Olivier C.

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par (Libraire)
23 novembre 2021

" L'excessif est insignifiant" professait Talleyrand. Pourtant, depuis lors, les provocations, les outrances, les insultes et les énormités ont fait le sel - ou le vinaigre - de la vie politique française.
La "Belle époque" 1880-1914 fut le parangon de cette hystérie collective comme le décrit Christophe Donner à travers le portrait de ses arrière-grands-parents.
Henri Gosset, ami de Léon Daudet, partage auprès de lui les milieux d'extrême-droite; on croise alors Ed Drumont, Charles Maurras, Barrès, les bouchers de la Villette, les Camelots du Roi... Pour eux la haine du juif est le principal voire l'unique étendard.
Marcelle, jeune institutrice, ne cache pas elle, ses sympathies anarchistes; elle suit notamment les exploits de Jean- Baptiste Vigo dit Miguel Almereyda, icône "Che guevaresque" des libertaires " fin-de-siècle".
La politique les éloigne, le rejet de la IIIème République - surtout Clemenceau leur plus coriace adversaire- les rapproche, l'amour enfin les réunit. L'art de Christophe Donner est de montrer chez ces multiples figures politiques un visage romanesque, vivant et complexe, touchant parfois dans leurs excès furieux.
Leur violence, pas simplement verbale (on provoque des duels, on commet des attentats...), masque souvent la névrose, le ridicule, la fragilité. Bref, avec "La France goy", la "Belle époque" nous donne un miroir -grossissant ?- de notre actualité.