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L'éternel

Albin Michel

22,00
2 avril 2013

Des vampires attachants

Après l’immense succès du « Chat du Rabbin », la sortie du premier roman de Joann Sfar s'annonce déjà comme un événement. En 1917, Caïn et Ionas, deux frères aussi opposés qu’attachés l’un à l’autre, sont embarqués, ensemble, dans une guerre interminable. Dans l’attente de l’ennemi, chacun révèle sa vraie nature. Pour l’un les actes de violence et les conquêtes sexuelles priment tandis que l’autre, le romantique Ionas, préfère s'isoler avec son violon en rêvant de retrouver au plus vite la belle Hiéléna. Lors d’une attaque adverse, Ionas périt. Il revient à Caïn d’annoncer la triste nouvelle à Hiéléna mais sa nature reprenant le dessus, il la séduit, l’épouse et lui fait un enfant. Le roman bascule alors dans l’imaginaire foisonnant de l’auteur. Les disparus deviennent vampires et autres créatures d’outre-tombe, aux mœurs et à la psychologie bien humaines. On s’attache à eux, on s’amuse de leurs quêtes existentielles, et on s'emballe quand la deuxième partie du récit nous conduit aujourd'hui, aux côtés d’une jeune veuve psy, Rebecca Streisand, confrontée au charme du séduisant vampire immortel. Inspiré du célèbre Nosferatu, « L’Eternel » est une épopée vivante où se mêlent tour à tour guerre, amour et psychanalyse, le tout nourri d’influences philosophico-religieuses et de beaucoup d’humour. Même si on peut regretter certaines longueurs, ce premier roman se dévore, nous laissant parfois déconcertés, mais toujours amusés par les fréquentes allusions faites à  nos vies d'aujourd'hui.

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Malevil
11,40
1 avril 2013

Le meilleur du post-apocalyptique

La guerre atomique a eu lieu (fulgurante). Personne n'a rien compris, personne ne sait quelle est l'ampleur de la destruction (mondiale apparemment, en raison du dérèglement climatique) et à la limite peu importe : pour ceux qui ont survécu, il s'agit de continuer à vivre, et donc de s'organiser. A Malevil, ils sont un petit groupe vite mené par Emmanuel Comte, notre narrateur. Ils se débrouillent comme des chefs, créent une petite société en communisme agraire primitif, sont en autarcie et retrouvent peu à peu un sens à la Vie. Mais ils ne sont pas les seuls survivants, et ce sont véritablement des guerres qu'il faut gérer... Aux côtés d'Emmanuel, on a ponctuellement l'intervention du jeune Thomas, qui recadre un peu les évènements, avec une objectivité dont le narrateur manque de plus en plus au fil des pages. Emmanuel se révèle dans ces conditions difficiles, se dépasse même très certainement, et a besoin pour ce faire d'une importante confiance en lui, qu'on comprend parfaitement en tant que lecteur. Il nous agace malgré tout, parce que c'est comme ça, on n'aime pas les hâbleurs à qui tout réussit. En même temps on s'identifie complètement à ses " ouailles ", on compte sur lui pour se montrer fort quand c'est nécessaire (allez tuer des inconnus morts de faim en face à face, vous, parce qu'ils mangent votre blé même pas encore mûr sur sa tige, tout cru), réfléchi quand il s'agit de gérer les relations sociales, généreux pour les survivants du village voisin, impitoyable pour l'affreux curé qui a y a pris le contrôle, pénétrant quand il se penche sur la religion, bref, on veut un guide, un appui, un leader " qui sait ". Et on voudrait, qu'en plus, il soit modeste ?... Le genre de roman qui vous promet des nuits agitées, des interrogations sans fin, et qui est, au final, d'un pessimisme profond, mais absolument pas déprimant. Marquant.

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L'atelier des miracles, roman
1 avril 2013

Ici, on répare les âmes et les coeurs

Dans ce roman choral plein d'humanité, de sensibilité et de générosité, Valérie Tong Cuong de sa plume sincère et chaleureuse prête vie à Mariette, Monsieur Mike et Millie, trois êtres meurtris par les vicissitudes de l’existence, et dont l’avenir semble hypothéqué par toutes les difficultés qu’ils doivent affronter. La providence va placer sur le chemin de ces trois personnages au bord du gouffre, un homme mystérieux, Jean, qui dirige un lieu d’entraide, un foyer de vie, niché dans un ancien atelier d'horlogerie : l'atelier des miracles. Un lieu où on répare les âmes et les cœurs. Ensemble, ils vont comprendre qu'il faut aller puiser au plus profond de soi pour sortir de l'impasse et parfois survivre à ses démons : Mais à quel prix ?

Ce magnifique roman démontre avec beaucoup de pudeur que la vie est faite d’une succession de fragilités, de fractures, de failles mais aussi de ressources intérieures et de mains tendues qu’il n'est jamais trop tard pour saisir. Valérie Tong Cuong y met à l’honneur des valeurs telles que la solidarité, l’entraide. Des valeurs qui font sens. Il devient alors difficile de quitter des personnages auxquels on ne peut que s’identifier, qui font résonnance en chacun de nous. Ce livre a un pouvoir que l’on pourrait presque qualifier de magique, il fait du bien, il apaise, il panse nos blessures les plus intimes en nous faisant voyager au cœur de nous-mêmes, de nos émotions. L’atelier des miracles est un livre généreux tout comme l’est son auteur. Il fait des miracles sur les personnages mais aussi sur le lecteur, l'invitant à remettre en question qui il est (et qui il est devenu), ce qu’il désire, la vie qu’il souhaite réellement mener. Valérie Tong Cuong dépeint avec réalisme, délicatesse et parfois dureté les relations humaines, les complexités de l'amitié mais aussi leurs travers. Et avec merveille et justesse, pose des mots sur les maux dans un roman à lire absolument.

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Automne / 2 histoires d'arrière-saison

MCNaught, Jon / Taboy, Judith

Nobrow

1 avril 2013

La beauté simple de la vie

Après un premier album paru en 2011 ( Dimanche, Ed. Nobrow ), Jon Mc Naught, jeune auteur anglais, récidive avec " Automne ", magnifique album primé cette année à Angoulême. Dans la petite ville de Dockwood, la journée ordinaire d’un garçon de cuisine et d’un livreur de journaux. C’est l’automne, les hirondelles s’envolent. Chris Ware, le grand auteur américain, écrit en post-face : " Je n’éprouve de profonde affinité esthétique qu’avec peu de jeunes artistes, mais l’incandescent et radieux Automne de Jon Mc Naught est, à ce jour, l’une de ses plus belles odes à la beauté simple de la vie. C’est une merveille. " Si lui le dit, on peut vraiment le croire !

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Le féminisme au-delà des idées reçues
29 mars 2013

Les féministes n'ont jamais brulé leurs soutiens-gorge !

Quand on évoque le féminisme dans une conversation, rares sont les réactions bienveillantes (sauf  évidemment de la part des féministes elles-mêmes !) Inutile de rappeler que les idées reçues sont légion sur le sujet. En effet, des qualificatifs souvent insultant tels que « mal baisées », « laiderons », « hystériques », ont accompagné la lutte des femmes pour l’égalité.  Les décrypter, c’est l’ambition de Christine Bard, historienne et présidente de l’association Archives du féminisme. Dans son livre, " Le féminisme au-delà des idées reçues ", elle revient sur l’histoire passionnante et tumultueuse de ce mouvement, notamment à travers  le regard de ses détracteurs. La forme est innovante, car à chaque préjugé, son chapitre. Le résultat : une vision complète et transversale sur un mouvement méconnu et caricaturé. Saviez-vous que la première fois que le mot féminisme apparaît en français, c’est dans le vocabulaire médical ? Il décrit à l’époque une pathologie : « la féminisation des sujets masculins ». Il faut attendre 1882 pour qu’Hubertine Auclert se réapproprie ce terme et son sens. Christine Bard tord aussi le coup à des légendes urbaines. Un exemple ? On dit souvent que pendant les années 60, les féministes américaines ont brûlé leurs soutiens-gorge. Faux, révèle Christine Bard ! Cet acte, devenu le symbole du féminisme radical, n’a jamais eu lieu. Cette invention est, en réalité, née de la plume d’un journaliste venu couvrir une manifestation en 1968 à Atlantic City. Si les manifestantes, qui protestaient contre le concours Miss America, ont bien jeté « dans une poubelle de la liberté » des objets symboliques comme un " Playboy ", des talons hauts, des ceintures, et des soutiens-gorge,  rien n’a brûlé... Dernier argument et pas des moindres pour lire cet ouvrage. Il nous donne surtout les clés pour comprendre le féminisme d’aujourd’hui, sa complexité, ses courants et ses points d’achoppement.

Retrouvez Charlotte sur [Les Martiennes]( http://martiennes.wordpress.com/) [ ](http://martiennes.wordpress.com/)

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