Olivier C.

par (Libraire)
6 août 2022

En août 1718 , trois ans après la mort du Grand Roi, la Régence, autour de Philippe d'Orléans devrait être bien
installée...
Las, les membres du Parlement se complaisent dans " les humeurs et les remontrances" et les Grands du royaume ourdissent sans cesse des intrigues contre le pouvoir central. A Sceaux notamment, le Duc et la Duchesse du Maine se perdent en manipulations politiques avec superbe, aplomb et grand style, et amateurisme parfois...
Excédé par cet esprit frondeur, le Régent cherche en quelques jours à reprendre le timon de l' état et des affaires.
Sous l'oeil tutélaire du Duc de Saint-Simon, Camille Pascal retrace le fil de ces journées de grands bouleversements politiques.Les portraits sont au vitriol, la langue est savoureuse, les caractères bien trempés. Les scènes de tragédie succèdent aux moments cocasses avec la même grandeur et désinvolture aristocratique. On s'amuse de certains passages, quand les Grands du royaum , durs avec leurs sujets, impitoyables et violents avec leurs domestiques, se ridiculisent de sueurs froides et " d'aplat-ventrisme " devant leurs épouses et mères quand ils doivent rendre compte de leurs actions et comportements...

par (Libraire)
25 mai 2022

Le "Grand Siècle " fut aussi le siècle de femmes extraordinaires. Ces douze portraits sont plus que des biographies, ils nous enseignent la profondeur de ces femmes mystiques, ils nous transmettent l'héritage littéraire de ces femmes de culture, ils nous étonnent par l'influence politique - largement méconnue - de ces femmes de pouvoir.
Le destin octroya à chacune la volonté de briser leur nature profonde et le courage de se libérer des carcans du siècle de Louis XIV. Toutes sont féministes par leur exemple.

21,00
par (Libraire)
24 mai 2022

Depuis plusieurs romans, Anne Tyler est " l'agent révélateur ", l'écrivain par excellence de la classe moyenne américaine contemporaine. Dans "Nos tendres cruautés ", on suit la famille Garrett sur trois générations depuis les années cinquante jusqu'à nos jours.
Les relations familiales, les rivalités entre frères et soeurs, les inquiétudes et les attentes des parents pour leurs enfants ... sont le coeur et le sang de ce roman. Pas de grands drames, de grands bouleversement... l'art de Anne Tyler se cristallise sur les détails et s'attache au plus près des personnages avec ironie, talent et tendresse.
Tout sonne juste : le lecteur vit avec la famille Garrett, il est dans la même pièce qu'eux, dans le même train, dans la même voiture, écoute à leur porte, décroche leur téléphone. On partage leurs joies comme leurs blessures et - ce qui nous semble bien peu américain - les non-dits, les silences, leur pudeur .
Délaissée par la littérature actuelle, Anne Tyler met en lumière cette classe sociale provinciale qui malgré tout demeure éduquée, bienveillante et heureuse.

Sébastien Rutès

Gallimard

19,00
par (Libraire)
10 mars 2022

Les années 50 demeurent la grande époque du roman noir . Chez Gallimard la prestigieuse collection "Série Noire" attire alors les grands maîtres américains; et rapidement les traducteurs deviennent d'indispensables cadors. Parmi eux, Gringoire Centon est un cas singulier car son anglais est plus qu'approximatif ... heureusement sa bienveillante épouse Gisèle se charge
du gros-oeuvre du travail; reste à Gringoire de peaufiner la traduction en usant et abusant du jargon, de l'argot des truands alors en vogue.
La volonté d'écrire une véritable oeuvre littéraire titille néanmoins les époux Centon, et pour un maximum de réalisme Gringoire s'infiltre dans la pègre parisienne et se perd dans de multiples entourloupes...
L' art du dialogue et le sens de la réplique de Sébastien Rutés alertent et amusent le lecteur dans ce jeu de cache cache entre l'enquête policière et la parodie de celle -ci. Sous la figure tutélaire de François Villon, l'auteur nous prouve surtout que la rencontre du milieu littéraire parisien et de la pègre se fait autour de la satisfaction du travail bien fait, et de l'amour du beau style.

par (Libraire)
18 janvier 2022

En décembre 1921, Calcutta attend la visite du Prince de Galles, futur Edouard VII. La police est sur les dents car la ville a la fièvre , la plupart des Bengalis sont en colère et même les plus bienveillants d'entre-eux sont "toujours prêts à faire un doigt d'honneur aux Anglais". Et les "Volontaires", branche ultra des indépendantistes, semblent acharnés à défendre leur "non-violence"...
Deux enquêteurs sont chargés de surveiller les meneurs : le capitaine Wyndham, officier anglais de la police impériale et le sergent Banerjee, bengali tenaillé entre sa conscience professionnelle et son désir d'une Inde libérée du joug colonial.
Les choses commencent mal car le capitaine est rapidement impliqué sur un crime mafieux. L' affaire est à suivre... et la suite s'avère riche de cadavres et autres péripéties glaçantes.
Outre un portrait saisissant de Calcutta et de l'empire des Indes, le grand charme de ce roman se révèle sur la personnalité et les relations des deux policiers.
Wyndham notamment est un opiomane tourmenté, compliqué mais plein de bon sens et totalement détaché des préjugés raciaux de son temps. Ses circonvolutions de pensées, sa désinvolture permanente, son comportement singulier et son impeccable humour british feraient rendre chèvre le Mahatma Gandhi lui-même ... mais c'est pour le plus grand plaisir du lecteur.