Librairie coiffard

Rivage de la colère
par (Libraire)
15 février 2020

Conseillé par Lyonel

Que s’est-il passé là où l’on touche la rive? Le rivage que Caroline Laurent nous décrit, nous raconte - c’est celui de l’Archipel des Chagos. Lieu isolé - rattaché à l’île Maurice et à la domination britannique - Les Chagos sont tissés de songes singuliers et de croyances ancestrales. Ce lieu est aussi une zone stratégique, zone ficelée par les diverses ambitions géopolitiques.
Cet endroit, Diego Garcia, va devenir également le paysage des révélations et des secrets. C’est là tout le talent de Caroline Laurent que de distiller du romanesque à travers un faisceau de faits historiques. C’est aussi une évocation intime, personnelle. La passion amoureuse qui va lier les deux principaux personnages que tout oppose - la chagossienne Marie-Pierre Ladouceur et le mauricien Gabriel Neymorin - se calque admirablement au tragique de l’histoire. Récit intense, pétri de rage et de colère, que rien n’apaise. Pas même les quelques souvenirs figés dans la douceur: l’intensité des émotions consume tout ici. Et souffle, toujours aussi fort, le long des rivages des Chagos, l’implacable injustice.

Le huitième soir
par (Libraire)
15 février 2020

Conseillé par Stéphanie

Arnaud de la Grange est sensible à la géographie.
Alors que son précédent roman "Les Vents noirs" se déroulait en grande partie à la croisée de ces trois mastodontes que furent l'empire russe, l'empire chinois et l'empire britannique des Indes, une étendue cernée par des montagnes hautes de 7000m et le désert de Gobi ; "Le Huitième soir" prend corps dans une cuvette, théâtre tragique, encerclée de montagne : Diên Biên Phu.
Le paysage est essentiel mais c'est le décor intérieur qui passionne l'auteur, tout comme Kessel qu'il admire.
Le lecteur plonge d'emblée dans le journal de bord de ce jeune soldat français parachuté, sur la base du volontariat, dans les sept derniers jours d'une bataille qui mettra définitivement fin à la présence française en Indochine. La guerre pourtant n'est qu'un prétexte.
Elle permet à Arnaud de la Grange de mettre à nu l'âme humaine et d'interroger l'essentiel. Il transcende la guerre pour nous raconter une histoire intérieure. Un histoire à hauteur d'homme. Rien n'est nié, rien n'est oublié.

Avant la longue flamme rouge
par (Libraire)
30 janvier 2020

Conseillé par Stéphanie

Alors qu'il était étudiant à Montréal, Guillaume Sire a rencontré Saravouth, un homme d'origine cambodgienne qui vivait dans la rue et qui lui a confié son histoire, du moins les bribes dont il se souvenait. Guillaume Sire a porté cette histoire longtemps en lui sans savoir comment l'écrire. "Réeelle", son précédent roman l'a aidé à se faire confiance, un voyage au Cambodge aussi.
Car tout part de là : de Phnom Pehn. Elle est méconnue la guerre civile cambodgienne qui courut de 1967 à 1975, territoire stratégique et dont le conflit fut exacerbé par l'influence de la guerre du Viet Nâm.
Lorsque le roman débute en 1971, Saravouth est un petit garçon de 11 ans qui vit heureux au sein d'une famille cambodgienne plutôt intellectuelle et catholique. Sous l'influence des lectures de sa mère qui est enseignante, il s'est crée un « Royaume Intérieur ». Imaginez que vous décidiez de vous créer un pays imaginaire, comme Peter Pan, en installant dans ce pays votre propre monde. Nourri à la lecture des mythes, Saravouth a de quoi se réfugier dans un monde extraordinaire. C'est la première partie du livre, fascinante. Et puis la famille de Saravouth est arrêtée, menée à la lisière d'une forêt. Quand Saravouth revient à lui, ses parents et sa sœur ne sont plus là, une très vilaine blessure par balle l'a laissé miraculeusement vivant. L'enfer commence pour cet enfant en quête de sa famille dans un monde d'une violence extrême. Différentes rencontres jalonnent son chemin qui le mèneront jusqu'en Amérique du Nord.

Cette bouleversante histoire. Ce gamin est incroyable d'intelligence à la fois dans sa survie mais aussi dans la mise en place de son fameux « Royaume Intérieur ». Ce roman dégage une grande force, une grande lumière, une grande humanité dans l'inhumanité. Peut-être parce que Guillaume Sire arrive à nous raconter une histoire terrifiante pourtant perpétuellement effleuré par la poésie jusqu'à une sorte de folie douce parfois réconfortante, parfois inquiétante.

Il est juste que les forts soient frappés
par (Libraire)
16 janvier 2020

Conseillé par Stéphanie, Coralie et Caroline

Certaines vies sont parfois bousculées, bouleversées à jamais par des drames. Tout un pan de la littérature aujourd'hui propose des histoires de bonheur facile, un peu naïves mais qui remportent de toute évidence un franc succès. Mais est-ce le rôle de la littérature de tromper son lecteur? Non. La vie n'est pas un droit chemin. Oui. La mort frappe. Et parfois même ce sont les plus forts qui sont frappés. Et pour autant? N'y aurait-il pas moyen de regarder les choses en face, même les plus insupportables et de les affronter avec humour, avec une appétence pour la joie et pour la vie?
Il est souvent question de Capra dans le roman de Thibault Bérard. Et bien l'histoire de Théo et Sarah résonne avec cette petite musique là. Sans se voiler la face, une femme, un homme et tous ceux qui les aiment vont affronter la peur. Et si la mort gagne, c'est l'amour qui triomphe!

DEBUTANTS

Blondeau Catherine

Mémoire d'encrier

25,00
par (Libraire)
26 décembre 2019

Conseillé par Stéphanie

Lire "Débutants" c'est revisiter le monde, l'Histoire et l'Homme autrement.
Catherine Blondeau aura mis dix ans à écrire ce premier roman car, on le comprend dans ses remerciements, pour alimenter son écriture c'est la rencontre, les femmes et les hommes, les témoignages, le vécu, qu'elle a été chercher. Avec ce matériau vivant, elle imagine plusieurs personnages réunis le temps de l’inauguration du musée national de Préhistoire à Meyral, un charmant village de Dordogne. En faisant la connaissance de Peter, Nelson et Magda vous partirez à Londres, en Afrique du Sud et en Pologne en vous attachant à des personnages épris d'amour et de liberté. A travers eux, vous vous laisserez porter tout en vous interrogeant sur la place de l'Homme dans l'Histoire. Car c'est peut-être en revenant au tout début, en lisant autrement ces fameuses peintures rupestres célébrées au commencement du roman que se trouve une réponse. Catherine Blondeau réussit très certainement son pari de départ en nous obligeant à faire un pas de côté et à regarder les choses autrement, tout en nous embarquant dans un récit soutenu par un beau souffle romanesque.