Le casse-pipe intérieur
EAN13
9782910686710
ISBN
978-2-910686-71-0
Éditeur
Joseph K éditeur
Date de publication
Collection
LITTERATURE GEN
Nombre de pages
256
Dimensions
24 x 17 x 2 cm
Poids
604 g
Fiches UNIMARC
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Il y a une ligne de force souterraine qui m’a bouffé le cerveau depuis quelque temps : quand mon père est décédé, je me suis mis à écrire (à trente-cinq ans) ; quand ma mère l’a suivi (huit ans après), je me suis décidé à devenir père. Étonnant, non ? Je n’adhère pas aux diktats générés par cette vérité sous-jacente, mais je me méfie toujours.
L’essentiel, ici, est d’avouer que l’on ne sait pourquoi l’on se retrouve à aligner des mots, des phrases, que l’on se jette, tête baissée, dans une production tous azimuts de textes disparates. Bien sûr, tout au début, l’on m’a un peu forcé la main. Mais très vite, j’ai réalisé que j’écrivais beaucoup et très vite sans me préoccuper de l’image que je pouvais donner. Certes en imposant, avec opiniâtreté, une donnée précise, celle de revendiquer plutôt le statut d’auteur que celui d’écrivain. Ce dernier, je ne le hais point, il peut continuer à vaquer de rentrées littéraires en sauteries foie gras à Brive. Il est libre et fait ce qui lui semble bon. Ce que je supporte moins c’est qu’il se plie la plupart du temps aux exigences d’un paradigme puissant, dans nos contrées, le fameux mythe, même pas barthésien, de l’écrivain, celui qui souffre, qui maigrit, qui grossit, qui boit, qui devient fou, qui pleure quand il n’écrit plus, qui voyage pour se perdre, qui fait chier son entourage, qui a toujours un chat, qui écoute Mozart et qui avoue en permanence que c’est dur, inhumain, surhumain, qu’on y perd son âme, qu’écrire peut mener au meurtre de soi.
Peut-être.
Pas moi.
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