Valérie D.

Le manteau de Greta Garbo, premier roman
18,50
6 septembre 2014

La peau de l’autre

L’auteure vire de bord : de critique littéraire, elle devient romancière. Romancière ou essayiste ? Partie à Los Angeles pour un documentaire, Nelly Kaprièlian suit la vente des vêtements de Greta Garbo et achète, inopinément, un de ses manteaux. Qu’est-ce que cela signifie de porter ce manteau ? Sans doute parce qu’« On ne s’intéresse autant à un sujet que parce qu’il dit quelque chose de soi » (p. 88) surgit à cette occasion tout un questionnement. « Le manteau de Greta Garbo » soulève des interrogations profondes sur ce qui pourrait sembler bien futile : le vêtement. Que dit-il de nous, de l’image que l’on a de soi ou que l’on veut donner aux autres, de notre conformisme à cette mode qui clone planétairement les femmes, de ce qu’on souhaite s’approprier de la peau de l’autre ? Que montre-t-il de notre rapport à notre identité, à nos origines, à la sexualité, aux autres ? Et que reste-t-il d’une vie à travers des vêtements ? Ce livre complexe, aux thèmes et aux récits enchevêtrés, montre comment on peut s’incarner dans un vêtement, qui permet de se rêver, pour soi et pour l’autre, de se réinventer

Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive
6 septembre 2014

Grandeur et décadence

Où est le réel et où est la fiction ? Avec son titre qui interpelle, en forme de citation que l’on doit à Orson Welles, ce roman brouille les lignes. Voilà en effet un livre qui met en scène des figures du cinéma français des années 60 encore présentes dans nos mémoires : Jean-Pierre Rassam, Claude Berri, Maurice Pialat. Pialat a épousé la sœur de Berri et Berri celle de Rassam et entre eux, les relations sont pour le moins tumultueuses. Comme dans un film, Donner réinvente la vie de ce petit groupe d’amis-ennemis, aux prises avec l’argent, la drogue, les prostituées, la politique ; il dépeint le destin démesuré et invraisemblable de ce trio de personnages hors normes, géniaux, excessifs. En fabriquant du faux avec du vrai, Christophe Donner construit le roman de l’outrance et de l’extravagance.