Le Carnet À Spirales .

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Les lectures de l'équipe du Carnet à spirales pour vous aider dans vos choix, vous accompagner dans vos nuits blanches, dans vos heures d'évasions romanesques.
Peu adeptes des étoiles nous avons décidé d'en donner 5 par défaut à nos recommandations.
Au plaisir de vous lire et de vous recevoir au Carnet à spirales

Liana Levi

12,50
21 janvier 2022

Quatre ans après Désorientale, Négar Djavadi offre, avec Arène, une œuvre saisissante de perspicacité conduisant avec dextérité une histoire qui se referme tel un piège sur ses personnages et son lecteur. Une image saisie par le portable d’une adolescente, une courte scène montée qui devient fiction bouleversante et détruit sur son passage toute forme de vérité. Négar Djavadi observe. Elle observe ses personnages perdre pied, se questionner dans un quotidien qui ne leur en laisse plus le temps. Un court moment d’inattention et ce sont des vies qui basculent. Nulle possibilité du retour en arrière dans l’urgence de l’émotion. Ce livre est d’une précision diabolique, égrène un tic-tac d’horlogerie suisse, semant ci et là quelques détails d’importance, s’offrant avec délectation des scènes d’anthologie où quelques médiocres accèdent à l’éphémère jouissance d’être vus et reconnus. Arène est une pure réussite.

Le Livre de poche

8,90
21 janvier 2022

Un uppercut en plein plexus... un premier roman - plus de 500 pages et une vision de l'Amérique. Des cabossés, des délaissés. Ils sont anciens compagnons de lycée, ils sont encore jeunes ou morts, ou presque morts... La guerre, la drogue, l'alcool sont le lot quotidien d'une jeunesse qui s'ennuie, qui se plait à promener pectoraux et pick-up. Les pectoraux s'enfouissent sous la graisse et le pick-up se tâche de rouille. Ils reviennent le temps d'un passage dans la ville de leur proche passé et se rappellent. Un uppercut en plein plexus.

C. E. Morgan

Folio

8,10
21 janvier 2022

Les vivants et les morts. Les morts, ce sont ceux d'Owen, jeune agriculteur taiseux du Kentucky qui a perdu les siens dans un tragique accident de voiture et tente de reprendre l'exploitation familiale tout en ressassant le drame. La vie, c'est Aloma, orpheline, pianiste hors-pair, qui a choisi de suivre Owen dans son existence dure et taciturne malgré son talent indéniable. A-t-elle pris la bonne décision, suivi la bonne direction ? Un texte remarquable, un huis-clos étouffant sous le ciel impitoyable et opressant du Kentucky. Premier roman de C.E. Morgan, auteure du non moins remarquable "Le sport des rois".

21 janvier 2022

La Bestia. La bête. Un train de marchandises qui serpente du Sud au Nord du Mexique avec la grande particularité de transporter des humains sur son toit, des migrants, des femmes, des hommes et des enfants qui fuient la misère et surtout la mort promise par les Cartels qui contrôlent quasiment toutes les régions de ce pays rongé par la drogue et la corruption. Lydia, libraire, et son fils de huit ans font partie du lot. La scène d’ouverture incroyable, sept pages à couper le souffle, dans laquelle seize membres d’une même famille dont le mari de Lydia, journaliste enquêtant sur les cartels, sont sauvagement assassinés, donne le ton à ce roman impossible à lâcher. Lydia et Luca, seuls survivants du massacre, n’ont d’autre choix que de fuir dans l’instant vers les Etats-Unis pour échapper au puissant cartel des Jardineros dont le chef, Xavier, client et ami de Lydia a commandité les meurtres. Un périple hallucinant où chaque instant passé vivant compte comme une victoire. La corruption, la misère, le contrôle des cartels, la violence, l’errance, le viol, l’argent, les passeurs, tout est passé au crible dans ce roman foisonnant, fruit d’une longue et très rigoureuse documentation. Porté par l’écriture assurée de Jeannine Cummins, où l’on décèle l’urgence à chaque page, American Dirt donne à entendre la voix de milliers de Latino-Américains dont la fuite ou la mort (dans beaucoup de cas la fuite ne fait que précéder la mort) ne constituent que les deux seules options. A lire urgemment.

21 janvier 2022

Une tragédie « ordinaire » à hauteur d’hommes, d’un père et de ses fils, ce court roman est un coup de poignard d’une rare émotion. La sobriété de l’écriture et le mot juste confèrent à sa lecture une intensité telle que le lecteur après la dernière ligne est à bout de souffle, KO, et peine à se relever. Brute l’émotion. Belle celle-ci sans pathos ni emphase. Triste et lumineux à la fois « Ce qu’il faut de nuit » est une incitation à vivre pleinement, à profiter à outrance des bons moments car eux subsistent malgré les affres de la vie.