Fred D.

Journal d'un vampire en pyjama
18 mars 2016

"Me faire sauver la vie est l'aventure la plus extraordinaire que j'aie jamais vécue."
Sa maladie, Mathias Malzieu la raconte effectivement comme une aventure. Le "vampire en pyjama", c'est lui, c'est le personnage qu'il s'est inventé ; c'est le petit homme roux en pyjama batman trop petit qui a besoin du sang des autres pour survivre. C'est le chanteur au ukulélé qui fait rire les infirmières - ou les nymphirmières, comme il les appelle - avec sa femme au parfum de vanille et son skateboard qu'il ramène jusque dans sa chambre stérile à l'hôpital.


La maladie dont Mathias Malzieu est atteint, pourtant, est grave : il a frôlé la mort de justesse, plusieurs fois. Il aurait facilement pu nous accabler d'un roman lourd de tristesse, un récit tragique de ses allées et venues à l'hôpital ; mais à la place, il a fait de sa maladie une histoire dans l'esprit de "Jack et la mécanique du coeur", pleine de personnages colorés et romanesques, sans pour autant tomber dans un style enfantin. Le texte de Malzieu est un poème en prose, une chanson qui se lit, bâtie autour d'un univers fascinant et magique et de jeux de style incessants.
"Le journal d'un vampire en pyjama" est une réussite incontestable, qui permet, le temps d'un livre, de s'évader dans une réalité un peu plus belle que la nôtre.

Tout plutôt qu'être moi

Ned Vizzini, Fanny Ladd, Christel Gaillard-Paris

La Belle Colère

19,00
17 mars 2016

"Chez son psy, Craig Gilner apprend l'existence du syndrome d'Ondine : ceux qui en souffrent oublient de respirer. La dépression, Craig va en faire l'expérience, c'est ce qui arrive quand on oublie de vivre."
A quinze ans, Craig Gilner a pourtant tout pour réussir. Il est accepté à l'Executive Pre-Professional de Manhattan, qui forme les plus grands avocats et les présidents de la république. Mais la dépression ne prévient pas ; peu à peu, elle abat ses tentacules sur chaque aspect de la vie de l'adolescent, et Craig apprend que les guerres les plus terribles sont celles que l'on doit mener contre soi-même. A deux doigts de rendre les armes, il se tourne vers SOS Suicide, qui le dirigera vers le service psychiatrique de l'hôpital où il se fera admettre pour cinq jours.
C'est autour de ces cinq jours que Ned Vizzini articule son roman. La dépression, il l'a vécue, et c'est une partie de son histoire que l'on découvre à travers Craig. Sans chercher à livrer une explication détaillée de la maladie, Vizzini arrive pourtant à nous en faire comprendre la réalité. Les jours interminables où l'on ne sait plus pour quoi on se lève le matin, les innombrables questions qui reviennent sans cesse - pourquoi ? comment ? et après ? - et, par-dessus tout, les terribles heures passées à attendre un déclic qui ne vient jamais.
"Tout plutôt qu'être moi" est un roman brûlant de réalité, honnête, qui nous épargne une happy end trop facile et nous ouvre les portes d'un monde encore trop tabou : celui de la maladie mentale.