Nathalie M.

Météore

Dole, Antoine

Actes Sud

9,80
par (Libraire)
18 mai 2020

Chacun l'est, météore

Jérôme est adolescent, il a seize ans. Il veut qu'on l'appelle Sara depuis plusieurs années déjà. Depuis tout petit, il se sent, il se sait fille.
Alors, les difficultés du monde autour à comprendre cela, il les prend de plein fouet. Sarcasmes, violences, rejet.
Ses parents sont inquiets, et sa différence affirmée dérange. Jusqu'à ce qu'un psychiatre l'écoute et lui parle de dysphorie de genre qui touche un enfant sur cinq cents naissances.
Alors, Sara va vers son devenir, heureuse de vivre, de se savoir en accord corps et esprit.
Elle sait qu'elle peut vivre pleinement et épanouie de savoir qui elle est et de l'assumer. Elle se sent météore.
On sort de la lecture de cet ouvrage regonflé à bloc.

L'Exception, roman
par (Libraire)
17 mai 2020

Tranche de vie dense

Floki quitte Maria pour aller vivre avec Floki, son amant et collègue qui porte le même prénom.
C'est ce qu'apprend Maria le soir du réveillon du jour de l'an.
Cela fait onze qu'ils sont tous deux mariés et Maria n'a rien vu venir.
Elle se retrouve donc seule avec leurs jumeaux Bjorn et Bergthora de deux ans et demi.
Dans la même semaine, sa mère lui annonce que son géniteur dont elle ne sait rien souhaite la rencontrer.
Sans omettre de parler d'une demande d'adoption faite par le couple six ans plus tôt qui aboutit, alors que par ailleurs, c'est le chaos.
Ça fait beaucoup pour une seule personne dans un si court laps de temps.
Petit à petit, Maria qui reste amoureuse de son époux, explore le passé de sa vie conjugale, en trouvant des signes de l'homosexualité de son mari qu'elle n'avait pas perçue ou voulu percevoir avant, tant elle l'aimait et l'aime toujours.
Dans cette précipitation des événements, elle peut compter sur la présence de sa voisine Perla, auteure et psychanalyste naine, pour veiller à sa manière sur elle.
C'est un roman étonnant dont l'atmosphère vous entoure de façon singulière, si bien qu'il est difficile de le quitter.

Rien n'est noir
par (Libraire)
11 mai 2020

Et pourtant...

Voici un roman qui use de tout le panel des couleurs pour donner à voir la vie de Fridha Kahlo, indissociable de celle de Diego Rivera.
Et derrière les couleurs, les visages et tenues de fête, la souffrance. Celle inaugurale de l'accident, qui induit de nombreuses interventions chirurgicales tout le long de la vie de Frida.
Corps perforé, broyé, perpétuellement de déchirures, tout le temps.
Souffrance qui a conditionné son existence, sa peinture aussi, forcément.
Sa peinture, c'était son refuge.
Elle ouvrait à une clairvoyance intime qui se déploie.
Frida Kahlo s'est acharnée à vivre, avec vigueur, avec intensité.
Elle était de flamboyance pour tromper la souffrance et rire au nez de la mort.

Moderato Cantabile
par (Libraire)
11 mai 2020

Lire et relire

Anne nous apparaît comme silhouette tremblante, troublante, vaporeuse, là sans y être vraiment.
Elle traverse la vie de l'effleurer.
Un élément extérieur, brutal la réveille d'elle. Elle rencontre l'autre, aussi happé qu'elle par ce qui vient de se produire.
Deux êtres, pas vraiment témoins se revoient, jour après jour, sur le lieu du crime passionnel qui les a subjugués.
Ils en reparlent de ce crime, tentative à éclaircir ce qui ne s'analyse pas mais traverse de sens à soi.
Et rien ne se passe.
Ils boivent. Ils parlent peu du rien à dire. Ils boivent encore.
Ils sont pleinement là du corps qui vibre autant que tremble.
Ils attendent.
Ils savent de rencontre en rencontre ce qu’ils aimeraient vouloir, sans avoir la force de le vivre de leurs difficultés d’être.
On reste suspendu aux mots précis, à la virgule que l’on perçoit marquante d’une écriture ciselée.
L'issue, on n’ose l’imaginer.
On voudrait seulement continuer d’entendre se chantonner la mélodie intime comme susurrée.
Un roman comme espérer, désirer d'une rencontre en sachant pertinemment que rien ne peut aboutir, à peine s'esquisser, de l'autre semblable à soi, aussi perdu que soi.
Un air familier à percevoir Anne comme Lol V. Stein.
Des femmes comme autant de mystère, fondues au monde sans y être vraiment, évanescentes.

Juvenia
par (Libraire)
5 mai 2020

Homochronie, mon amour

Voici un conte satirique pas piqué des hannetons. 
Dans un pays européen, francophone, un 27 Janvier d'on ne sait quelle année, une république "Juvenia" promulgue une loi interdisant les hommes à s'enamourer de femmes de plus de vingt ans leurs cadettes. Même chose du point de vue des femmes envers les hommes, soyons justes.
On invite ainsi chacun à s'épanouir sexuellement et amoureusement, en gardant le goût des âges similaires, et donc à réduire les désordres dans la cité, du croisement des générations.
Par cette loi, on s'attache à penser aux femmes de cinquante ans qui se trouvent délaissées en masse par des hommes du même âge pour des femmes plus jeunes alors qu'elles se voient réduites à n'être plus sollicitées que par des hommes bien plus âgées.
De cette loi, on suit le parcours de six personnages, femmes et hommes qui selon leur âge vont repenser une forme de liberté, réinvestir autrement leur sexualité, la réinventer, et réorganiser leur vie.
Lecture jubilatoire.