Nathalie M.

Éclats, Prises de vue clandestines des camps nazis

Prises de vue clandestines des camps nazis

Seuil

25,00
par (Libraire)
27 octobre 2019

Des vies

Des photographies de plus ou moins bonne qualité, essentielles pourtant et rares.
Elles ont été prises dans différents camps de concentration ou d'extermination par les détenus eux-mêmes. Elles sont, de fait, bien différentes de celles prises lors de la libération des camps, des conditions extrêmement dangereuses pour qui les prenait, de ce qu'elles disent de l'intérieur des camps.
Elles ont été prises, pour rendre visible l'insoupçonné d'abord, qui au fil de la seconde guerre mondiale a été perçu, su, puis découvert lors la libération des camps par les alliés.
Ceux qui se sont risqués à l'exercice photographique étaient habités par le souhait, la volonté de donner à voir, de témoigner preuves à l'appui, de ce qui se vivait, se fomenter au quotidien à l'intérieur des camps.
Christophe Cognet nous dit ce qu'il sait de ceux qui ont pris les photographies, de ceux qui l'ont été quand ils ont pu être identifiés, et explique ce qu'elles signifient, du travail de recherche effectué avec des spécialistes confirmés pour les décrypter.
Le trouble à la lecture de cet ouvrage vient de ce que l'on saisit du quotidien des détenus, des différences de sorts notables entre les êtres dans des temps et des espaces différents identifiés grâce à ces photographies.
Le quotidien de l'enfermement, les lieux et les vies, la réalité du passé se trouvent fixés sur le papier, avec les moyens du bord, de façon aléatoire parfois des conditions difficiles et dangereuses pour qui se risquait à prendre ces photographies. Elles sont éclats d'instants réels, d'êtres du passé perçus tout à coup au présent. Passé qui doit rester présent dans l'esprit de chacun.

L'éclipse de lune de Davenport et autres poèmes
par (Libraire)
18 octobre 2019

Un peu de poésie, que diable !

On connaît son style direct, son regard acéré, son langage cru.
Jim Harrison en connaît un rayon quant à nos humanités.
Ses poèmes sont de la même veine.
Concentrés de mots qui balancent à l'esprit de celui qui lit une inéluctable pensée surgissante de l'instant.
Il y est question de nature, d'animaux, de Dieu(x), de femmes et d'hommes.
Il y est question d'instants posés sur le papier qui, de quelques lignes peignent des paysages, des êtres et les reflets des âmes.
Picorer ces poèmes ou les lire sans discontinuer, c'est s'emplir d'un bout de ciel étoilé qu'on a pris le temps de regarder.
Jamais le même ciel, en mouvement perpétuel.
Jamais le même être percevant, puisque toujours mouvant.

Encre sympathique
par (Libraire)
14 octobre 2019

Déambulation

On entre dans les ouvrages de Modiano comme dans un univers à la fois familier et étrange.
On se laisse porter des mots, comme suivre des chemins, des silhouettes au loin, dans un temps où le présent et le passé se mêlent, se chevauchent, font perdre toute notion du temps.
On croit rêver la réalité, ou s'y attacher, ou s'y attarder. On la questionne. On pense la mémoire. On pense le présent dans un rapport différent au passé, comme y chercher réponse, on ne sait à quelle question.
On pense les êtres de ce qu'on les perçoit. On croit les savoir tout en sachant pertinemment qu'on ne les sait pas. Ils échappent comme nous échappons à nous-mêmes.
Des interstices, des blancs, des oublis, des zones sombres ou d'ombre, des mots dits écrits ou lus, surgissent des éclats perçus réalité absolue, évidente, de l'instant, dans l'instant seulement.
Merveilleux ouvrage.

Par les routes
par (Libraire)
13 octobre 2019

En quête

Sacha, l'auto-stoppeur, Marie, Agustin, Jeanne et les voyageurs.
Deux vieux amis, Sacha et l'auto-stoppeur, se retrouvent après de nombreuses années de silence l'un à l'autre. Ils se reconnaissent et de ces retrouvailles deviennent un peu plus eux-mêmes, conscients de leurs différences.
Marie traduit des auteurs italiens. Elle a avec l'auto-stoppeur un fils Agustin.
L'auto-stoppeur prend la route régulièrement, de plus en plus souvent.
Il s'inscrit au monde ainsi, de partir, de rencontrer les gens sur la route, dans leurs voitures, de partager ces moments particuliers.
Il part de plus en plus longtemps.
Ainsi, il fait mourir sa relation amoureuse avec Marie. Il le sait pertinemment mais c'est plus fort que lui.
Il cherche désespérément les rencontres, les liens éphémères et surprenants qu'il tente d'approfondir, de faire durer dans le temps.
Sacha s'installe petit à petit avec Marie et Agustin.
Il s'enracine, s'épanouit, devient à sa manière à lui.
Partir ou rester comme devenir, comme être au monde, comme exister.
Questionnement existentiel assurément où chacun peut se perdre, se trouver, se retrouver ou simplement être.
C'est un roman sur l'altérité, la liberté, la vie, l'amour, la quête à être soi ; rien que ça.

Cigale

Gallimard Jeunesse

14,90
par (Libraire)
11 octobre 2019

A frissonner

Gris du lieu, des êtres.
Le froid du monde de l'entreprise.
L'autre qui n'est pas soi, qui de sa différence est exclu, moqué, isolé.
Ici aussi, comme ailleurs.
Le temps passe à travailler pour gagner à peine de quoi vivre, vraiment pas assez.
Le temps, les années, beaucoup d'années de solitude parmi les autres.
Et puis, la fin.
Et quelle fin ! Tik, tik, tik ( il faut lire pour saisir ), comme prendre patience, sentir que viendra le moment d'autre chose, enfin.
Après le gris, la flamboyance, couleur feu.
Peu de mots, sobriété du dessin et pourtant, ça tape dans le mille, tout au fond de vous.
C'est un haïku de Bashô, que l'on découvre tout à la fin qui a inspiré cet ouvrage. Inspirant.