire". Donc difficile pour lui d’ingérer les mensonges qu’on distribue à ses questions depuis toujours.

    Passionné par le scrabble et par les catastrophes aériennes, il voue un amour mais non réciproque depuis l'adolescence à une dénommée Sophie Sylvestre-Lachenal. Et en pensant à elle, ses plans d’avenir prennent forme "Le vendredi, nous partirions au lac dans son cabriolet vert et nous passerions le week-end à canoter, à chiner des livres d'aviation, à dîner dans des trattorias et à faire l'amour en rêvant de déposer « kiosque » ou « jockey « sur mon compte triple."
    Derrière la cocasserie et l’ironie se dessine le portait du narrateur. Ses difficultés relationnelles l’isolent et il se protège de la vraie vie.

    Avec dérision, humour mais également de la sensibilité, Emmanuel Venet réussit à nous parler d’autisme, des petits arrangements et des mensonges que l'on saupoudre sur la vérité.
    Je me suis régalée !

    Un grand merci à Arnaud (Dialogues) pour ce conseil de lecture !


  • par (Libraire)
    2 septembre 2016

    Le regard touchant et drôle d'un homme atteint du syndrome d'Asperger sur le monde qui l'entoure... L'une des petites perles de cette rentrée littéraire !


  • par (Libraire)
    2 septembre 2016

    Nous connaissons le « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas », qui inaugure "L’étranger" de Camus. Le narrateur de "Marcher droit, tourner en rond" sait parfaitement quel jour nous sommes – l’enterrement de sa grand-mère – mais le syndrome d’Asperger dont il est atteint le pousse fondamentalement à dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité …
    Durant la cérémonie, parangon de simulacre à ses yeux, il va se livrer à un monologue intérieur des plus grinçants, renvoyant le lecteur à ses propres arrangements avec le réel.
    Jonathan - Librairie Le Merle moqueur


  • par (Libraire)
    1 septembre 2016

    Satire drôlissime

    Roman drôlatique et loufoque conçu comme un long monologue intérieur, une observation minutieuse des caractères humains par un jeune homme autiste. Le temps d'une cérémonie mortuaire (les funérailles de sa grand-mère), le narrateur développe et rétablit sa part de vérité quant à son aïeule, ses amours secrètes et la société qui l'environne. C'est jubilatoire d'inventions et de rêveries, de vérités assenées et assassines. Le monde est ainsi refait, revisité, en boucle. Délicieux!