Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Une meute ne lâche jamais sa proie

Le Masque

21,90
15 octobre 2021

policier

Chic, un nouveau roman de Monsieur LEBEL. Bon, sans Mehrlicht, mais je prends quand même.

Et je n’ai pas été déçue : en plein Paris, une chasse à coure, un complot grandeur nature visant à tuer des personnes gênantes, en toute discrétion.

J’ai aimé le chef de groupe Starski (avec un i), dont le chien vient de mourir ; sa co-équipière Chen dépourvue d’émotion.

Et Chloé de Talense qui fait irruption dans la vie de Paul Straski, une ancienne amoureuse dont Paul est toujours épris malgré son mariage et ses deux filles.

Les deux premiers meurtres dans le même appartement sont bien mystérieux, et l’explication logique bien trop simple.

J’ai aimé les méandres de l’enquête, ou plutôt des enquêtes, le fait que l’amour, voire l’obsession de Paul pour Chloé soit un vrai frein.

J’ai découverte toutes les étapes d’une chasse à coure, et il y en a beaucoup. C’est un sport assez cadré, finalement.

J’ai aimé l’humour du roman, notamment Starski qui n’arrive pas à dire Madame la juge.

J’ai découvert les furies, déesses de la vengeance.

J’ai eu de la peine pour Cavicci, le flic remercié, qui a raison contre tout le monde.

Encore une fois, l’auteur m’a régalé avec une histoire cousue au plus près du suspens et du rebondissement, tout en restant parfaitement crédible.

L’image que je retiendrai :

Celle du personnage énigmatique toujours habillé d’un costume gris clair avec une cravate ouge se tortillant sur sa chemise blanche, comme un serpent.

7 octobre 2021

police, violence

Ouvrir un roman de Frédéric PAULIN, c’est s’approcher de la violence des hommes. Et avec son dernier roman, l’auteur nous plonge au coeur du maelstrom.

Il y a Wad, de son prénom Chrétien (il y a des parents bizarres tout de même….), thésard mais surtout trotskiste.

Lors d’une manif, il sauve Nathalie, elle plutôt toto, comprenez (si vous êtes néophyte comme moi) mouvance autonome.

Pour l’anecdote, j’en étais restée à la querelle Trotski-Staline et au meurtre du premier. Après, je n’ai plus suivi les divergences de doctrines. Je ferme la parenthèse.

Ensemble, ils vont grossir les rangs du contre-G8 du Gênes de juillet 2001. Ils rejoignent les Tute Bianche (les tuniques blanches), mouvement de résistance passive qui disparaitra à cette occasion. RIP.

Il y a Génovéfa, la journaliste du JDD qui décide de couvrir l’événement, en ayant assez de couvrir de faux événements, comme le dernier vol du Concorde.

Il y a Laurent Lamar, le communiquant de l’Elysée qui voue un culte à Jacques Chirac (et oui, à l’époque, c’était encore le pantagruélique président), et qui va se retrouver entre le marteau et l’enclume, comprenez entre la DST et la sécurité italienne et son retors Calvini.

Carli, chef du service d’ordre, et aimant l’ordre à la fasciste, fait déployer l’équivalent des forces spéciales dans la ville de peur des débordements.

L’action se déroule en juillet, sous un soleil torride qui échauffe les esprits.

Si j’ai eu un peu de mal avec les différents acronymes et factions gauchistes de la lutte contre la mondialisation, l’auteur a fini par m’entraîner au coeur de ces jours fatidiques qui, s’ils n’ont pas changés la face du monde, lui ont mis un sacré coup.

Mais à quels prix : des jeunes adultes brisés physiquement et mentalement.

Car si certains personnages disent éprouver du plaisir à casser les magasins de la Grande Consommation et autres banques, ce sont avant tout des enfants idéalistes qui ne méritaient pas de tomber face à des fascistes déchaînés avançant eux aussi en meute.

J’ai aimé l’ironie de l’auteur : Et tout ça se déroule sous un soleil magnifique, le bleu du ciel est cinégénique. Il fait si chaud, la mer doit être agréable. (p.22)

Le style est concis, les phrases s’enchainent vite, comme si il y avait une certaine urgence à raconter.

Pendant ma lecture me revenaient en mémoire les émeutes des gilets jaunes, le déchainement de violence de part et d’autre.

Comme si nous étions condamné à cette violence pour nous faire entendre.

Une citation :

On entend partout « La violence, c’est mal. ». Qui nous vend ce discours à ton avis ? Ben moi je vais te le dire : ce sont ces huit mecs barricadés dans la zone rouge en ce moment. Les huit mecs les plus violents du monde. (p.179)

L’image que je retiendrai :

Celle des coulées de sang sur les murs de l’école Diaz dans laquelle les manifestants ont été pris au piège à minuit.

Roman

Gallimard

16,90
7 octobre 2021

abandon de lecture

L’histoire est intéressante, l’auteure faisant des rapprochements avec la politique française et certaines de ses décisions désastreuses.

L’histoire des jumeaux aurait mérité un traitement plus approfondi, plus d’explication sur la gémellité.

Tout n’est que suggéré dans ce roman, l’auteure passe vite les années et son récit est plutôt rapide.

J’aurais aimé plus de développement sur les filles, ce qu’elles deviennent après avoir quitté le nid familial ; sur ce que ressent Amid, sa descente en enfer.

Certes, la mère est un personnage fort, mais cela n’a pas suffit.

Un roman un peu trop rapide à mon goût. Il est court, je suis allée au bout, mais il ne me restera pas en mémoire.

Maryam Madjidi

Attila

18,00
5 octobre 2021

adolescence, banlieue

De l’auteure, j’avais aimé Marx et la poupée sur l’exil. Ce second roman aborde un sujet plus classique : l’adolescence en banlieue parisienne.

Le premier tiers du roman décrit la vie pas si facile d’une jeune fille maghrébine pauvre : problème de cheveux, de peau, pas de combinaison de ski, le regard des garçons et les moqueries.

Sans oublier les profs désabusés : l’école occupe une bonne partie du temps.

La dernière partie est plus intéressant et plus riche car la narratrice entre en classe prépa et découvre le fossé immense de culture et de savoirs : comment parler un anglais fluide en hypokhâgne quand pendant tout son collège on s’amusait à lancer des boulettes de papier toilette mouillées sur le prof ?

Mais j’ai aimé la prise de conscience de l’adulte sur sa vie : malgré ses voyages et ses expatriations, elle revient dans la banlieue de son adolescence.

Une citation :

J’étais une Robine des Bois de la scolarité. Une communiste du savoir. Je le partageais, je le distribuait à ceux et celles qui en avaient besoin. Prenez, c’est gratuit, et si ça peut faire remonter la moyenne, tant mieux.

L’image que je retiendrai :

Celle des beaux appartements parisiens dans lesquels la narratrice se perd.

8,90
5 octobre 2021

vie de famille

Dans la famille Mulvaney, je demande le père : entrepreneur prospère jusqu’au drame.

Je demande la mère, Corinne : plutôt fantasque, entourée de ses enfants et de ses animaux. Aime chiner mais ne vend jamais son bric-à-brac.

Le fils aîné Mike, champion de football américain au lycée, travaille un temps avec le père, puis disparaît.

Le second, Patrick, surnommé Pinch, hyper intelligent qui ira à l’université Cornell.

La fille, Marianne, presque reine du bal du lycée, hyper populaire mais à qui il arrive la pire des catastrophes. Part avec son chat Muffin puis aide les autres jusqu’à s’oublier elle-même.

Le petit dernier, le narrateur Judd.

Le récit tourne autour du viol de Marianne lors de la fête du lycée. Mais Marianne ne veut pas porter plainte. Le déshonneur s’installe sur la famille. Le père chasse sa fille qui attendra désespérément son retour en grâce.

Ceci signe la fin du père.

Un long, très long roman sur un non-dit qui brise une famille.

Beaucoup de parenthèses pour des détails qui auraient pu être racontés autrement, de façon plus fluide dans le récit. Je vous avoue que j’ai fini par ne plus les lire.

Une lecture intéressante, mais décidément trop longue.

L’image que je retiendrai :

Celle de la biche croisée en début et en fin de roman qui relève sa queue blanche quand elle part, comme pour mieux se faire repérer ?