Nathalie M.

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LA SEULE HISTOIRE

Barnes Julian

Gallimard

8,50
par (Libraire)
31 mars 2020

La seule histoire

Paul, 19 ans, tombe amoureux de Susan, 48 ans, qui tombe amoureuse de Paul.
Ça se passe sur un court de tennis, de jouer ensemble après un tirage au sort.
On pourrait poser la rencontre comme destinée qui se vit.
Tout dépend du regard qu’on porte sur la vie, et sur l’amour aussi.
De 19 ans à la fin de la vie de Susan, Paul restera présent à elle.
Paul commence par se remémorer le meilleur de ce qui fut vécu avec Susan, puis la part la plus sombre et enfin la vie sans elle.
Il est question de l’amour, on l’aura bien compris mais quelle évidence à l’amour ?
Le narrateur sait au temps d’écrire qu’il a vécu avec Susan le seul amour de sa vie.
Il tente de s’expliquer pourquoi, explore les voies de réflexion possibles et pourtant il sent toute l’inanité de l’entreprise. Mais il creuse sillon pour meilleure compréhension. De quoi ? Du pourquoi amoureux ? De qui il est et est devenu de cet état ?
Il sait qu’il n’est pas de définition de l’amour, que l’amour se définit de chaque histoire d’amour, de la rencontre, de ce que vécu ensemble qui ne ressemble jamais à ce que deux autres individus vivraient.
Alors, il raconte l’histoire d’amour qui se vit, qui évolue, se modifie. L’amour n’a d’essence que de cette rencontre là.
Il n’est pas question de propos tels que « ma plus belle histoire d’amour… », ma « seule histoire d’amour » ou « d’amour avec un grand A ».
Il s’agit de dire une seule histoire entre deux êtres, qui se sont rencontrés, qui se sont aimés, qui en sont devenus qui ils étaient sans pouvoir échapper à leurs tourments, à leur propre vie qui se vivait, à leur personnalité façonnée du passé, façonnant tout autant leur être amoureux.
C’est une réflexion profonde sur les histoires d’amour, le courage ou la lâcheté, voire les deux à la fois que ça demande de les vivre ou pas.
C’est un ouvrage poignant, dérangeant même, qui pose questionnement intime, propre à chacun.