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Storyteller
14 mars 2013

Plus dure sera la chute

Pourquoi Tom Valle journaliste-vedette d'un grand quotidien new yorkais, est- il tombé dans l'engrenage de la chasse aux scoops? Il a commencé par exagérer un peu, enjoliver les informations qu'il recueillait, gonfler les articles qu'il écrivait. Puis comme ça plaisait à ses chefs et qu'il devenait une sorte de star au sein de la rédaction, il est monté d'un cran et s'est mis carrément à inventer des histoires... jusqu'au jour où il se fit prendre la main dans le sac. Alors que sa carrière s’annonçait flamboyante, le voici revenu à la case départ, dans un petit journal californien, à s'occuper des faits divers qu'on ne donnerait même pas en pâture à un stagiaire. C’est un banal accident de la route qui va le remettre en selle, lui faire renouer avec son flair de reporter, car le mort se révèle avoir une fausse identité. Tout cela le renvoie à une affaire, vieille d’un demi-siècle et jamais résolue. Punition, rédemption, des thèmes qu'adorent les Américains et que James Siegel traite avec finesse dans ce thriller palpitant.

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La Ressemblance des sexes : De l'Amour en plus au - Conflit - La femme et la mère
7 mars 2013

"L'amour se tricote au jour le jour"

Trente ans après la parution de son premier livre, « L’amour en plus », dans lequel elle affirmait que l’instinct maternel n’existe pas, Elisabeth Badinter publiait « Le conflit ». Cet essai, qui confirmait ses positions, lui valut, avant même que son ouvrage ne soit sorti en librairie, toutes sortes d’attaques de la part des écologistes et des féministes. A vous de juger puisque voici réunis en un seul volume intitulé " La ressemblance des sexes ": " L'amour en plus ", " L'un est l'autre ", " XY ", " Fausse route " et " Le conflit "

**Que s’est-il passé durant ces trente années qui séparent vos deux livres, « L’amour en plus » et « Le conflit » ? **Il y a d’abord eu une crise économique majeure avec un pic au début des années 90. Le travail des femmes a changé. Il est devenu plus stressant, précaire, avec des horaires flexibles, et des études montrent qu’elles n’étaient pas employées au niveau de leurs compétences. Bref, ce travail a perdu de son attrait. Les femmes moins favorisées ont accepté l’indemnité que le gouvernement français leur offrait pour rester à la maison durant les trois premières années de leur enfant. Indemnité qui correspondait à un demi-SMIG. Et les plus favorisées  se sont montrées sensibles à l’air du temps. Mais ce qu’aucune d’elle ne semble avoir imaginé, c’est qu’après avoir arrêté quelques années, il serait si difficile de retrouver du travail.

**Quelles sont ces idées dans l’air du temps dont vous parlez ? **On a vu l’émergence d’un discours naturaliste tenu par les écologistes, les féministes et les pédiatres. Ils se demandaient si on n’avait pas fait fausse route, en tournant le dos aux lois de la nature, et estimaient qu’il fallait consacrer davantage de temps à ses enfants. Ils n’hésitaient pas à remettre en cause des progrès comme la pilule, les biberons, la péridurale... Il faudrait accoucher dans la douleur, allaiter à tout prix. Et l’ancienne ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet nous a même menacés de créer une taxe sur les couches jetables.

**Mais que viennent faire les féministes dans ce combat? **En 1980, il s’est produit une scission au sein du MLF américain. Ces dissidentes prétendaient que l’on avait échoué parce que l’on avait imité les hommes. Et elles affirmaient que, pour prétendre à l’égalité, il fallait que les femmes retrouvent leur fierté maternelle. Qu’elles étaient destinées, depuis toujours, aux soins des plus faibles de la société et qu’il ne fallait plus partager les tâches, mais que chacun devait agir en fonction de sa nature.

**C’est-à-dire, pour résumer, la carrière aux hommes et la maternité aux femmes ? **Nous sommes loin en tout cas de notre objectif qui était de tout concilier : avoir des enfants et travailler. Mais aujourd’hui, à force de charger la barque maternelle, le conflit intérieur entre la femme et la mère devient de plus en plus aigu et l’on risque d’arriver à deux situations extrêmes. Soit elles resteront à la maison, soit elles ne feront plus d’enfants.

**Pour vous, la situation s’est donc dégradée en trente ans. **Mon livre en tout cas constitue une sorte d’avertissement. Nous avons l’exemple du 18è siècle, époque à laquelle les femmes étaient très libres, et où l’on estimait légitime qu’elles aient d’autres intérêts que leurs enfants. Mais le taux de mortalité infantile était si élevé, qu’il fallait réagir, et Rousseau s’est fait le porte-parole d’un changement radical. Il a écrit « Emile » où il affirmait qu’une femme devait être dans sa maison comme une nonne dans un couvent ! La Révolution française a entériné ces idées en interdisant aux femmes toute activité extérieure. Ce que je veux dire, c’est que les libertés féminines ne sont pas inscrites dans le marbres et qu’il faut rester vigilant.

**Mais continuez-vous vraiment à penser que l’instinct maternel n’existe pas ? **Oui, dans le sens où je ne crois pas que des processus hormonaux définissent la maternité. Je pense en revanche que l’amour se tricote au jour le jour. On peut avoir un coup de foudre immédiat pour son bébé ou pas. Il y a des femmes pour lesquelles ce n’est pas si simple. Si le véritable instinct maternel existait, on saurait immédiatement quoi faire avec un nourrisson et on ne se sentirait pas si démunies. Et lorsqu’on voit le nombre de maternités ratées, ces enfants abandonnés moralement, et cela dans toutes les classes de la société…

**Que préconisez-vous pour régler ce conflit entre la femme et la mère ?**

Accepter d’abord qu’il n’y a pas de maternité parfaite, ni d’enfant idéal. Et puis garder un pied dans l’emploi à tout prix. Le retrait du monde du travail est très dangereux. Aujourd’hui, un couple sur deux divorce et les femmes se retrouvent parfois dans une grande précarité. Et s’il faut rester avec un homme que l’on n’aime plus pour des raisons financières, c’est terrible.

**Comment expliquez-vous les polémiques que vous suscitez, assez violentes il faut le reconnaître ? **Ce choix intime que doivent faire les femmes est fondamental et forcément passionnel. Avec « L’amour en plus », il y a trente ans, j’avais le vent derrière moi. Aujourd’hui au contraire, je l’ai devant moi.

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Françoise Giroud vous présente le Tout-Paris
25 février 2013

L'art du portrait

Lorsqu'on lit ces portraits, on a tous envie de retourner à l'école. Comment en deux ou trois pages, réussir à transformer la vie de ces personnes, des " people " de l'époque, en autant de petits romans. Ce n'est jamais complaisant, jamais méchant non plus. On a l'impression qu'elle a passé des mois en leur compagnie alors qu'il ne devait s'agir au mieux que de quelques heures... Bref, ce sont des petits bijoux. Et même si, en ce qui concerne certaines de ces personnes, on ne sait même plus de qui il s'agit aujourd'hui, cela n'a aucune importance.

Découvrez  son dernier roman [" Histoire d'une femme libre "](http://www.onlalu.com/site/ouvrages/histoire-dune-femme-libre/), et le beau livre d'Alix de Saint-André qui lui est consacré : [" Garde tes larmes pour plus tard "](http://www.onlalu.com/site/ouvrages/garde-tes-larmes-pour-plus- tard/)

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Une Française à Hollywood / mémoires
16 février 2013

N'épouse jamais Mickey Rooney

Quelle comédienne peut se vanter d’avoir dansé avec Gene Kelly ET Fred Astaire ? L'an dernier, on célébrait les cinquante ans d’« Un Américain à Paris »,  le film qui la rendit célèbre, et dont elle reste la seule survivante. Ses mémoires, " Une Française à Hollywood " , nous plongent dans un monde disparu.

**Rencontre avec Leslie Caron **

**Pourquoi avoir attendu si longtemps pour écrire votre autobiographie?** J’ai toujours eu peur de ne pas réussir à tenir la longueur, peur aussi de ne pas trouver le style adéquat. J’ai décidé finalement de faire simple et on verrait bien. J’ai commencé à travailler sur ce livre avec quelqu’un, mais il brodait beaucoup et donne trop dans le mélo à mon goût. Alors, finalement, je me suis dit : « il n’y a que moi qui peux l’écrire ». Et j’ai mis deux ans à le terminer.

**Rien ne vous prédestinait à la carrière que vous avez menée. Comment tout cela a-t-il débuté?** Ma famille était très aisée, et s’il n’y avait pas eu la guerre, puis la ruine de mon grand-mère, je n’aurais jamais étudié la danse... Ou du moins, j’aurais dansé comme les jeunes filles de bonne famille. Alors que là, ma mère a compris que c’était un moyen pour moi de gagner ma vie et m’a autorisée à quitter l’école très jeune.

**Mais parmi toutes ces petites danseuses, comment avez-vous été repérée ?** Grâce à Roland Petit qui m’a engagée pour sa troupe de ballets des Champs Elysées. J’ai commencé à avoir des petits rôles à 16 ans, notamment avec une amie très douée, mais paresseuse, que l’on surnommait Bichette et qui deviendra célèbre plus tard sous le nom de Brigitte Bardot. Et un soir, Gene Kelly assista à la première de l’un de nos spectacles…

**C’est donc lui qui vous a choisie pour être sa partenaire dans « Un Américain à Paris » ?** Il m’a fait passer des essais. Et puis j’ai reçu un coup de téléphone d’Hollywood, me disant : «vous partez dans trois jours ». Ma mère m’a accompagnée, car j’étais mineure. Le film a remporté six oscars. Je réalisais que c’était formidable, mais je ne voulais pas me laisser emporter par le courant.

**Vous avez beaucoup travaillé, jusqu’à la rencontre avec votre futur mari, Peter Hall.** C’était un metteur en scène de théâtre anglais. L’homme de ma vie, le père de mes deux enfants. Mais très vite, j’ai été déçue, car il refusait de m’inclure dans sa vie professionnelle. Les Anglais étaient très misogynes à l’époque, et il ne voulait pas que je continue à tourner. Notre mariage à duré sept, huit ans, et puis nous nous sommes quittés.

**Qu’avez-vous fait alors ?** Je suis repartie à Hollywood, où je suis tombée amoureuse de Warren Beatty, avec lequel j’ai vécu deux ans. Il était tendre, sensible, c’était un formidable acteur, mais nous vivions dans un tourbillon qui ne me convenait pas.

**Avez-vous connu des creux de vague ?** A la fin de la trentaine, oui, j’ai connu une sorte d’essoufflement  cela arrive à pas mal d’acteurs. Et puis un beau jour, il y a un projet, même un film obscur qui vous donne envie d’y retourner. Pour moi, ce fut « Valentino » de Ken Russell avec Rudolf Noureev. Et plus tard, « Fatale » de Louis Malle, dans lequel je jouais la mère de Juliette Binoche.

**Vous avez fait aussi mille autre chose que du cinéma.** J’ai écrit des romans policiers, j’ai aménagé des maisons. J’ai notamment retapé une auberge, il y a quinze ans, à 130 km de Paris, que je n’ai revendue qu’en septembre dernier. Je m’en occupais et j’y étais tous les jours pour accueillir les clients. Le métier de comédien exige une certaine souplesse, car on ne sait jamais de quoi le lendemain sera fait.

**Avez-vous encore des rêves ?** Jouer sur Broadway. J’ai refusé quelques projets, car ils n’étaient pas bons, mais je n’ai pas perdu espoir. J’ai tourné aussi dans « Unité Spéciale », rôle pour lequel j’ai obtenu le prix de la meilleur actrice dramatique dans une série, et ils devraient écrire un nouvel épisode pour moi. Et enfin, j’adorerais habiter New York à nouveau.

**Vous souvenez-vous du conseil que votre mère vous a donné lorsque vous êtes partie à Hollywood ?** Fais ce que tu veux, mais surtout n’épouse jamais Mickey Rooney !

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Dans mes yeux
16 février 2013

Le rockeur et la romancière

Johnny Hallyday s'est confié à la romancière Amanda Sthers, qui lui a prêté sa plume pour ce récit écrit à la première personne. Un livre passionnant, touchant, qui sonne juste et apporte un regard différent sur cette légende vivante. Amanda Sthers nous raconte les dessous de cette étonnante aventure.

**Rencontre avec Amanda Sthers**

**Connaissiez-vous Johnny Hallyday avant de vous lancer dans cette autobiographie?** Je l'avais rencontré une première fois lorsque j'avais vingt ans. Je me trouvais à Saint-Tropez avec un copain qui le connaissait, et il nous avait invités à dîner sur son bateau. Il était hyper-accueillant, comme le veut la légende. Je l'ai revu trois ans plus tard avec mon ex-mari, Patrick Bruel. Nous sommes tous les deux timides et pudiques, on s'est parlé un peu. Puis on s'est revu au fil des années, et lorsque je me suis séparée de Patrick, il m'a fait savoir que, pour lui, ça ne changerait rien, que nous resterions amis.

**Comment l'idée et l'envie de ce projet sont-elles nées?** L'éditrice de Plon m'avait demandé si je ne voulais pas écrire une biographie. Je lui ai répondu que la seule personne qui m'intéresserait, car elle avait un destin à part, c'était Johnny. Mais qu'il n'accepterait jamais. Pour le lui prouver, je l'ai appelé tout de suite, devant elle. Et il m'a dit oui! C'était il y a un an et demi et je ne pouvais plus reculer.

**Vous écrivez à la première personne, en vous glissant dans son personnage. Comment avez-vous travaillé?** Je lui ai demandé de me faire confiance, et de ne relire le texte qu'à la fin. Je suis partie chez lui, à Los Angeles, pendant les vacances de février. Je vivais à son rythme, même si je n'arrivais pas à le suivre! Les trois premiers jours, il trouvait toujours une excuse pour ne pas répondre à mes questions. J'errais dans la maison avec mon carnet. Et un soir, nous sommes allés dans son bureau, où il m'a parlé pendant quatre heures de son père.

**Pourtant, dans ses interviews, il est en général plutôt laconique.** Il s'exprime cent fois mieux lorsqu'il n'est pas dans un rapport médiatique, car il souffre d'un vrai complexe. Il a toujours peur de ne pas dire ce qu'il faut et comme il le faut.

**Vous n'avez pas bouclé le livre en dix jours j'imagine.** Non, mais à mon retour à Paris, je savais comment j'allais le construire et j'avais compris que son père en était la pierre angulaire. En mai, je suis partie à Montpellier où il répétait son spectacle. Entretemps, j'avais vu ses films, écouté des chansons que je ne connaissais pas, et j'avais aussi pu lire toutes les choses fausses qui avaient été véhiculées sur lui au fil des années.

**Depuis que le livre est sorti, la presse se déchaîne et on lui reproche notamment de régler ses comptes avec Michel Sardou, Claude François ou Jean-Claude Camus. Qu'en pensez-vous?** C'est faux. Mais si on décide de se raconter avec franchise, il faut bien reconnaître qu'on a connu des trahisons, des déceptions. La veille de sa parution, toutes les chaînes de télévision parlaient du livre sans que personne ne l'ait lu. Etre l'attention d'un pays tout entier: j'ai tout d'un coup compris ce que cela signifiait!

**L'avez-vous censuré?** Non, mais aiguillé, et parfois dosé les choses. Sa parole était brute, sincère, la parole d'un rockeur. Et ce qui m'a le plus intéressée en tant qu'écrivain, c'est de donner une voix à la voix la plus célèbre de France, de me glisser dans son rythme. De prendre sa musique pour en faire une langue...

**Après ces moments passés en sa compagnie, avez-vous mieux compris le phénomène Johnny?** Il se dégage une espèce d'animalité. C'est une chose que je n'ai vue que sur une seule autre personne, Jack Nicholson que j'ai croisé un jour. Cela précède le talent et ne s'explique pas.

**Lorsque vous lui avez donné votre texte, comment a-t-il réagi?** Quel trac! Je lui ai remis les épreuves, juste avant Noël. Le soir où il chantait à Genève d'ailleurs. J'avais envie de l'impressionner, de le toucher. Il l'a lu pendant la nuit et le lendemain, il m'a appelée en me disant: " tu m'as fait chialer ". Depuis, il l'a relu plein de fois, et je crois que ce livre est un miroir dans lequel il a envie de se regarder.

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