Cergy. Tableaux actuels d'une ville nouvelle
EAN13
9782354281496
ISBN
978-2-35428-149-6
Éditeur
Créaphis
Date de publication
Nombre de pages
180
Dimensions
20,9 x 15 x 1,8 cm
Poids
388 g
Langue
français
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Cergy. Tableaux actuels d'une ville nouvelle

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Le village de Cergy s'est trouvé pris à la fin des années 1960 au centre d'une agglomération nouvelle voulue par l'état et les aménageurs. 50 ans sont passés comme autant d'années d'une chronique urbaine et humaine : c'est l'occasion pour le sociologue et écrivain Jean-Michel Léger et le photographe Jean-Yves Lacôte d'y revenir et d'en saisir les contours actuels.
" Cergy, dès sa construction, a été une ville de brassage, soixante nationalités différentes, Français venus de toutes les provinces. Je trouvais cela prodigieux, une ville pareille, à quarante kilomètres de Paris, cette possibilité d'être ensemble entre gens arrivant de partout. Une ville où il n'y a pas, comme à Rouen, Bordeaux, Annecy – les villes où j'ai vécu – un cœur 'bourgeois', inscrit dans les murs, dans les rues, cette puissance ancienne d'un ordre social, de l'argent, manifestée dans les bâtiments " (Annie Ernaux, Le vrai lieu, Gallimard, 2014).
Le petit village de Cergy, dans son écrin de verdure et son univers champêtre, s'est trouvé pris à la fin des années 1960 au centre d'une agglomération nouvelle voulue par l'état et les aménageurs. La création de " centres urbains nouveaux ", à l'échelle de l'Ile-de-France, a apporté des réponses à la croissance démographique et à l'étalement urbain en réalisant un développement multipolaire. 50 ans sont passés comme autant d'années d'une chronique urbaine et humaine faite de ruptures et de continuités, planifications et changements de programme, superpositions et hésitations, lenteurs et fulgurances, échecs et réussites. Dans l'aventure de la ville nouvelle, Cergy est celle qui a connu les bouleversements les plus importants et la croissance démographique la plus spectaculaire, passant de 2 500 habitants en 1969 à plus de 62 000 aujourd'hui. Chaque quartier, constitué autour d'îlots ou d'unités de voisinages, témoigne d'une extraordinaire diversité architecturale, urbaine, paysagère et sociale. En résulte une forme urbaine complexe, vivante, entrelacée de pleins et de vides, de parcs, de routes et de sentiers, de liens et de passages propices à toutes sortes de circulations. Toujours en travaux, travaillant ses limites et son centre, la ville aime se contredire et se mêler, comme sa population, à l'air du temps.
En s'attachant aux ambiances singulières des quartiers, aux édifices-témoins et emblématiques (de la Préfecture à l'Axe majeur, par exemple), à ce qui fait lien ou rupture entre les quartiers, le photographe Jean-Yves Lacôte donne à voir autant une histoire des formes urbaines que la manière dont on les habite aujourd'hui, dont on se les approprie ou les détourne. Une photographie-constat de 50 ans de vie (non pas " après " mais " pendant ").
Jean-Michel Léger, extraits : " Il ne s'est pas agi ici d'évaluer Cergy, mission impossible. La tentation de rapprocher les intentions des fabricants de la ville (planificateurs, aménageurs, élus, urbanistes, architectes) et la réception par ses usagers est en effet vaine, tant l'aptitude des citadins à inventer des usages et des représentations relève d'une créativité non attendue. Au moment de la conception des villes nouvelles, Henri Lefebvre affirmait déjà que la vie quotidienne n'est pas réductible à une idéologie urbanistique forcément fonctionnaliste, car la vie quotidienne est autant une œuvre originale qu'un produit manufacturé. L'usage d'une ville est polyphonique : les habitants, les actifs, les étudiants, les passants, etc. ont chacun leur propre partition. Ce récit sur la ville de Cergy est ainsi comme le méandre de l'Oise qui a justifié le choix du site à urbaniser (tout en l'épargnant) : il décrit une boucle en s'abreuvant à différentes rives : témoignages d'acteurs publics ou anonymes, sources bibliographiques, documentation disponible sur Internet, visites in situ. Au spectre très ouvert des points de vue, celui-ci n'est ainsi qu'une contribution de plus à une lecture de Cergy, sans tendre à une synthèse, sans prétendre à une introuvable objectivité. Ici, sans doute pas d'attente d'ailleurs, mais la contemplation du paysage ample et unique de la boucle de l'Oise, au fond duquel la skyline de la Défense surgit entre les buttes-témoins de Montmorency et du Mont-Valérien, ou plutôt semble posée sur la plaine comme la planète Coruscant dans Star Wars. On voit bien pourquoi Dani Karavan a été saisi par le site de bord de coteau ouvrant sur un immense et inattendu panorama, dont la perception est parfaitement dégagée par l'esplanade et orientée par l'Axe Majeur, qui lui donne effectivement une axialité, donc une direction. L'Axe Majeur se descend d'abord, puisque, pour le voir, on vient généralement d'en haut et le remonter demande un effort digne de l'ascension d'un temple chinois. "
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