Brest en Bulle

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Troisième complainte

Troisième complainte

Futuropolis

12 juillet 2012

Chronique

1917
Notre Père, qui êtes aux cieux,
Notre Mère fait les gros yeux…

Le lieutenant Vialatte chevauche les tranchées, à bord d’un char nommé Eglantine. Il faut pousser les Boches dans leurs derniers retranchements, opérer une percée décisive, si possible assassine.

Bien sûr, les choses tournent mal… et le « héros » se retrouve bien vite sur un lit d’hôpital. A sa grande surprise, Janvier (désormais commandant) refait alors surface. Il veut relancer l’enquête sur le « meurtre des quatre femmes » et confie cette délicate mission au convalescent.

Avec l’aide du maréchal des logis Desloches (le bien nommé), Vialatte reprend donc du service. Repartant de zéro, il devra s’efforcer de résoudre l’affaire qu’on avait trop vite enterrée…

Le troisième opus de Notre Mère la Guerre est particulièrement riche et poignant. Le scénario de Kris nous balade subtilement du front à l’arrière et de l’arrière au front, suivant la destinée du personnage principal et les rebondissements de l’enquête. Le traitement des points de vue est habile et le rendu des regards saisissant.

Les combats sont toujours aussi acharnés et la violence est inouïe. L’apparition d’armes nouvelles (les chars par exemple) et l’utilisation généralisée des gaz toxiques rendent la lutte plus infernale que jamais. Les corps se brisent, se disloquent, s’éparpillent. Les gorges brûlent de mille feux et les tripes sont dégueulées dans la boue. Le dessin de Maël, ses couleurs, nous font tourner les sangs. On les aime comme on aime les tableaux d’Otto Dix : avec une grosse boule au ventre.

Et avec l’envie folle de brandir un foulard rouge. Ou un drapeau blanc.

Bert’

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Stalingrad

Glénat BD

13,50
12 juillet 2012

Chronique

Le nouvel album de Fabrice LE HENANFF est sorti le 26 Mai aux éditions 12bis.

Pour le premier volet de ce diptyque, Fabrice nous transporte à l’est, « Die Ost ».

Il nous livre là sa version d’un épisode bien particulier de la Seconde Guerre mondiale : la bataille de Stalingrad.

Nous vivons l’histoire à travers le prisme de 3 soldats allemands. Destins croisés de 3 hommes, auxquels la vie va réserver des fortunes diverses.

Le pouvoir de suggestion est intense. On revit l’horreur et la boucherie que fut la guerre, avec un focus particulier sur un des ces tournants.

On ressent à quel point les soldats étaient des pions. L’expression « chair à canon » prend ici tout son sens !

Mais l’auteur nous replonge aussi sur des instants du quotidien des soldats, moments que l’on a tendance à occulter ou méconnaître.

Chaque case est tableau. Technique de l’aquarelle, mélangée au crayonné. Afin d’accentuer certains effets, Fabrice retravaille certains dessins à l’ordinateur.

Le travail de recherche fut évidemment important.

Pour résumer : « un must have » !!

Le deuxième volet devrait sortir en 2013. L’action se situera à Berlin.

NB : Fabrice a ressorti ce projet, pour notre plus grand bonheur, suite à l’abandon par Henri FABUEL du scénario de H.H.Holmes. Cette série n’est pas pour autant abandonnée, simplement différée.

Zahou

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12 juillet 2012

Chronique

Le lundi 6 juin est sorti le dernier album de Kris, le premier d’une nouvelle série prévue en 9 tomes : Svoboda (Editions Futuropolis). Le récit y prend la forme d’un « carnet de guerre imaginaire d’un combattant de la Légion Tchèque », comme l’indique le sous-titre.

Le professeur d’arts plastiques Josef Cerny est un ancien soldat de l’armée austro-hongroise. En 1938, il apprend par la radio que les accords de Munich ont été signés et que le démantèlement de la Tchécoslovaquie par les nazis est désormais inéluctable.

Il décide alors de se replonger dans ses souvenirs, dans un passé personnel et dans l’Histoire avec un grand « H », à la recherche de la Vérité (« Svoboda » en langue tchèque). Il ressort donc les croquis réalisés depuis vingt ans, ainsi que les écrits de son compagnon de route, Jaroslav Chveïk.

Le dessinateur Jean-Denis Pendanx (Abdallahi ; Jeronimus) et la coloriste Isabelle Merlet (Le Rêve de Jérusalem) ont mis tout leur talent au service de cette histoire poignante, où le destin des hommes et celui des territoires se mêlent, s’entrechoquent et se déchirent.

Svoboda : une série à suivre absolument !

Bert’

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Première partie

Première partie

Futuropolis

16,25
12 juillet 2012

Chronique

Il y a des livres qui vous marquent, quand vous êtes gosses…

Je pense à Michel Strogoff, à La Case de l’Oncle Tom, au Dernier des Mohicans, à La Gloire de mon Père… Je pense aussi, bien sûr, au best seller de Joseph Joffo: « Un Sac de Billes ».

Kris et Vincent BAILLY ont tenté le pari, ô combien risqué, d’une adaptation BD de ce dernier ouvrage. Et le premier volet de leur diptyque est tout simplement remarquable ! C’est bien simple, il donne une furieuse envie de se replonger dans le roman…

L’action se déroule en 1941, dans une France vaincue, partiellement occupée, officiellement collaboratrice. A Paris, les Juifs doivent bientôt porter une étoile jaune sur leurs vêtements. Le père de Joseph et Maurice décide alors d’organiser la fuite de ses enfants vers la zone dite « libre ». De la gare d’Austerlitz au port de Menton, le lecteur suit donc le périlleux parcours des deux garçons. Un voyage où il est question de survie. Un périple vers la mer.

Bert’

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11 juillet 2012

Chronique

Philip K. Dick… Rien que ce nom évoque déjà de nombreux souvenirs à tous.

Spécialiste de la SF et de l’anticipation, cet auteur aura su faire travailler notre imagination et nous faire réfléchir à l’avenir.

Ses œuvres sont nombreuses et leurs adaptations aussi. Nous pouvons notamment citer quelques films comme Blade Runner, Total Recall, Minority Report ou plus récemment L’Agence qui rappelleront à chacun l’émerveillement ressenti lors de leur sortie. On notera aussi que l’engouement pour ce scénariste de génie est toujours présent. En effet, un remake de Total Recall est prévu pour cet été.

La sortie du 4ème tome de Do Androids Dream of Electric Sheep? aux éditions Emmanuel Proust est pour nous l’occasion d’évoquer une des œuvres majeure de Philip K. Dick au travers de cette magnifique adaptation.
Do Androids Dream of Electric Sheep? est donc l’adaptation réalisée par Tony Parker (pas le basketteur, hein ^^) du roman publié en 1968 et plus connu sous le nom de Blade Runner en France, rapport au film de Ridley Scott sorti en 1982. Cette édition reprend l’intégralité du texte original dans une nouvelle traduction.

Histoire :

La Terre, ravagée par un cataclysme nucléaire, n’est plus qu’une planète stérile. La plupart des espèces animales ont été éradiquées et les humains ont émigré vers Mars. Seuls quelques utopistes ou nostalgiques sont restés. Leurs humeurs sont régies par un orgue leur permettant de supporter leur quotidien. La majorité possède un animal… une imitation électrique… mais la vraie richesse, leur raison de vivre, est d’en posséder un vivant.

C’est dans ce monde que vit Rick Deckard, un chasseur de primes, un chasseur d’androïdes. Ces « andys », dépourvus d’empathie, ont évolué. Une nouvelle puce neuronale, le Nexus-6, est apparue et avec elle un nouveau type d’andy. Quasi-indétectables, même avec le test du Voigt-Kampff, ils ressemblent en tout point aux humains. Afin de protéger l’humanité originelle, Rick est chargé de poursuivre ces andys fugitifs et d’évaluer la menace liée au Nexus-6.

De retour à leur voiture, Resch, obnubilé par les propos de Garland, demande à Rick de lui faire passer le test. Rick commence alors à s’interroger sérieusement sur sa propre existence et celle des androïdes. Ont-il une conscience, une âme, des sentiments ?

Ayant récupéré sa prime pour les trois andys tués, Rick fait un saut dans le quartier des animaux. Hésitant à investir dans une famille de lapins, il se décide finalement pour une chèvre en chair et en os. Iran, ravie de cet achat, tombe les armes et montre enfin de la tendresse à son mari.

De son côté, après une journée chargée d’émotions, Isidore rentre chez lui les bras chargés de nourriture achetée au marché noir pour un dîner avec la mystérieuse voisine. Dans un moment de faiblesse, elle lui raconte son histoire, son arrivée sur Terre avec ses sept compagnons, leur anonymat pour échapper aux chasseurs de primes. Soudain, un bruit derrière la porte, puis une voix… Pris, tétanisée, demande à Isidore d’ouvrir. Roy et Irmgard Baty sont là. Les trois derniers androïdes de la liste de Rick réunis au même endroit…

On ne pourra jamais assez remercier Tony Parker pour cette adaptation, ni les éditions Emmanuel Proust pour cette publication. Le style un peu dépouillé du dessin est grandement aidé par une mise en couleur fantastique et des effets de lumière de haute volée. Blond, coloriste talentueux mais plus connu pour des comics traditionnels, apporte ici une atmosphère sombre mais bien sentie. Le texte original se retrouve alors sublimé et on se plaira à (re)découvrir cette œuvre majeure de la SF. Malgré un premier tome assez déconcertant, on se prend rapidement au jeu à partir du second et on se surprend à attendre la suite avec impatience.

Néness.

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