28 MINUTES D'ANGOISSE, roman
EAN13
9782213625454
ISBN
978-2-213-62545-4
Éditeur
Fayard
Date de publication
Collection
Fayard noir
Nombre de pages
145
Dimensions
21 x 13 x 0 cm
Poids
192 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
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28 Minutes D'Angoisse

roman

De

Fayard

Fayard noir

Indisponible
PREMIÈRE PARTIE?>L'immeuble de la mort?>?>CHAPITRE I?>Les passants qui, en cet après-midi de décembre, se pressaient dans la 14e Rue Ouest de New York, ne remarquaient pas Stefan. S'ils l'avaient remarqué, c'eût été pour se dire qu'il s'agissait d'un paisible employé de commerce vaquant à ses occupations, avec, sous le bras, la petite valise « en fibre travaillée » contenant son nécessaire.Car personne n'aurait un seul instant supposé que Stefan était un tueur et que la fameuse petite valise renfermait une mitraillette.De même que sa valise, Stefan avait l'air honnête, honnête et même un peu commun. C'était un homme de taille très moyenne, moyennement vêtu et affublé d'un signalement passe-partout. Ses yeux marron ne se singularisaient par aucun éclat suspect; sa bouche mince était placide et la petite moustache mitée qui la surmontait lui communiquait comme une espèce de tendre veulerie populaire.Non, personne ne remarquait Stefan, personne ne se doutait qu'il peuplait les cimetières, et que, ce jour-là, il allait, de sa démarche nonchalante, «exécuter» l'un des chefs du réseau.Stefan ignorait la raison pour laquelle ses supérieurs avaient décidé la mort du chef en question. Ça n'était pas ses oignons. Son « job »à lui consistait à mettre du plomb dans les poitrines qu'on lui désignait; il n'avait pas à penser. D'autres pensaient à sa place; c'était au poil, comme travail.Il s'arrêta devant l'immeuble qui l'intéressait et pénétra dans l'ascenseur. Il n'y avait pas de liftier, car il s'agissait d'une assez vieille construction. Il appuya sur le bouton du sixième et ouvrit sa valise. Plus exactement il l'entrouvrit juste assez pour pouvoir passer la main à l'intérieur et saisir la mitraillette à canon court.L'appartement de sa future victime était situé au fond du couloir. Stefan sortit une pince de sa poche et coupa le fil du téléphone. C'était une bonne précaution qu'il ne manquait jamais de prendre. Puis il sonna.Une jeune fille vint lui ouvrir. Stefan ne la connaissait pas. Elle lui demanda en anglais ce qu'il désirait, et il dit qu'il avait une communication importante pour Bukhauser. Il ponctua cette affirmation d'un gentil sourire.Cependant, il était contrarié. La jeune fille n'était pas prévue au programme. Il n'avait reçu aucune instruction à son sujet.Bukhauser n'était pas là, mais il allait revenir. Voulait-il l'attendre ?Elle louchait sur sa valise et devait penser qu'il était représentant en quelque chose et qu'il usait d'un stratagème pour être reçu.Il la rassura :– Je ne veux rien vendre à M. Bukhauser, affirma-t-il. Je viens de la part de Katz...Ce nom n'évoqua rien dans la mémoire de la jeune fille; du moins parut-il dissiper ses doutes.– Entrez, fit-elle.Elle le conduisit dans un petit studio vieillot.– Il n'en a pas pour longtemps, assura-t-elle. Elle prêta l'oreille : « J'entends la porte de l'ascenseur; ça doit être lui ! »Elle courut dans le vestibule. Un coup de sonnette vrilla le silence. C'était bien Bukhauser. Stefan le reconnut d'après la photographie qu'on lui avait montrée. Il était plus vieux que sur la photo et il avait l'air plus hargneux aussi. Par une enfilade de portes, il aperçut Stefan et chuchota quelque chose à l'oreille de la jeune fille. Sans doute devait-il lui demander qui était le visiteur. Il s'avança, tenant son chapeau à la main, comme font les personnages officiels les jours d'inauguration.–À qui ai-je l'honneur? demanda-t-il d'une voix sèche.Stefan regarda les yeux de l'arrivant. Ils étaient préoccupés. Bukhauser, puisqu'il était un des chefs, devait connaître Stefan qui faisait partie du fichier. L'un et l'autre des deux hommes se connaissaient par l'intermédiaire de photographies. Au fond, c'était assez cocasse.Stefan ne dit pas son nom mais sortit la mitraillette de la valise. Pour son interlocuteur, ce fut aussi éloquent qu'une carte de visite.– Stefan ! balbutia-t-il.Il esquissa un mouvement de retraite, mais le tueur ne lui accorda pas plus de deux pas. La mitraillette crépita comme une crécelle de foire. Bukhauser chercha quelque chose à quoi s'agripper, ne trouva rien et s'abattit en arrière. Sa bouche remuait et ses yeux étaient grands ouverts. Stefan eut l'impression qu'ils le regardaient encore, à l'envers. Il abaissa le canon de son arme et lâcha une brève rafale. La tête de Bukhauser éclata et son sang éclaboussa toute la pièce.
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