Alex-Mot-à-Mots

https://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

9 novembre 2021

Le titre est la traduction de Call-Girl : la fille qu’on appelle, même si j’ai trouvé de prime abord le titre étrange : pour moi, cette phrase n’était pas finie. Comment on l’appelle, cette fille : Dakota ? Winnie ?….

Pas du tout, elle s’appelle Laura, a un père ancien boxeur devenu chauffeur du maire. Dans sa jeunesse, elle a posé pour des photos de sous-vêtements et des photos de charme.

Revenue dans sa ville, elle cherche un logement et via son père se tourne vers Monsieur le Maire. Qui va en profiter.

Nous suivons le récit de Laura lors de sa déposition aux policiers.

L’histoire du père boxeur m’a moins touchée.

Un récit qui m’a rendu triste en le refermant : combien de jeunes filles sont victimes de ce genre de prédateur et voient leur plainte classée sans suite ?

Mais encore une fois j’ai aimé le style de l’auteur dont les longues phrases m’emportent à chaque fois.

Quelques citations :

quelque chose en lui avait besoin de quitter la chambre avec le sentiment qu’il n’y était pour rien, que ce n’était pas lui, mais bien elle qui avait agi, que son corps à lui avait seulement cédé mais jamais rien de sa volonté propre, que, oui, c’est par surprise qu’il s’était retrouvé avec sa main à elle sur son sexe.

chacun ferait pencher la balance du côté de force de la nature, c’est-à-dire le fardeau du désir des hommes impossibles à rassasier, et la mesquinerie des femmes.

L’image que je retiendrai :

Celle du flux et du reflux de la mer qui lèche les pieds de la cité.

Roman

Actes Sud

22,00
1 novembre 2021

Japon, policier

Dans ce roman, l’enquête est secondaire et la découverte du quartier et de certaines de ses boutiques est au premier plan. C’est pourquoi chaque partie du roman porte le nom d’une boutique et d’un personnage.

Et chaque partie est en elle-même une enquête dans l’enquête : de petits détails sont expliqués et mis au jour.

J’ai aimé la façon de faire de Kaga qui vient interroger ses témoins en chemise (chaque jour une différente) et avec une pâtisserie. Pâtisseries qui m’ont mis l’eau à la bouche comme ces fameuses gaufres sur lesquelles s’ouvre le roman.

Un récit avec une atmosphère et qui s’insinue aux coeurs même des foyers sans voyeurisme.

Un roman sur l’erreur qui peut parfois être fatale ou se réparer.

Une citation :

Pour nous, les personnes affligées par un crime sont aussi des victimes. Et notre rôle est aussi de les aider. (p.210)

L’image que je retiendrai :

Celle de la chaleur en ce début d’été et des hommes qui portent la chemise.

Éditions de L'Olivier

21,50
1 novembre 2021

Etats-Unis, vie moderne

Ce livre de non-fiction est donc un hommage à la mère de l’auteure, morte tuée de deux balles par son second conjoint. Mais l’auteure prend le partie de nous parler de sa naissance puis de son enfance.

Elle est en effet née d’une mère noire américaine et d’un père blanc canadien dans un état qui ne reconnaissait pas les mariages inter-raciaux. Elle est d’ailleurs traitée de zèbres par les enfants du quartier qui ne savent pas la classer blanche ou noire.

Mais c’est surtout le second mari violent qui pose problème au duo mère/fille.

Rien de bien nouveau sous le soleil du Mississippi, malheureusement.

J’ai été effarée de lire certaines retranscriptions de conversations téléphoniques entre la mère et le second mari qui menace ouvertement de la tuer tout en l’accusant. Lunaire !

Et personne n’a protégé cette femme qui s’est battue pour s’en sortir tout en protégeant ses enfants….

De belles réflexions profondes sur le traumatisme parsèment le livre.

Quelques citations :

Ces peurs (être jetée en prison en étant innocente ; être internée en étant saine d’esprit ou être enterrée vivante) exprimaient l’impuissance, la vulnérabilité face à des forces sur lesquelles je n’avais aucune prise. (p.94)

Si le traumatisme fragment le moi, alors que veut dire garder le contrôle de soi ? (p.95)

En anglais, to be beside oneself signifie que l’émotion qui nous submerge, comme le chagrin ou la peur, est si intense qu’on a l’impression d’être hors de son corps. Les chercheurs en théorie cognitive suggèrent que parler du traumatisme ou le mettre par écrit peut aider à guérir la déchirure ouverte par l’événement dans le tissu du moi. (p.115)

L’image que je retiendrai :

Celle des bloc-notes jaunes que l’auteure et sa mère utilisent tout le temps.

19,00
1 novembre 2021

Hongrie

Le drame se dessinent peu à peu, à rebours, au gré des chapitres qui alternent entre Eva de nos jours, son adolescence et le jour tragique.

Les passages sur la natation ne m’ont pas passionnée, mais c’est cet engouement pour ce sport qui permet à Eva de ne pas se noyer, même si elle fait un passage de quelques années chez les skinhead.

Son grand-père est toujours près d’elle, ne la jugeant jamais.

Cela aurait pu être pour moi une lecture passionnante si le style de l’auteur ne m’avait laissé en dehors du récit. Je n’ai rien ressenti pour ses personnages et je n’ai continué ma lecture que pour connaître ce qu’il s’était passé cette fameuse journée.

J’ai découvert l’homme d’état hongrois Lajos Kossuth, grande figure de l’indépendance de la Hongrie, et le traité de Trianon qui fut une plaie dans l’histoire de ce pays.

Une citation :

Orban, Poutine, même combat : ce sont des suppositoires, si tu ne les éjectes pas dès le départ, après c’est trop tard, tu les as dans le cul ad vitam aeternam. (p.232)

L’image que je retiendrai :

Celle de l’obsession des hongrois pour les tsiganes.

16,00
1 novembre 2021

19e siècle

De l’auteur, je n’apprécie pas trop les romans policiers dont je passe à côté. Mais ce dernier roman est différent. C’est en effet plutôt une biographie de Jean-Pierre MAZAS, colosse de Montastruc, né en 1847 et décédé en 1901.

A partir de sources parfois contradictoires, l’auteur redonne vie à ce géant de la campagne toulousaine qui se lança dans la lutte alors à la mode pour gagner un peu d’argent en plus de sa ferme.

J’ai aimé découvrir Jean-Pierre, paysan simple ne parlant que son patois mais voyageant d’abord jusqu’à Toulouse puis Bordeaux et Paris.

J’ai aimé l’arrière-plan du récit et j’ai été en colère contre les personnages qui profitent de Jean-Pierre. Les hommes ne changeront jamais….

J’ai eu de la peine pour lui quand une blessure au dos l’empêche à jamais de travailler.

Une lecture pleine d’émotions.

L’image que je retiendrai :

Celle de Jean-Pierre adolescent fendant du bois pour sa mère.