Alex-Mot-à-Mots

http://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Parasite

Fayard/Mazarine

17,00
30 janvier 2020

policier

La capitaine Marie Lesaux, fraîchement débarquée au sein de la brigade de protection de la famille de Clermont-Ferrand, se voit confier, sous le sceau de la plus grande des confidentialités, l’étrange mission de tester les capacités de son nouveau coéquipier. Valmont, réputé infaillible et doté d’une puissance de travail sans égale, serait capable d’élucider des affaires non résolues, quelle que soit leur complexité.

Assistée d’Ethan Milo qui a travaillé sur le projet et qui vit cloué dans un fauteuil des suites d’un attentat, mais en but à l’hostilité de certains de ses collègues, la jeune capitaine va mettre Valmont sur le cas du « suicide » d’une fillette d’origine africaine retrouvée au pied d’une tour.

La gamine est-elle vraiment tombée toute seule ? Quel crédit accorder à cette rumeur insistante dans les quartiers, entre terreur et légende urbaine, indiquant qu’une « hyène » vaudou, mi-homme, mi-animal, tournerait dans les citées pour « voler » des jeunes filles ?

J’ai découvert l’auteur, précédemment Prix du Quai des Orfèvres 2018 avec ce roman qui se déroule pas loin de chez moi.

J’ai aimé les histoires imbriquées : Valmont et son programme hors-norme ; l’enquête sur les meurtres des petites filles africaines, puis la découverte de la plante toxique.

Un livre que je n’ai pas voulu lâcher jusqu’au dénouement.

L’image que je retiendrai :

Celle de Pauline, la jeune biologiste, prise dans les griffes de la plante.

Merci à l’auteur pour sa dédicace : non, je ne verrai plus mon chat de la même façon….

https://alexmotamots.fr/parasite-sylvain-forge/

Et pour le pire

Stéphane Marsan

20,00
30 janvier 2020

femme battue

Kathryn Brooker, respectable épouse et mère de famille, vient d’assassiner son mari. Derrière la brutalité de ce meurtre, il y a le poids du silence.

Pendant quinze ans, elle a subi des sévices physiques et psychologiques sans rien laisser paraître.

Kathryn va payer cher cette dangereuse imposture : personne ne comprend son crime, car personne ne pouvait se douter du calvaire que son mari lui faisait vivre derrière les portes closes.

Le récit alterne la merveilleuse vie de famille, les souffrances subies par Kathryn le soir dans la chambre parentale close, sa peine de prison pendant laquelle elle découvre le destin de femmes pauvres, ses enfants qui lui tournent le dos et ce qu’elle décide de faire de sa vie une fois sortie de prison.

Son escapade dans une île de Caraïbes lui donne l’opportunité d’aider les plus démunis sur l’île puis chez elle, en Angleterre.

Un roman qui se lit facilement, malgré quelques descriptions de scène des tortures infligées à Kathryn.

Une histoire dans laquelle tout le monde arrive à s’en sortir, ou presque.

Des femmes fortes et des enfants compréhensifs.

Un moment de lecture agréable mais qui ne m’a pas convaincu.

L’image que je retiendrai :

Celle des draps de lit que Kathryn est obligée de laver chaque jour, les enfants et adolescents du collège ultra huppé dont son mari est proviseur la surnommant Mme En chaleur.

https://alexmotamots.fr/et-pour-le-pire-amanda-prowse/

Miroir de nos peines
30 janvier 2020

débâcle

Force m’est de constater en refermant ce troisième et dernier tome de la trilogie de l’entre-deux-guerres, que ma lecture a été un peu laborieuse.

Je me faisais pourtant une joie de retrouver la plume de l’auteur : quel personnage allait être développé ? Quel rocambolesque sort attendait les personnage ? de quoi l’auteur allait me parler ?

Il est vrai que j’ai déjà beaucoup lu sur La ligne Maginot, et je n’ai pas retrouvé au début du roman l’idée que je m’en faisais.

L’enquête de Louise m’a paru à la fois longue et rapidement réglée. Avec un happy end déroutant.

J’ai aimé le personnage de M. Jules, patron de bistrot avec le coeur sur la main.

A ce propos, en ces temps incertains et troublés, beaucoup de personnages, certes secondaires, du roman ont le coeur sur la main. Je n’aurai pas parié la dessus – mon côté optimiste, sans doute.

J’ai aimé le trublion caméléon à la verve toujours à propos. Je me demandais à chaque fois dans quel situation j’allais le retrouver.

Des personnages attachants, il est vrai, mais un roman qui manque de concision, et qui m’a donné l’impression que l’auteur tirait à la ligne.

J’ai toutefois apprécié d’apprendre certains détails de cette fameuse débâcle : la Banque de France qui brûle ses billets ; la déroute de l’armée qui ne sait pas où envoyer ses hommes.

J’ai souris avec les maximes de l’Armée reprise par Raoul pour se donner du coeur à l’ouvrage.

J’ai aimé le parallèle entre les réfugiés de la débâcle et les réfugiés actuels. « Il prétend que ces gens ont des droits ! En pleine guerre, quel con ! p.501

J’ai aimé que Ferdinand transporte avec lui le troisième tome des Mille et une Nuits : des histoires rocambolesques pour tenir le sultan éveillé.

Toutefois, j’ai connu l’auteur plus percutant.

L’image que je retiendrai :

Celle très visuelle des files de fuyards sur les petites routes de France.

https://alexmotamots.fr/miroir-de-nos-peines-pierre-lemaitre/

Et toujours les Forêts
30 janvier 2020

Dystopie

Corentin n’a pas eu de chance au début de sa vie : abandonné plusieurs fois par sa mère qui n’en veut pas, il finit par grandir chez sa grand-mère aux Forêts.

Il part ensuite faire ses études à la ville, jusqu’au jour où un cataclysme s’abat sur le monde.

Heureusement caché avec ses amis dans les sous-sols de la ville, il remonte après plusieurs jours à l’air libre et découvre la dévastation. Il décide de se rendre aux Forêts pour tenter de survivre.

Encore une fois, Sandrine Collette nous plonge dans un univers à part le temps de notre lecture.

Un style haché mais pas trop qui convient parfaitement à ce type de récit.

Un décor gris, forcément, des pluies de cendres qui brulent, une nature morte. Quelques touches de couleur, parfois.

Un clin d’oeil à Cormac McCarthy et son roman La route.

Un roman tout en nuances de gris.

L’image que je retiendrai :

Celle des rares instants de couleur.

https://alexmotamots.fr/et-toujours-les-forets-sandrine-collette/

La mer à Casablanca, Une enquête de l'inspecteur Jaime Ramos

Une enquête de l'inspecteur Jaime Ramos

Mirobole

21,50
30 janvier 2020

policier, Portugal

J’avais beaucoup aimé la précédente et première enquête de Jaime Ramos, enquêteur en chef de la brigade criminelle de la PJ de Porto.

J’avais envie de retrouver le Douro, ses vignobles en terrasse, l’océan pas loin.

L’enquête précédente était déjà compliquée, mais celle-ci l’est plus encore qui nous emmène dans le passé coloniale du Portugal, à Luanda plus précisément.

Le récit fait donc des aller-retours entre l’enquête en cour et l’Angola au moment de son indépendance, dans les années 1970.

Le jeune Jaime Ramos est alors un militant communiste amoureux, prêt à tout pour les beaux yeux d’une fille.

J’ai retrouvé avec plaisir les berges du Douro, même en cet automne pluvieux.

J’ai appris des choses sur l’histoire de l’Angola, son accession à l’indépendance, le difficile retour des colons, les barbouzes supposés décédés que l’on retrouve 40 ans plus tard.

Et Casablanca, me direz-vous ? Jaime Ramos se demande pourquoi dans le film du même nom, on ne voit jamais la mer.

Une enquête qui prend son temps.

L’image que je retiendrai :

Celle du premier meurtre : un cadavre nu avec une chaussure taille 45 et l’autre taille 46.

Une citation qui revient en leitmotiv :

L’automne, la saison de l’obéissance.

https://alexmotamots.fr/la-mer-a-casablanca-francisco-jose-viegas/