Caroline P.

La petite dernière

Les Éditions Noir sur Blanc

16,00
par (Libraire)
15 septembre 2020

Fatima a grandi dans le respect, la crainte et l'amour d'Allah. Sa famille, ses traditions, elle les aime malgré les pesanteurs. Fatima aime aussi les femmes et cela rend sa vie et son avenir moins simples. Comment concilier ses êtres religieux et amoureux, les lieux qu'elle habitue, Paris et la banlieue, autant de diptyques qui devraient être antagonistes mais qui vivent en elle, qu'elle apprend à tenir ensemble quoiqu'il en coûte : incompréhensions, silences, ruptures...
L'auteur affirme au fil des pages qu'on ne sépare pas une âme en deux, que les identités ne sont pas perméables aux imprécations et aux injonctions d'où qu'elles viennent. L'écriture appuie le propos, suit la pensée de la narratrice. Au début des chapitres certaines phrases reviennent en anaphore et rythment le texte : le récit se transforme en une incantation, une célébration de ce moi irréductible et multiple.
Fatima Daas réussit un premier roman d'apprentissage au sens classique du terme sur l'identité mais aux enjeux éminemment contemporains.

Permafrost

Baltasar, Eva

Verdier

15,50
par (Libraire)
15 septembre 2020

La narratrice de ce récit a un sentiment d'inadaptation profond à ce qui l'entoure, à ceux qui la sollicitent et surtout elle cherche à échapper au conformisme et aux jugements de sa mère et de sa sœur qui veulent certes son bien mais ne comprennent rien à son besoin de retrait et d'absolu : un idéal sans concession qu'incarnent son désir de dépossession, de littérature et de beauté, ses amours passagères.
L'écriture est concise, mène le lecteur sur la voie d'un univers original, une recherche de soi, rétive à tout sentimentalisme. Permafrost est un récit cathartique qui s'ouvre sur un questionnement et se ferme sur une perspective, la vie acceptée à affronter. Recommandé aux chercheurs de nouveaux talents.

Thésée, sa vie nouvelle
par (Libraire)
9 septembre 2020

Thésée, sa nouvelle vie,Camille de Toledo, Verdier
Comment donner un sens au geste suicidaire de son frère, comment survivre quand père et mère disparaissent à leur tour. C'est un effondrement total qui saisit le narrateur. Camille de Toledo jette ses dernières forces dans la fuite hors de Paris, « la ville de l'Ouest » pour prendre racine ailleurs, échapper aux ombres familiales. Mais même « la ville de l'Est », Berlin, ne le sauve pas et c'est en exhumant d'un vieux carton les mémoires de son arrière-grand-père, en remontant aux sources du malheur qu'il déplie les couches de mémoires enfouies, cachées mais insidieusement charriées à chaque génération. L'acte tragique a une histoire, il est assume la part de défaite, d'exil dont personne n'a voulu et à laquelle on a substitué l'exigence castratrice du silence et la belle histoire de la force.
Camille de Toledo offre un récit bouleversant sur l'envers de la réussite, sur la rupture radicale, celle du frère et le possible retour au monde, la tentative personnelle de l'auteur après un long détour.

Comédies françaises
par (Libraire)
7 septembre 2020

Dimitri, jeune homme brillant et prometteur réussit les études qu'il faut et tente une entrée fracassante dans le monde des adultes sur la grande scène de l'ambition et de l'amour. Mais gagner sur tous les tableaux réclame de renoncer à quelques-uns des idéaux qui avaient forgé sa jeune conscience. Un jour il claque les portes de la réussite sociale et se tourne vers son désir d'écriture et d'amour absolu. Il trouve alors l'inspiration dans les figures de Max Ernst, Pollock et celle de l'emblématique Louis Pouzin, inventeur français malheureux du système internet qui l'aide à démonter la comédie humaine des puissants et du pouvoir. L'amour, lui, s'incarne dans une passante croisée au hasard des rues de Madrid et de Paris. Dimitri est ainsi le portrait d'un jeune homme ballotté, mais têtu à poursuivre ses rêves au risque de la perte. A travers ce héros ambigu, E. Reinhardt nous raconte une époque, une société. Il le fait avec humour, une forme de désarroi élégant mais une envie de ne pas abandonner encore face au monde tel qui va.

Yoga
22,00
par (Libraire)
7 septembre 2020

Dans sa quête d'apaisement, Carrère ouvre le chapitre des sagesses orientales, après celle de la foi chrétienne explorée dans « le Royaume ». La matière première du récit continue d'être ce moi encombrant, agité, hypertrophié, instable au point de s'effondrer. Le cheminement chaotique de l'auteur, fait des multiples expériences de l'amitié, de l'amour, des fracas de l'histoire est lu à travers cet effort constant pour atteindre à une maîtrise – ou une déprise –, celle que donnerait la pratique de la méditation : une tentative toujours à recommencer tant la fragilité psychique de notre homme est grande. Mais il persévère. Carrère n'écrit pas un énième roman autobiographique, il nous tend le miroir de notre propre intranquillité et nous donne à lire ses « essais » pour guérir. Les chapitres défilent au rythme de la respiration, un coup Yin, au coup Yang, comme autant d'illustrations du succès ou de l’échec de cet exercice primordial qui est d'apprendre à vivre.